Présenter un scénario Etude de cas 1 : passer d’une pièce à l’autre

Présenter un scénario

Études de cas 1

 

Présenter un scénario, 1 er cas : Passer d’une pièce à l’autre 

Au travers des différentes questions que vous m’avez posé l’année dernière et que vous me posez encore aujourd’hui sur ce site, je m’aperçois que vous rencontrez encore des problèmes pour présenter un scénario en fonction de ce que vous voulez raconter. Lors de la lecture des  différents scénarios que vous m’avez demandé de lire, je me suis rendu compte que là aussi le problème se répétait. Pourtant je sais que, pour la plupart d’entre vous, vous vous appliquez à suivre mes conseils. C’est donc qu’il faut aller plus loin dans les explications et dans le concret.

Je m’aventure peut-être sur un terrain hasardeux, des cas d’écritures il y en a une sacrée tripotée ! Mais j’ai foi en votre passion et votre intelligence pour que vous puissiez utiliser ces conseils pour vos histoires. Si vous débutez dans l’écriture, voir des exemples de séquences c’est la meilleur manière d’apprendre :o)

C’est Partie ! 

Dans toutes les histoires, vous avez besoin que votre personnage se déplace quel que soit l’endroit où se déroule sa quête : Ville, maison, île déserte, prison etc… J’ai voulu commencer par ce cas car c’est celui qui revient le plus souvent et c’est ce qui bloque les jeunes apprentis scénaristes.

 

Alors comment faire pour que le lecteur comprenne les déplacements ?

Si vous avez lu : « présentation d’un scénario », vous savez que votre scénario est écrit avec un en-tête particulier avant la description de la scène et des dialogues.

Cet en-tête le voici :

Séquence 1 : Int – Appartement – Jour

Séquence 1 : Nomme le numéro de la séquence

Int :    Définit si l’action se déroule à l’intérieur (Int) ou à l’extérieur (Ext)

Jour :    Pour l’effet  soit : jour/Nuit/Matin/Soir/crépuscule etc… c’est à dire le « moment » de la journée pendant lequel se déroule l’action.

 

Passons à un exemple concret :

Séquence 1 : Int – Appartement – Nuit

Martin est assis dans son fauteuil préféré, la pièce n’est éclairée que par la télévision qui diffuse une émission animalière. 

Martin grimace.

Il passe une main sur son ventre puis la met sur sa bouche.

D’un coup, il se lève et se précipite dans la salle de bain.

Il se penche sur les toilettes et vomit.

 

Voilà typiquement ce qu’il ne faut pas faire ;o) C’est à dire tout écrire dans une seule et même séquence. Je me doute que certains d’entres vous savent qu’il est possible de le faire mais pas avec cet intitulé de séquence (nous verrons cela un peu plus loin) et surtout, à ne pas reproduire tout au long du scénario car il y a une différence entre, faire un effet scénaristique voire de « mise en scène » et l’erreur technique d’écriture. Voilà comment il faut procéder :

 

Séquence 1 : Int –Appartement/Salon – Nuit

Martin est assis dans son fauteuil préféré.

 La pièce n’est éclairée que par la télévision qui diffuse une émission animalière.

Martin grimace.

Il passe une main sur son ventre puis la met sur sa bouche et se lève d’un coup.

 

Séquence 2 : Int – Appartement/Salle de bain – Nuit

Martin se penche sur les toilettes et vomit.

 

Grâce à l’intitulé de la séquence : appartement/salon puis appartement/salle de bain, le lecteur comprend que Martin est passé du salon à la salle de bain. Mais cela indique surtout au réalisateur et à l’équipe que pendant le tournage les deux séquences seront à tourner séparément et qu’il y aura deux décors distincts.

Vous avez la possibilité de lier les deux lieux si vous le souhaitez. Reprenons l’exemple de Martin en liant l’action :

Séquence 1 : Int – Appartement/Salon-Salle de bain – Nuit

Martin est assis dans son fauteuil préféré, la pièce n’est éclairée que par la télévision qui diffuse une émission animalière. Martin grimace.

