être réalisatrice c’est aussi faire des concessions

La réalisatrice et le funambule

 

Parfois, dans notre métier, nous rencontrons des moments plus difficiles que d’autres. Des moments qui devraient être des moments de joie, des moments de création et des moments de réalisation… de film et de soi. Lorsque vous avez réussi à fédérer un producteur, des comédiens expérimentés, talentueux, et une équipe technique prête à déplacer des montagnes pour vous et votre film, bref, que tous les éléments semblent être réunis pour faire du cinéma…d’un coup rien ne fonctionne plus ou pas comme vous l’avez prévu. Le film que vous aviez en tête s’étiole peu à peu pour des problèmes de logistique, d’argent, de mauvaises nouvelles ou de partenaires qui vous lâchent ou des partenaires en qui vous croyiez mais, qui eux, ne vous ont pas fait confiance…

réalisatrice

Esteban De Armas/ shutterstock

…Cet article est intitulé « la réalisatrice et le funambule » mais il devrait s’intituler : réalisatrice, toi la funambule !

Simplement parce qu’à un moment, quand vous avez rêvé et même travaillé sur votre film pendant des mois voire des années, il est inconcevable que vous abandonniez tout car « les éléments » et la « chance » semblent être contre vous !

Cet article est là pour que vous puissiez avoir la bonne attitude face à des situations où vous allez devoir vous adapter pour que la vision et votre art voient le jour…mais devez-vous tout accepter ? Jusqu’où devez-vous aller pour votre film ? Et si à force de concessions, d’efforts, de coupes, de changements vous vous trahissiez et que vous perdiez l’essence même de ce pourquoi vous vous battez corps et âme…votre film, votre histoire…

Je prépare actuellement le premier film d’une réalisatrice. De l’argent, il n’y en a pas assez. L’équipe est réduite au strict minimum. Le travail à accomplir est gigantesque.

Comment fait-on quand votre film devrait tenir en 32 jours… allez 30 ! et que vous n’en n’avez que 24 ? Comment faire entrer tout le contenu de votre histoire alors que vous avez déjà consenti à des coupes drastiques dans votre scénario ?

Le fait de manquer de moyens permet d’être affûté, inventif… cela vous permet d’aller à l’essentiel car les choix que vous devez faire doivent justement ne pas trahir l’histoire que vous souhaitez raconter… mais jusqu’où ?…

La question peut être posée autrement. Est-ce que tous les films doivent exister…se faire et ce à n’importe quel prix ? Je ne suis pas certain.

 Être réalisateur c’est surtout faire des concessions

Les premiers films en France sont souvent l’œuvre de scénaristes/ réalisateurs. Ils ont écrit leur film, c’est leur bébé et parfois la préparation à l’accouchement et l’accouchement lui-même a été difficile. Une fois donc que vous avez consenti à faire des coupes dans votre scénario et que cela ne rentre toujours pas car votre découpage est trop lourd, que fait-on ?

Et bien on l’allège ! Mais jusqu’où ? Tous les réalisateurs vous diront : « Je veux bien faire des efforts pour réduire mon découpage mais je ne ferai pas n’importe quoi ! Je ne vais pas faire 1 ou 2 plans par séquence, ça ne rimera à rien ! »

Alors après la réécriture il revoit son découpage technique, puis à la fin, l’assistant prononce la sentence : « ça ne passe toujours pas ! ». Car il ne faut pas prendre le problème dans ce sens là. Il ne faut pas se dire : « voilà mon découpage et les plans que je souhaite, comment ça peut rentrer en 25 jours ?» et on croise les doigts pour que ça soit bon. Mais : « j’ai 25 jours, je vais penser ma réalisation en fonction ! » Et c’est là que vous pouvez trouver des solutions incroyables. Après il y a toujours des ajustements à faire, on ne tourne pas soit la nuit, soit le jour ! On tourne parfois en mixte, c’est à dire une partie de jour et l’autre de nuit…et c’est là que le bas blesse. Car en tant qu’assistant on ne peut pas construire le plan de travail comme on veut. Nous sommes soumis à différents paramètres : la disponibilité des comédiens, le temps, la disponibilité des décors, l’emplacement du soleil et j’en passe.

