le plan séquence

 

 

Le plan séquence, voilà un sujet qui est attendu depuis un moment par bon nombre d’entre vous ;o) Il est vrai que ce terme de « plan séquence » fait un peu rêver, moi le premier.

J’ai eu une chance énorme, il y a quelques années, car j’ai pu travailler sur un long métrage composé uniquement de plans séquences…rien que ça ! Mais avant de vous en dire plus sur cette expérience peu courante, je vais vous expliquer ce qu’est le plan séquence, pourquoi il est utilisé et comment, vous aussi, vous pouvez vous en servir aux travers d’exemples de réalisateurs connus et reconnus ;o)

Alors le plan séquence c’est quoi ?

Comme son nom l’indique, c’est un plan qui couvre toute la séquence de A à Z et qui sera « monté » dans son intégralité. C’est à dire que le monteur ne le coupera pas en intercalant d’autres plans  que l’on appelle plans de coupes, ne fera pas d’effet de volet etc… Le plan qui est tourné sur le plateau sera le même une fois le film terminé.

Quelle est la différence avec un Master ?

Là je sais que j’ai perdu la moitié des utilisateurs du blog lol.  Pour ceux qui suivent les articles depuis le début, vous savez ce qu’est un Master, n’est ce pas ?!

Lors du tournage, il arrive souvent que l’on tourne un Master, c’est à dire un plan qui couvre toute la séquence. Comme un plan séquence en fait ! ;o)

Oui, mais quelle est la différence avec le plan séquence ?

C’est très simple ;o) le Master sert en fait de « fil rouge » à la séquence mais le réalisateur a prévu de faire d’autres plans de la même séquence avec des axes, des focales différentes, des champs contre champs etc…

Une fois que tous les plans sont tournés, le monteur prendra le Master et l’entrecoupera avec les autres plans tournés afin de rythmer la scène, de changer de point de vue etc…

Pourquoi choisir le plan séquence ?

Faire un plan séquence c’est donc prendre un vrai parti pris quant à la mise en scène. Car si vous avez des dialogues, le champ contre champ « classique » vous est interdit. Il faut alors trouver des subterfuges pour le filmer : tourner autour des comédiens, les faire circuler (marcher) et adapter les cadres et les axes en fonction de l’importance du jeu etc…

Avant l’air du numérique (si si, je vous assure, le monde existait déjà ;o)) le plan séquence ne pouvait excéder plus de 10 à 12 minutes car les magasins (logements où on mettait la pellicule, où on met toujours de la pellicule d’ailleurs ;o)) ne pouvaient contenir davantage de pellicule. D’ailleurs le film le plus connu pour avoir utilisé le plan séquence est « la corde » D’Hitchcock. Car ce film donne l’impression d’avoir été tourné en 1 seul plan séquence, chose impossible à l ‘époque. En fait Hitchcock a utilisé la technique du « volet* » pour nous duper.

Mais je ne vais pas m’attarder sur cet exemple qui a été cité sur de nombreux sites ;o)

*Faire un volet, c’est terminer le plan dans le dos d’un comédien qui cache donc tout le champ de la caméra puis recommence le plan suivant dans un autre endroit, toujours dans le dos d’un comédien qui s’avance et fait apparaître un autre décor.

Aujourd’hui les « volets » sont plus subtils. La plupart du temps le spectateur moyen ne s’en rend pas compte. Le numérique permet des choses assez extraordinaires.

Je me souviens d’un film en particulier qui m’avait bluffé à l’époque de sa sortie en 1998 : Snake eyes de Brian de Palma. Le plan séquence dure 11 minutes, soit le temps d’une bobine de film. J’étais tellement sur le C** que je n’ai pas réussi à voir les possibles « coupes » ou « volets » Car soyons clair, Brian De palma est un génie, mais faire cette séquence en une fois ! pfff non ;o)

Si vous n’avez jamais vu le plan séquence de snake eyes,  voici un lien :

12,5 minutes one shot from stadycam on Vimeo.

Dans un autre style, juste avec un travelling, voilà ce que le plan séquence (et le numérique) peut faire.

Je suis d’accord avec vous lorsque parfois une des séquences de votre scénario est courte et ne nécessite qu’un plan : c’est alors un plan séquence.

Mais comme vous avez pu le voir plus haut avec les deux exemples que je vous ai donnés, on peut donner une autre dimension au plan séquence.

