La 3d c’est quoi ? Vidéo et interview d’Éric Delacour

 

Voilà une question qui est importante : La 3d c’est quoi ? A quoi ça sert et quels métiers se cachent derrière ? Dans cet article et grâce à Éric, tu vas tout savoir.

Après avoir bourlingué entre la France, le canada et l’Asie, Éric est aujourd’hui enseignant chez Artfx. Et si je veux vous le présenter c’est parce qu’il a sorti une vidéo incroyable (dispo à la fin de cet article) ou, en seulement quelques minutes, il t’explique ce qu’est la 3D, et c’est tellement beau, simple et incroyable que je me devais de te la montrer. Pourquoi ? Parce que la 3D est partout et c’est toujours bien de savoir comment fonctionne ou comment est fabriqué tel ou tel truc. En gros si tu ne sais pas ce que sont : des assets, des vertex, le hard surface, modeling, la modélisation organique, des polygones, le texturing ou la photogrammétrie et bien cette vidéo est pour toi, car tu vas tout comprendre…Et qui sait, ça te donnera peut-être l’envie d’en savoir plus ou même de commencer la 3d ,car aujourd’hui elle est à la portée du plus grand nombre.  Je te mets la vidéo en fin  d’article.

Bon j’arrête là le cirage de pompe et je t’invite à découvrir le parcours et le travail d’Éric qui a très gentiment accepté de prendre un peu de son temps pour répondre à mes questions.

Let’s Go !

Tom : Bonjour Éric, merci beaucoup d’avoir accepté cette interview pour parler de la 3d, du cinéma, de tes passions et ton parcours.

Éric : Bonjour Tom

Tom : Alors si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que tu as sorti une vidéo absolument géniale qui explique ce qu’est la 3d et quel est le processus de fabrication de décors, de personnages pour l’animation, le cinéma ou le jeux vidéo en 3d. Alors moi qui ne suis pas un grand « technicien » et par là j‘entends de l’utilisation des logiciels de 3D et qui déteste les maths et bien j’ai tout compris. Avant d’entrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter ?

Éric : C’est gentil. Alors moi c’est Éric Delacour, j’ai 48 ans, je vis dans le sud de la France et j’ai quitté les studios depuis un peu plus de 3 ans, et là j’enseigne la 3d chez Artfx. Mais je tiens à d’abord dire qu’être nul en Maths ne t’empêche pas de faire de la 3d, loin de là !

Tom : Bon, qu’as-tu fais comme parcours ? Es-tu autodidacte ?

Éric : J’ai fait un Bac A3, lettre et arts, autant dire plus littéraire que scientifique. J’aurais aimé pouvoir faire F12 mais j’étais trop nul en Maths. Je suis avant tout un artiste traditionnel, j’ai même une licence en arts plastiques.

            J’ai tenté les concours de L’Ecole Estienne qui est une école d’Arts Appliqués, et les gobelins une école d’animation. J’ai réussi les deux et j’ai choisi Estienne, comme un crétin, c’est un des regrets de ma vie. Mais à l’époque on ne parlait que des 4 grandes écoles : Estienne, Renoir, Duperré et Olivier de Serres, en disant que c’était les meilleures en France etc. Donc, au final, à l’entretien des Gobelins je leur ai dit, j’suis pris à L’Estienne, merci, au revoir. A Estienne j’ai fait une année de mise à niveau en art appliqué (M.A.N.A.A), alors j’ai fait énormément de progrès en dessin, on en faisait 12 heures par jour, mais c’était trop scolaire.  Il y avait aussi des matières comme les maths qui me soulaient. Avec le recul j’aurais dû faire les Gobelins, j’ai d’ailleurs retenté 2 fois le concours sans jamais l’avoir. En même temps les places étaient de plus en plus compliquées, la première année c’était 3000 candidats et la 2ème fois 6000 pour seulement 30 places, ensuite il y avait plus de 8000 candidats. C’est dommage car j’aurais adoré faire de l’animation. Après Estienne je me suis rabattu sur une fac d’Arts plastiques.

Tom : D’accord mais pourquoi les Gobelins c’est un loupé pour toi ?

