le point de vue narratif

L’importance du point de vue narratif

dans un scénario

 

 

Je ne pensais pas écrire cette semaine sur le point de vue narratif. Mais avant d’entamer mon dernier jour de tournage demain (Mercredi), je me suis attaqué aux scripts doctoring de plusieurs scénarios que vous m’avez envoyés. Comme souvent, vous m’avez inspiré, voilà donc cet article sur le point de vue narratif.

Je crois qu’il est bon de faire un point là-dessus. Comme vous le savez, dans un scénario il est important d’avoir une bonne idée… A ma grande surprise, vous êtes nombreux à

avoir la tête qui déborde d’idées (parfois assez farfelues ;o)). Mais avoir une bonne idée ne signifie pas que vous allez faire un bon film. La majeure partie d’entre vous oublie une chose (des choses) essentielle. Il faut des obstacles et des conflits dans votre histoire, sinon votre histoire est plate… on s’ennuie… à quoi bon lire la suite. Surtout aujourd’hui, car le spectateur est habitué à voir des films, il anticipe plus qu’avant et à fortiori s’ennuie plus vite.

Mais surtout, vos obstacles et vos conflits doivent être traités sous un certain angle, sous un certain point de vue narratif. Vous devez choisir clairement qui est le héros de votre histoire et le point de vue narratif principal, sinon votre scénario va en pâtir.  Je m’explique :

Si vous avez 5 personnages importants dans votre histoire (pierre, Paul, jacques, brandon, Simon), vous avez autant de points de vue narratifs possibles : soit  Pierre, soit Paul, soit Jacques etc…

Ce qui veut dire que votre histoire ne sera pas vécue de la même façon par tous les personnages. Imaginons une prise d’otages dans une banque. Les émotions, les obstacles, conflits, ennemis ou alliés ne seront pas les mêmes si votre point de vue narratif est du côté d’un preneur d’otages, d’un otage ou d’un flic qui se trouve dehors et tente de négocier… Pour tous ces personnages, les enjeux ne sont pas les mêmes.

Mais surtout l’identification de votre spectateur non plus ! Attention ! Je ne dis pas qu’on ne peut pas changer de point de vue narratif dans l’histoire (au contraire ! même si ce n’est pas si simple), mais qu’au début vous devez présenter un point de vue afin que votre spectateur puisse comprendre les enjeux et s’identifier.

point de vue narratif

Khakimullin Aleksandr/ shutterstock

Faisons un rapide point, le choix du point de vue narratif va

–       déterminer l’identification ainsi que les relations entre le spectateur et les personnages

–       va déterminer la manière dont vous allez pouvoir développer votre histoire (intrigue) ainsi que l’application des techniques scénaristiques (comme le hareng rouge par exemple)

Dites-vous que lorsque vous écrivez un scénario, vous êtes comme un MC (maître des cérémonies), c’est vous qui menez la danse. Souvenez-vous des épisodes de la quatrième dimension ou un homme étrange (le narrateur) nous accueillait pour nous raconter une histoire extraordinaire. En tant que scénariste ou auteur, vous êtes cet homme mystérieux qui décide ce que l’on voit, entend et sur qui nous devons nous concentrer.

 

Mais allons plus loin dans l’explication du point de vue narratif. Le point de vue narratif (appelé focalisation narrative.) comporte trois différentes techniques qui vont vous permettre de raconter votre histoire. Ces trois techniques vont vous permettre aussi de construire votre intrigue en donnant ou pas, certaines informations aux spectateurs.

Il y a :

–       Le point de vue narratif externe

–       Le point de vue narratif interne

–       Le point de vue narratif (Zéro) omniscient

Le point de vue narratif externe

C’est lorsque vous raconter votre histoire de l’extérieur, c’est à dire que vous ne prenez parti pour personne. Par exemple :

 Séquence 1 : Ext – Rue-banque – Jour

Une première voiture de police arrive à toute allure et stoppe net devant la porte de la banque. Une deuxième voiture de police arrive au même moment et se place, proche de la première. Les policiers sortent des deux véhicules, se mettent à couvert et sortent leur arme.

Un coup de feu retentit à l’intérieur de la banque.