Mais attention vous n’avez pas besoin de bouger dans tous les sens pour être fier de votre plan séquence ou pour lui donner du sens.

Si vous faites un plan séquence fixe sur un ou plusieurs personnages, cela peut avoir un effet bœuf ! Tout dépend de ce que vous voulez raconter ! Ce qui passe pour le plan séquence du siècle chez un réalisateur peut être nul chez un autre, simplement parce que le propos n’est pas le même.

Je reviens donc sur le long métrage que j’ai fait en tant qu’assistant mise en scène ou tout le film est composé de plans séquences. Ce film s’intitule 9mm. Il a été réalisé par Taylan Barman en 2008. Voici la bande annonce :

 

 

Le défi de ce film a été de tout préparer et de le répéter un nombre incalculable de fois pour que la prise soit bonne. Parfois la caméra faisait des 360 degrés, il fallait donc éviter la lumière, l’équipe, la perche etc…

Le tournage a été fait principalement au steadicam afin de faciliter les déplacements car le plan séquence prend tout son sens lorsque tout est en mouvement. En gros, le matin nous préparions la séquence (pour les grosses séquences) et dans l’après midi nous tournions….il nous est arrivé évidemment de tourner plusieurs plans séquences la même journée !!! Au début de l’article je vous disais que le plan séquence était le « rêve » des réalisateurs, en fait le plan séquence c’est aussi un cauchemar pour nos amis réalisateurs ;o)

Le plan séquence ça sert à quoi ? ça raconte quoi ?

Dans 9mm, le réalisateur nous montre 3 points de vue, celui du fils, du père et de la mère. Le plan séquence permet donc une identification plus forte aux personnages. Le spectateur est plongé dans son univers, il colle à la peau du héros. Le plan séquence donne aussi une impression de temps réel, ce qui accentue l’immersion du spectateur.

Je vous propose un petit exercice tout simple. Voici une liste de films où il y a des plans séquences. Certains films sont cultes, amusez-vous à revoir ces films, trouvez les plans séquences et parlons-en ;o)

–       Les affranchis

–       Old boy

–       Shining

–       Le bûcher des vanités

–        l‘impasse

–       Panic room 

–       La guerre des mondes

–       Jacky Brown

Pour finir voici, comme pour l’article de mercredi, une vidéo de 7 minutes qui explique ce qu’est le plan séquence. Je trouve l’explication plutôt moyenne. Ils ne se sont pas vraiment cassés la tête mais vous comprendrez la difficulté et la préparation qu’un tel plan nécessite.

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Vous pouvez aussi lire d’autres articles en retournant dans le plan du site, en cliquant sur le lien.

A bientôt.

Tom Weil

À PROPOS DE TOM WEIL

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

Comments on this entry are closed.

  • Warren Vidal

    Bonjour Tom !
    Que penses-tu du plan séquence qui fait l’introduction de the revenant avec Di Caprio ?

    • Bonjour Warren,

      Je ne l’ai pas encore vu. Mais dés que cela sera fait je reviendrais ici te donner mes impressions.

      A bientôt,

      Tom

  • Pingback: Marvel’s Daredevil : la série diaboliquement efficace | La Page Culturelle()

  • schaaz

    bonjour, au sujet du plan séquence Snake eyes de Brian de Palma, le volet se fait au moment ou on vois le chiffon pour nettoyer l’objectif car quand on fait un arrêt sur image le chiffon englobe presque tout l’écran et la il suffit de refaire un autre gros plan camera poing et dézoomer . Et voilà

  • Christophe

    Bonjour Tom,

    Le tout dernier James Bond « Spectre », présente au tout début un long plan-séquence sympa (d’ailleurs il n’y a que ça de bien, le film se dégonfle en allant…). Il doit y avoir des coupures car j’imagines mal la caméra se balader ainsi, jusqu’à « flotter » dans le vide. Mais c’est bien foutu et on a vraiment l’impression de participer avec les personnages à l’ambiance du film.