Éric : J’suis un animateur frustré. Mais c’est surtout que j’aurais bossé tout de suite dans les gros studios…Bref, j’aurais eu une autre vie lol

Tom : Ok, donc au final rien ne te prédestinait à faire de la 3D ton métier ?!

Éric : Absolument pas. C’est vraiment le hasard de la vie. J’accompagnais un copain dans un magasin car il voulait s’acheter un ordinateur, et je suis tombé sur une démo de Lightwave 3D et là ça été une révélation. J’étais passionné de BD, mais le côté figé de la BD me frustrait un peu, j’étais plus tenté par les dessins animés.

Tom : ça sent l’achat d’un ordinateur ça lol

Éric : Le truc c’est qu’à l’époque j’étais anti ordinateur, en plus c’était pas super performant.  Mais la démo de Lighwave m’a fait changer d’avis. J’ai trouvé un job à l’hôpital Necker ou j’ai commencé par vider les poubelles et j’ai économisé chaque centime.  J’ai acheté une licence Lightwave à 8000 frs (qui été une somme de Ouf pour l’époque) et un ordinateur à 16 000 frs que j’ai monté tout seul. C’était un sacré risque, mais j’étais hyper motivé. Puis à partir de là je me suis donné une année pour me former, en autodidacte, et rembourser l’investissement. Alors faut dire qu’à l’époque il n’y a pas internet, YouTube et tout ça, donc je me retrouve avec 2 gros pavés en anglais pour apprendre à me servir de Lightwave. Au bout d’un an, j’ai trouvé mon premier job en tant que Graphiste et j’ai commencé à mettre de la 3D partout. A tel point qu’au bout d’un moment ils m’ont permis d’ouvrir un département 3D.

Tom : Et tu te formes à d’autres logiciels ?

Éric : Oui, justement à cette époque je commence à faire du montage car je me passionne de plus en plus à l’image. Réellement j’aime toucher à tout.

Tom :  Un vrai autodidacte quoi lol

Éric : Oui, d’ailleurs je dis souvent que je sais tout faire mais je ne fais rien de bien lol. Donc je me forme sur Avid pour le montage et je travaille sur quelques films en tant que monteur.

Tom : Ok, donc tu es toujours dans l’utilisation de Lightwave, mais d’après ce que je comprends tu bosses pas mal pour des boites, tu fais de l’institutionnel. Tu n’as pas envie de faire de fiction ?

Éric : Si justement je fais à l’époque un premier court-métrage ave un pote réalisateur qui bossait avec nous régulièrement.

Tom : Et ou peut le voir ce court ?

Éric : Non je ne l’ai jamais numérisé, il doit être sur une vieille Betacam ou Umatic. Mais c’est à ce moment-là en 1999, que je souhaite faire du broadcast, c’est-à-dire faire de la 3D pour la télé, pour faire des trucs plus fun. Alors j’ai postulé un peu partout et je n’ai pas eu de réponse, je t’avoue que c’était décourageant. Et puis la vie fait que je réussi à avoir un contact et je passe un entretien chez Antefilms Production, d’abord avec un producteur, puis ensuite avec un le superviseur 3D. Et donc j’arrive avec un énorme carton à dessin et une bande démo un peu sommaire.  C’est le fait d’arriver avec mon gros carton à dessin qui leurs ont fait dire : « Tiens ce mec a du potentiel ». Et c’est là que j’ai commencé à bosser sur Maya.

Tom : Donc là tu commences à entrer dans un autre monde non ? Parce que tu dois faire de l’animation et de la fiction ?

Éric : Oui les productions sont diverses et Variées : Court-métrage, un peu de long, pas mal de série télé pour enfants. Notamment « les pirates de la Télé » sur TF1 ou on faisait 7 minutes avec 3 personnages d’une semaine sur l’autre avec de la motion capture magnétique. (Je vous mets un lien sur la motion capture en général ;o) :

Motion capture

J’ai bossé aussi sur des séries comme : « Funky cops », vendu dans plus de 15 Pays, y a eu 2 saisons, c’était une super série 2D/ 3D dont la musique était signée par Dj Abdel. 

Tom : Mais oui je me souviens, c’était une super série. 

Éric : On a lancé aussi Code Lyoco. Bref, pas mal de projet série. 