Dans cet exemple de discalie, on comprend bien que le spectateur est dans une position d’attente. On ne sait pas ce qui va se passer…(enfin, on s’en doute ;o) mais le scénariste ne le met pas dans la peau d’un des policiers. Le point de vue narratif externe c’est ça ! C’est montrer une scène/ séquence sans identification à tel ou tel personnage.

Le point de vue narratif interne

Ce point de vue narratif est utilisé lorsque vous souhaitez mettre votre spectateur au même niveau que votre héros ou vos personnages. C’est à dire que vous ne donnez pas plus d’informations que votre personnage en possède. C’est souvent ce point de vue narratif qui est utilisé dans les films d’horreur. De cette manière chaque attaque du monstre, du fantôme ou du sérial killer est une surprise pour le spectateur. Car l’identification au héros est totale ! Nous avons peur en même temps !

Le point de vue narratif (Zéro) omniscient

Ce point de vue narratif est souvent utilisé pour donner une longueur d’avance au spectateur et parfois lui permettre d’être plus impliqué dans l’intrigue. Vous (en tant que scénariste) pouvez utiliser cette technique, soit pour augmenter le suspens, soit pour permettre à votre spectateur de souffler. Grâce à cette technique, le spectateur est partout à la fois et connaît tout des personnages.

Je vais vous donner un exemple concret :

Séquence 1 : Int – Banque – Jour

Tous les employés ainsi que les clients de la banque sont couchés au sol, les mains sur la tête. Seuls, 3 hommes cagoulés sont debout, arme au poing. Le plus grand d’entre eux (LUCAS) va à l’une des fenêtres qui donne sur la rue. Le plus gros des trois (BORIS) compte les otages. De la fenêtre, Lucas voit deux voitures de police qui stoppent net devant la porte de la banque.  Des policiers en sortent et se mettent en joue.

Lucas se tourne vers ses complices

LUCAS

 Bordel de merde !

Derrière les guichets, à côté d’un bouton d’alarme, un vigile se prépare et arme son pistolet. Il tremble et tente de se donner du courage. 

Lucas se dirige vers le guichet ou le vigile est planqué. Au moment où le vigile veut faire une sortie, le canon de Lucas se place devant son visage.

VIGILE

Pitié…

Lucas tire. Les gens crient.L’homme s’écroule.

Vous voyez que dans ce point de vue omniscient le spectateur passe tour à tour entre Lucas, le Vigile et Lucas. Cela permet de mettre de la tension dans le récit. En tant que spectateur, nous savons que le vigile va tenter une sortie, mais la description que le scénariste fait de la scène (et la connaissance des ressorts dramatiques par le spectateur) fait que nous savons que c’est voué à l’échec. Nous savons, en outre, que la confrontation entre les deux personnages est inévitable et que ça ne se passera pas bien pour le vigile. La seule inconnue pour le spectateur c’est : Le vigile va t-il mourir ou pas.

Maîtriser  les changements de points de vue narratifs

Comme vous le voyez, savoir maîtriser les changements de points de vue narratifs est essentiels pour que l’intrigue, le suspens, l’action, le hareng rouge fonctionnent. Chaque changement de point de vue narratif va donner ou pas des informations aux spectateurs sur tel ou tel personnage.

De cette manière, le scénariste permet aux spectateurs de donner un avantage ou de faire de la rétention d’information. Mais attention, si vous faites de la rétention d’information (et vous le ferez !), si vous passez sous silence des faits importants pour la compréhension de l’histoire ou pour comprendre pourquoi un personnage agit d’une certaine manière, il va falloir expliquer les raisons tôt ou tard, sous peine de perdre le spectateur, voire de le frustrer.

Car il n’y a rien de meilleur pour un spectateur que de partager le bonheur ou la vérité d’un personnage. A vous donc de bien construire votre récit ainsi que les informations que vous souhaitez donner aux spectateurs et à vos personnages pour que les deux puissent se rejoindre ;o)

Pardon de me répéter, je tiens à être très clair car c’est d’une importance capitale ! :

N’oubliez pas qu’en fonction des points de vue narratifs que vous allez utiliser, vous influencerez la relation que votre spectateur aura avec vos personnages mais aussi la manière dont vous allez pouvoir utiliser les différentes techniques scénaristiques.

J’espère que cet article sur : le point de vue narratif vous a plu. N’hésitez pas à me laisser un message au bas de cet article si vous avez des questions ;o)

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Tom

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…