    A bientôt.
    Christophe

    • Bonjour Christophe,

      Je vais essayer d’aller le voir (le temps me manque cruellement) et je te dirai si j’ai vu des points de montages susceptible de cacher un faux plan séquence. Pour le reste du film je n’ai eu que des bons échos. Maintenant un James Bond…c’est un James Bond…

      A bientôt,

      Tom

  • OlivierMeunier

    Bonjour Tom,
    tout d’abord un grand bravo pour tout ton bloc, il est juste génial pour un débutant comme moi. J’aurais une question; Le film Birdman d’Alejandro Gonzalez Inarritu présente beaucoup de plans séquences durant tout le film non? En le regardant la première fois j’ai eu le sentiment qu’il n’y avait quasiment aucune coupure durant tout le film. Et même, d’ailleurs, en le regardant plus attentivement je n’ai réussis à trouver uniquement 3 ou 4 coupes. Est ce juste dû au montage ou bien le film présente si peu de coupes? 🙂

    • Bonsoir Olivier,

      Je n’ai malheureusement pas eu le temps de voir ce film (je suis en tournage depuis plusieurs mois). Mais c’est prévus d’ici peu ;o) Je te répondrai dés que possible.

      A bientôt,

      Tom

  • Paul

    Bonsoir tom,
    J’ai un plan séquence de 2:00 environ, dans un scénario de long.
    Dois-je noter tous les plans l’un derrière l’autre sans aller à la ligne ?
    ex :
    Elle entre. Elle enlève sa veste. Elle passe au salon. Elle monte l’escalier fatiguée. Dans la salle de bains elle pleure.

    J’imagine qu’avec une vingtaine de plans, ça fait fouilli ?

    Puis-je indiquer en début de séquence que je veux un plan séquence. Et ensuite écrire les différents plans à la ligne :
    Elle entre
    Elle enlève sa veste
    etc.

    Pour plus d’aisance de lecture ?
    Paul

    • Bonjour Paul,

      Un scénario ne comporte pas de plan, ni d’indications technique (ou très peu).

      Il faut simplement écrire :

      Susanne ouvre la porte d’entrée, elle jette ses clés dans le bol sur la petite table de l’entrée, puis retire son manteau et monte les escaliers. Machinalement entre dans la salle de bain, se penche et tourne le robinet d’eau chaude. Elle pleure.

      Voila à quoi doit ressembler la lecture de ton plan séquence. Un scénario n’est pas un découpage technique ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • schaaz

    salut, pour le plan de Snake eyes de Brian de Palma, dés le début du plan nous face devant une télé.
    Donc il a filmé c’est plan puis les a monter, et ensuite les a diffusés dans la télé qui est filmé par une caméra ensuit il fait un travelling . Et voila!

    • commentfaireunfilm

      Bonjour schaaz,

      Oui enfin après le plan de la tv ce n’est pas simple mais c’est le principe oui.

      A bientôt,

      Tom

  • Bouvaut

    J’ai beaucoup apprécié l’humour du plan séquence en making of.
    Je vais essayé dans faire un dans mon prochain court .C’est du boulot car ce sont des amateurs (devant et derrière la caméra)
    A bientôt pour la suite.
    JJ

    • commentfaireunfilm

      Bonsoir Bouvaut,

      N’hésite pas à partager le blog ;o)

      Si tu souhaites en faire un je te conseille de faire beaucoup de répétitions ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • Abdelfatteh

    Bravo pour l’article sur le plan séquence

    • commentfaireunfilm

      Bonsoir Abdelfatteh,

      Merci pour ce gentil compliment ;o) Les prochains articles devraient aussi te ravir ;o)

      Bien évidement tu peux partager ces articles sans compter ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • maria

    Re-bonjour Tom !
    Je viens de visionner la « leçon de cinéma »; cette fois, j’ai ressenti leur humour depuis quasiment le début.
    Je pense au scénario qui est sous-jacent au plan-séquence, à son écriture.
    Pour le projet de mon long métrage, Intuitivement, je divise certaines séquences, numérotées X, en sous-séquences X a ) ; X b ) ; X c ; ce peut même aller jusqu’à, par exemple, X a’ ( lire a prime ) ; X b », ( lire b seconde ) et même X c  »’, tellement ma séquence en entier est, même fractionnée, une entité.
    J’ai bien compris qu’une séquence est l’ unité d’un scénario, par suite l’unité d’un film,.
    Toutefois ces unités sont différentes en mesure ou en intensité.
    Leur  » homogénéité  » est donnée par le même lieu, le même temps, la même action ou la même pensée, cette dernière incluant souvenirs, projets etc.
    Est-ce ça que le réal doit comprendre ? Une continuité sans volet, ni « cut » , ni ellipse ? En somme, un plan-séquence ?
    C’est ce que je voudrais qui soit compris, dans mon rédigé : un seul plan séquence, parfois, me serait nécessaire, sans pour cela, vouloir diriger la caméra du chef opérateur !
    J’en serais bien incapable !
    Enfin, j’espère ne pas faire de contresens.
    Tu verras, si tu veux bien lire mon « pro- jet ». LOL
    C’est vrai, tu m’as taquinée, en me demandant si mon  » premier jet  » était terminé !
    Il est vrai que je prends mon temps ! Une première fois, j’ai orienté la même fiction autrement.
    ( J’en ai vaguement parlé à Thomas.)
    Il me semble l’avoir fait bifurquer, à la fin de l’hiver 2013, pour adopter la version en cours.
    À propos de  » pêche  » pour la rentrée, c’est de toi dont je parlais !
    Pour moi, c’est la rentrée ou …la sortie – hum ! – chaque jour
    Merci.
    Cordialement.
    PS. Pour ne plus avoir affaire aux « plantages « , un pro m’a installé un logiciel de sauvetage gratuit, compatible avec  » Windows 7″ et d’autres machines, après désactivation de la sauvegarde de Windows.
    C’est  » Cobian Backup  » . La sauvegarde requiert deux clés USB, (une doit suffire).