Code Lyoko

Éric Suite : Bon et au bout de 3 ans j’ai vraiment envie de faire de la réalisation, donc je me mets à faire un court-métrage tout seul. Mes boss de l’époque l’on vu et ils ont décidé de me le produire. J’ai refait une version haute-qualité avec de vrais acteurs qui ont fait les voix. Il a été sélectionné à Annecy et à Imagina en 2002. Là, je décide de faire de la réal, je quitte Antefilms et je me mets en Freelance. Comme je quitte la boite en bon terme, il me donne des projets en tant que réalisateur mais pour des films institutionnels.

Tom : ça s’appelle comment ton court-métrage ?

Éric : « La bête » ce n’est pas visible, j’dois avoir une version sur Béta en Bretagne et en VHS quelque part…C’est l’histoire d’un rat qui se fait transformer en humain par un vieux miroir possédé par un démon. Mais il a gardé son cerveau de rat et il essaie de rentrer dans son trou, mais il est trop grand et persiste en se frappant la tête dans le mur. Et voilà.

Tom : Pour revenir à Antefilms je suppose qu’ils ne te donnent pas des films pour : le couvreur du coin ou pour la petite boite qui fait des livraisons de gazon ?

Éric : Non, je fais des films pour Airbus, club Med. Puis, avec un pote on finit par monter une boite : A6 productions Les Funambules.

Tom : A6 productions ? Pourquoi ?

Éric : Ahahah parce qu’on voulait se faire référencer dans les premiers donc on a pris la lettre A et un chiffre. Mais le nom qui nous tenait à cœur c’était : Les funambules. Je ne te cache pas qu’a la base on voulait monter une association, mais des financiers se sont mis avec nous et nous ont poussé à monter une SARL.

 

Tom : Forcément une SARL ou une association, c’est pas le même délire. Mais dans le milieu audiovisuel ou de la prod en général si tu n’es pas une boite c’est compliqué de bosser sur des gros projets ou avec des chaines…Pour ne pas dire impossible.

Éric : Oui c’est clair. Bref, ça marchait pas mal du tout, on faisait pas mal de projets pour des grosses boites comme Landor, Philip Moris, Virtools, un pilote de série et un vidéo clip pour Moby. J’avais un peu moins de 30 ans, mais je voulais travailler à l’étranger. Donc je suis parti pour le Canada. Une fois là-bas les boites me disent qu’elles pourraient m’embaucher mais je dois m’occuper de faire mon visa de travail. Donc j’ai fait ma demande de citoyenneté Canadienne.

Tom : Je suppose qu’à l’époque c’est plus compliqué qu’aujourd’hui non ?

Éric : Oui. Je quitte ma boite à Paris et je passe les différentes étapes pour devenir citoyen Canadien. Une fois les différentes étapes passées, on me dit qu’il faut 6 mois pour avoir la réponse. J’ai envie de bouger en attendant la réponse des Canadiens donc j’suis parti en Asie du Sud-Est : Thaïlande, Laos et Cambodge et je suis tombé amoureux de la Thaïlande.

Tom : Ok, tu vas me dire que tu es resté là-bas ? Mais pour le taf tu as fait comment ?

Éric : Justement, Bangkok c’est la plaque tournante de la post-production, il y a énormément de travail. Là-bas un pote de mon sup à Antefilms, lui-même superviseur 3D, y vivait depuis 10 ans. Ça m’a motivé. Je me donc suis enfermé deux mois dans une petite chambre avec un ordi portable pour me faire une bande démo digne de ce nom, puis j’ai tapé aux portes des boîtes du coin, et ça a marché.

Tom : Donc tu pars en vacances et tu trouves du travail lol. Tu as commencé sur les chapeaux de roues ?

Éric : Non, j’ai dû rentrer en France pour faire une formation de réalisateur à L’INA. Là j’ai appris le boulot de Réalisateur, assistant et scripte. Une fois cette formation terminée j’ai repris l’avion et je me suis fait embaucher le 1 janvier 2005 en tant que superviseur 3D dans une des plus grosses boites de prod Thaïlandaise : Kantana.

Tom : Mais tu n’étais pas superviseur en France à ce moment-là ?

Éric : Non j’étais confirmé mais pas Sup.

Tom : Un peu la pression là non ?