Il passe une main sur son ventre.

D’un coup se lève et se précipite dans la salle de bain.

Il se penche sur les toilettes et vomit.

Dans cet exemple nous faisons comprendre aux lecteurs  et/ou au réalisateur que la scène lie les deux lieux. Si vous relisez la séquence, vous sentez que le rythme n’est pas le même. Dans ce deuxième exemple le rythme est plus long car dans la réalité de l’action. C’est vous, scénariste qui imprégnez le rythme !!!

Alors que dans la dissociation des deux séquences le rythme est plus « Cut » plus rapide. On indique aussi de manière implicite le caractère urgent du mal de ventre : le vomissement.

En tant que scénariste vous avez la possibilité de lier encore plus de lieux (décors) dans la même séquence. Mais vous ne pouvez pas utiliser cette technique pour tout votre film. En revanche, l’utiliser avec parcimonie est possible, c’est ce que l’on appelle un plan séquence.

Exemple :

Séquence 1 : Ext/Int – Rue/Appartement – Entrée / Salon/ Cuisine/Balcon/Toit – Jour

 

Martin marche d’un bon pas, Il traverse la rue sans faire attention, une voiture manque de le renverser.

Une fois de l’autre côté, il monte les quelques marches d’un perron qui le sépare de la porte de l’entrée de son appartement. Il sort ses clefs, ouvre la porte de son loft et entre.

Sans s’arrêter il traverse le salon, la cuisine, ouvre la porte fenêtre et sort sur le balcon.

Martin soulève un gros pot de fleurs sous lequel se trouve une clé USB emballée dans un plastique qu’il saisit.

Crissement de pneus.

Martin regarde dans la rue. Deux 4×4 noirs viennent de s’arrêter. Des hommes armés sortent.

Martin traverse l’appartement à toute vitesse, sort sur le palier et monte les escaliers pour atteindre le toit.

 

Dans cette séquence nous indiquons à la mise en scène que le début du plan commence à l’extérieur (dans la rue) et se continue jusqu’au toit sans que la caméra ne coupe : C’est un plan séquence. C’est à dire un seul plan couvrant l’intégralité de la séquence.

Voici un exemple concret d’un plan séquence tiré des petits mouchoirs de guillaume Canet.

httpvh://youtu.be/bH1s5c421dk

Voici un autre exemple concret d’un plan séquence : Boogie Nights de P.T Anderson.

httpvh://youtu.be/33C65V9JdbE

Je pense que vous avez compris maintenant ;o)

Bien sûr dans l’exemple que je viens de vous donner, il n’y a pas de dialogue, ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas en mettre, bien au contraire. L’extrait de Boogie Nights parle de lui même.

Si vous avez un peu de temps, je vous conseille de voir le plan séquence qui ouvre Snake Eyes de Brian De Palma. Je ne vais pas vous mentir, il n’a pas été shooté une seule fois, c’est un faux plan séquence, mais il vaut le détour tant la maîtrise technique est grande !


Dernier petit truc à savoir pour vos déplacements. Dans aucun de mes exemples il n’y a d’indication de « direction d’acteur » c’est à dire qu’il n’y a pas de geste ou de déplacement polluant. Il faut aller à l’essentiel si ça ne sert pas l’action ou la trame.

 

J’espère que l’explication de ce premier cas sur comment présenter un scénario va vous aider à progresser. J’essaie toujours d’être le plus clair possible, mais n’hésitez pas à me poser des questions si quelque chose ne vous paraît pas limpide.

Évidement, il n’est pas possible de traiter chaque cas, au cas par cas…mais je suis certain que vous trouverez les réponses aux questions que vous cherchez, sinon laissez moi un petit message ;o)

Vous pouvez retourner au plan du site ou à l’article sur la présentation du scénario 3 : Jour ou Nuit en cliquant sur les liens.

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Bon courage,

Tom Weil

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…