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PathDoc/ shutterstock

De ce fait, certaines séquences que vous avez allégées ne passent toujours pas dans le plan de travail…que faire ? Que faire lorsque cette séquence ne fait qu’un plan et que selon les prévisions nous n’aurons pas le temps de la faire ? En sachant que nous ne pouvons pas la déplacer ou avoir un autre jour de tournage ! Et bien on la supprime et on incorpore l’essentiel de cette scène ailleurs…

Oui vous avez bien lu ! Mais attention, il faut toujours qu’il y est une cohérence et que le film, l’esprit du film ne soit pas trahi…mais ce n’est pas si simple.

Alors je vous rassure, ce que je vis en ce moment sur la préparation de ce film et ce que vit la réalisatrice est extrême !

Je vais me faire l’avocat du diable, la réalisatrice est comme sur un fil de funambule. Chaque décision qu’il prend peut lui faire faire un pas vers son but ou le faire chuter. Mais à force de faire une concession par ci, une concession par là, au bout du compte il a fait sûrement plus de concessions qu’il n’en aurait accepté…mais il est déjà allé trop loin, il s’est engagé. Le jour du tournage approche et maintenant il ne peut/ veut plus faire marche arrière ! Peu importe ce qu’on lui demandera de couper, il veut tourner coûte que coûte.

Et la production dans tout ça ? Et bien je crois que, comme la réalisatrice, il est difficile à une production de dire stop ! La préparation d’un film coûte de l’argent, cet argent vient des subventions, des banques et j’en passe. Ne pas faire le film signifierait rendre l’argent…mais des salaires ayant été déjà versés, cela ferait un gros trou dans la caisse…alors ils y vont ! Avec un peu de chance, ça va passer ;o) Au final ça joue gros !

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Gajus/ shutterstock

Doit-on tout accepter pour réaliser un film ou travailler sur un film

Alors je posais la question tout à l’heure : est-ce que tous les films doivent exister coûte que coûte ?

J’ai du mal à répondre, mon statut de technicien me fait dire que non alors que le passionné de cinéma a envie de dire oui. Malheureusement on ne vit pas que de passion…

Pour ce qui est du film que je prépare, je pars aujourd’hui pour un mois avec 6 jours sur  7  de tournage. Je sais que ça va être difficile mais c’est une belle histoire et la réalisatrice (en plus d’être une amie) a vraiment l’œil et une sensibilité qui transparaît dans ses films.

Elle va devoir s’adapter aux conditions météo, à la mer, aux comédiens ainsi qu’à la mécanique d’une équipe. Moi je suis là pour l’épauler, faire en sorte que toute l’équipe n’aille que dans un sens, le sien, et pour optimiser les journées et trouver des solutions en cas de problèmes pour qu’elle fasse le meilleur film possible.

10 ans qu’elle pense à ce long-métrage, 10 ans qu’elle se bat pour le monter…et le premier jour de tournage c’est demain ! Imaginez un peu la pression, la joie, la peur, l’excitation qu’elle peut…que nous pouvons ressentir ;o)

Le réalisateur doit garder en tête que rien n’est figé, tout peut changer. Il faut alors faire en sorte de sortir le meilleur de soi pour créer le meilleur film qui soit.

Et avoir un super 1er assistant…bon là je me jette des fleurs lol Mais ça fait du bien !!! ;o)

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ondem/ shutterstock

Je vous tiendrai au courant, les prochaines semaines, de ce tournage afin que vous puissiez être un peu avec nous.

Voilà pour cet article : « la réalisatrice et le funambule ». Laissez-moi vos commentaires en bas de l’article.

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A bientôt,

Tom Weil

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…