Éric : Oui pas mal. J’ai bossé sur beaucoup de pub, ainsi que sur le premier long-métrage Full 3d Thaïlandais. Au bout d’un an, d’autres boites me faisaient de l’œil avec des projets plus internationaux et m’ont débauché. A ce moment-là je commence à bosser sur des films plus internationaux, comme par exemple « My Blueberry Night » de Wong Kar Waï.

Tom : Avec Jude Law ?!

My Blueberry Nights

Éric : oui. Mais aussi sur des Jackie Chan ou il était réalisateur et aussi un film de Jean-Claude Van Damme.

Tom : Mais tu restes toujours en studio ou tu bouges un peu ?

Éric : Je commence à cette époque à faire de la supervision sur Set (Plateau), donc je vais sur les tournages. C’était à chaque fois des challenges de fous ou il fallait faire 300 plans en 2 mois etc. Et je rappelle que ce n’est pas une énorme boite, donc fallait envoyer du lourd pour tenir la cadence.

Tom : Oui parce que les films dont tu me parles n’ont pas des budgets de fou, donc je suppose qu’il ne fallait pas non plus y passer trop de temps et tenir les délais.

Éric : Absolument. J’avais 6 jours de congé par an et je bossais quasi 7/7 ! Ils collaient des rdv tout le temps, du style 9h le dimanche parce qu’un producteur chinois débarquait à ce moment-là et repartait. Il m’est arrivé de faire du 27 heures d’affilé devant un écran pour livrer des projets.

Tom : ok…Bon en même temps ça devait être plus que formateur non ? Tu as tenu combien de temps ? parce qu’à ce rythme tu fais pas 15 ans lol

Éric : j’ai tenu un peu plus de 4 ans. J’ai fait presque un Burnout donc j’suis parti. J’avais des potes qui bossaient dans l’industrie. Ils faisaient des goodies pour des grosses boites, type : Heineken pour faire des casquettes, des portes clés, ils avaient une grosse usine en chine. etc. et Ils m’ont proposé un projet de chaussure, je suis devenu associé et j’ai créé une collection complète de chaussure en 3D, pendant un an. Finalement ça a été un gros fiasco car on s’est épuisé sur la prépa. J’ai fait un gros salon de la chaussure en Allemagne, j’ai aussi visité des usines en chine et négocié les prix avec les patrons chinois lol. Humainement et professionnellement c’était une super expérience…Mais ça n’a pas fonctionné.

Tom : Donc tu es toujours en Thaïlande, tu finis ton aventure de la chaussure. Tu as perdu un peu d’argent dans l’histoire. Je suppose que là tu rentres ?

Éric : Eh bien non. Un pote d’Antefilms me rejoint en Thaïlande et on décide de monter une boite là-bas. On a 7000 euros chacun et on fait un All in lol

Tom : Mais t’es un fou lol En même temps je dis ça mais tu es en Thaïlande depuis plusieurs années, tu as un réseau, tu as une expertise et un cv qui commence à compter, donc c’est pas si fou que ça.

Éric : Et le truc c’est que la boite commence à bien marcher. On est par exemple sélectionné par une grosse boite japonaise pour faire du Wire removal et de green screen sur de la série.

Tom : Alors pour les lecteurs  de Comment faire un film, le Wire removal c’est la technique qui retire les câbles, les fonds verts,  des comédiens ou des cascadeurs qui font des sauts, des chutes etc.

Éric : On travaille beaucoup sur de la pub. D’ailleurs la première pub qu’on a fait c’est Dragibus pour euro RSCG, diffusée en France etc. Cette aventure a duré 3 ans, puis on a arrêté là boite pour diverses raisons. Je n’ai pas vraiment eu le temps de souffler car une filiale d’une boite Danoise, M2 films, m’a embauché en tant que superviseur lighting et FX. On était une centaine d’artistes, et on bossait essentiellement pour Lego, pub et série. On faisait en moyenne 7 pubs par an, c’était super.

Tom : Toujours en Thaïlande ?

Éric : Oui oui, d’ailleurs avec ma femme, qui est Japonaise, on commençait à en avoir un peu marre de la Thaïlande, donc j’ai discuté avec mon boss pour partir mais tout en continuant de bosser pour eux. Il m’a dit ok et on est rentré en France en 2016, en Bretagne près de ma famille. Donc je télétravaille en France et j’allais au Danemark de temps en temps pour superviser tous les shooting pub.

Pendant 2 ans j’étais donc freelance. Je bosse aussi pour un client à Los Angeles sur une pub Disney, avec laquelle on a gagné plus de 12 prix internationaux. Et tous les ans, depuis 2014, c’est la même pub ou on change les personnages etc. C’est une pub « humanitaire » pour Disney c’est pour une association qui donne des livres aux enfants : the Magic of Storytelling.

Tom : Mais oui ! D’ailleurs tous les ans c’est une personnalité différente qui fait la voix non ? Il y a eu Steven Spielberg, Whoopy Goldberg, Oprah Winfrey, Kenneth Branagh, Emma Watson, etc.

Éric : Oui c’est ça ;o) Et en février 2018 mon boss m’annonce que Lego veulent revenir à des techniques plus traditionnelles, donc on ne peut pas me garder en permanent.  Du jour au lendemain je me retrouve sans rien. Et c’est là que je vois sur LinkedIn qu’Artfx cherche un enseignant pour la 3D. Voilà comment je suis arrivé là. Donc en moins de 3 mois on a quitté la Bretagne pour Montpellier, ça va faire maintenant 3 ans.

Tom : Et bien quel parcourt ! On sent tout de même que tu aimes ton indépendance, donc le fait de bosser pour des gros studios si tu avais fait les Gobelins ne t’aurait peut-être pas autant satisfait…

Éric : On ne saura jamais lol

Tom : Moi j’aimerais revenir sur ton expérience avec Vandamme, parce que c’est un personnage ! Et travailler avec lui ça doit être quelque chose. Tu peux nous dire sur quel film vous vous êtes rencontré ?

Éric : Oui, c’était un film où il était acteur, producteur, monteur

Tom : Maquilleur et régisseur aussi ?lol

Éric : lol, non mais il faisait beaucoup de chose. On s’est rencontré plusieurs fois, on a fait des briefs ensemble et franchement c’est un mec adorable. J’ai été chez lui, j’ai rencontré son fils, bref, j’ai rencontré Vandamme quoi ;o) Mais par contre son film ça n’a pas marché du tout, à tel point que, je crois, qu’il n’a jamais trouvé de diffuseur.

Tom : ça me dit quelque chose ce film, j’étais tombé sur un documentaire ou un reportage qui le montrait avec ses enfants en train d’organiser une projection auprès de diffuseurs ou de financier…C’était pas : Eagle Path ?

Éric : de mémoire ça s’appelait « l’œil de l’aigle » « Eagle eye ». C’est un film qu’il a financé complétement, il faisait tout dessus. Le pitch: ça se passe en Asie et c’est l’histoire d’un chauffeur de taxi qui rentre dans un bordel et qui sauve un prostitué car elle ressemble à sa mère…

Tom : ça me parle vraiment. Je me demande si je ne l’ai pas vu, ou je me trompe avec un autre film ou Vandamme sauve un prostitué aussi…Mais si tu me dis qu’il n’est pas sorti, c’est que je dois confondre.

Bref, et tu as fait quoi dessus ?

Éric : Je me souviens d’une scène ou Vandamme se fait tirer dessus pendant 3 minutes, avec des plumes qui volent au ralenti autour de lui. Sauf qu’il avait oublié un maquillage avec des blessures qu’il a eu avant, et donc on a été obligé de faire du tracking et de rajouter les blessures en post production tu vois, et je peux te dire qu’avec les plumes qui volaient dans tous les sens c’était un taf horrible lol

Tom : Après je suppose que tu as ajouté des effets de sang qui gicle etc.

Éric : oui c’est ça, des mecs qui se faisait égorger, du sang lors d’impact de balle, des explosions, des destructions.

Tom : Bref, il lui aurait fallu un super assistant réalisateur et il aurait évité de perdre de l’argent à tout refaire en post-prod lol

https://youtu.be/tAKdm2p1R1w`

https://youtu.be/CiRzUI0VgHgTom : Bon on me pose souvent cette question, est-ce qu’on peut encore apprendre la 3d en autodidacte ?

Éric : Aujourd’hui plus que jamais pour être franc. A l’époque j’aurais adoré faire une école comme Artfx. Tu vois, si moi j’ai été capable de le faire sans YouTube et internet, tout le monde est capable de le faire aujourd’hui !

Tom : Mais le niveau dans les studios me semble Ouf aujourd’hui alors qu’un mec qui apprend tout seul dans son garage ou sa chambre et qui se fait engager par un studio semble impossible. Du moins très difficile !

Éric : Ah ben oui, je pensais que tu parlais d’apprendre ou de commencer la 3d tout seul. Oui c’est possible. Mais réussir dans la 3D seul ça va être beaucoup plus dur. Une école ça va t’apprendre des process et tu vas déjà être en prod, par exemple chez Artfx tu es comme en prod en 5éme année. Et puis commencer tout seul la 3D…T’as tellement de merdes sur internet qu’il faut savoir faire les bons choix et tomber sur les bons contenus. Avec l’expérience on sait déjà où chercher et quoi sélectionner.

Après le gros avantage des écoles c’est la sélection et le contact avec les studios. Donc si tu arrives avec ta bande démo faite chez toi, sans être passé par une école, ça risque d’être très compliqué.

Tom : Oui déjà à l’époque où tu commences c’est déjà difficile car tu as tout de même bien galéré à trouver un premier job dans un studio.

Éric : Oui c’était chaud. Il a fallu que je rencontre LA personne qui a vu en moi le potentiel.

Tom : La vidéo que j’ai vu ou tu expliques la 3d elle t’ai venu comment ?

Éric : A la base on m’a demandé une vidéo pour Artfx qui explique ce qu’est la 3d. J’en ai profité pour faire ce que je voulais faire depuis longtemps, c’est-à-dire mettre en avant le travail des étudiants et montrer l’évolution de la 3D chez Artfx.

Tom : Mais tu n’as pas fait que du montage d’images car ce que tu expliques est super clair. C’est plus que simplement montrer le travail de tes étudiants non ?!

Éric : Oui j’ai écrit mon texte en essayant d’expliquer le plus possible sans être trop technique. Écrire le texte, ça me permettait de mettre des messages subliminaux, des messages cachés, mettre un peu d’ironie en plus d’être didactique. Je me suis dit explique la 3D comme si tu devais le faire à ta mère, parce qu’encore aujourd’hui je ne suis pas certain que ma mère sache ce que je fais depuis 25 ans lol

Tom : Je te rassure ma mère non plus ne sait toujours pas ce que je fais dans la vie lol

Éric : Non mais c’est vrai que ce sont des métiers particuliers. Bref, je voulais expliquer simplement tout le process de la 3d, avec un peu d’humour et mettre un peu de moi dedans. Ça ne m’intéresse pas de faire trop scientifique car je n’en suis pas un, je suis plus un artiste. Donc je voulais quelques choses de très humain avec mon humour un peu spécial lol

Tom : Aujourd’hui pour faire de la 3d on peut faire n’importe quel BAC ?

Éric : Oui, on a des profils artistiques et techniques. J’ai été beaucoup bloqué avec les langages informatiques mais ça ne m’a pas empêché de bosser et puis tu trouves des collaborateurs qui eux le sont plus que toi et qui te complète.

Tom : Tu as un truc à ajouter avant que l’on se quitte ?

Éric : Il faut rester curieux, il faut tenter des choses. Tu vois un truc que j’aime chez Artfx c’est qu’on est tous encore dans la prod ou fraîchement sorti. Il faut rester dans le coup, a jour des nouvelles technologies, comme le temps réel, qui change la façon d’écrire, de tourner et la post-prod. Et forcément le fait d’être toujours plus ou moins actif ça permet de donner encore plus aux étudiants, de garder cette passion intacte, pour ça il faut continuer à créer. Et d’ailleurs depuis que je suis chez Artfx je me suis énormément amélioré.

Tom : Merci Éric pour se partage de ton parcours et de ta passion, je mets en lien ta page YouTube avec le film explicatif sur la 3D, je vais le montrer à ma mère pour voir si elle comprend tout lol

Éric : Ben tu me diras ! A bientôt.

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom Weil

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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