    • commentfaireunfilm

      Bonjour Maria,

      Tu ne peux pas diviser tes séquences en sous séquences ! surtout avec a, b, a’, b » !

      je préfère que tu ai 200 séquences que des a, b, c etc…ta séquence ne peux être fractionnée ce n’est pas possible.

      dans l’absolu chaque séquence peut être fait en plan séquence.

      Ton commentaire m’inquiète un peu, peux tu m’envoyer une séquence (juste une) avec les sous séquences. De cette manière je corrigerai et tu pourras continuer de la bonne manière, enfin si tu le souhaites.

      A bientôt,

      Tom

      • maria

        Bonjour Tom:
        Oui je t’envoie un échantillon dès que possible; merci.

        • commentfaireunfilm

          Bonsoir Maria,

          Je jette un oeil au plus vite,

          A bientôt,

          Tom

          • maria

            Bonjour Tom,
            *Je reviens 6 mois après cette réponse à un problème tout à fait résolu. Tu m’as éclairée, il y a peu : merci encore. J’en tire profit.
            * Cette fois, j’en ai un autre au sujet d’une séquence homogène du point de vue de l’idée.
            J’ai relu l’article « passer d’une pièce à l’autre. ».
            J’ai quasiment besoin d’un « plan séquence »., afin de bien numéroter mon séquencier.
            a ) Séquence X , Ext. / Jour/ Cimetière. (no problème )
            b ) Séquence( X+1 ) : elle suit de près dans le temps donc  » jour ».
            Mais, elle me pose un problème.
            En voici l’intitulé :
            b ) Int. / Ext /Bureau / Rue / Quai de gare/ (tout va bien, continuité)
            Or, sur le quai, R.( l’ami ) voit de loin un truc insolite.
            Il pense au titre de la  » Une  » d’un journal retransmis par internet.
            Ce n’est pas vraiment un flash-back : ça ne change ni le lieu ni le temps.
            Je ferais plutôt le lien avec une « association d’idée ».
            Qu’en penses-tu ?
            Voici deux propositions pour cette séquence que j’ai nommée (X+1) ou b )
            {1 ) celle exposée plus haut suivie de
            2) Flash-back, en séquence isolée }
            Ou bien, l’intitulé qui suit, pour une seule séquence :
            Int / Ext / Bureau / Rue / Quai de gare / Association d’idée.
            Personnellement, je préfère cette dernière unité.
            Bien sûr, c’est toi qui m’informes de la meilleure.
            Prends ton temps ! je travaille mon traitement.
            Merci d’avance, et bonne journée à toi.

          • commentfaireunfilm

            Bonjour Maria,

            L’intitulé de ta séquence b) int/ ext/ bureau/ rue/ quai de gare est possible dans l’absolu..Mais cela veut dire que l’on ne quitte pas le personnage une seule seconde du bureau jusqu’au quai de la gare ! Soit le bureau se trouve dans la gare ou en face de la gare (et encore !) soit tu découpe tout cela.
            Parce que la séquence serait trop longue, peut être trop lente, et surtout dénué d’intérêt….Je n’ai pas lu ta séquence ce ne sont donc que des suppositions…
            Mais à première vue ça ne me dit rien qui vaille…

            Ensuite s’il voit un truc insolite qui lui fait penser à la une d’un journal sur le web, ne fait pas un flashback ou une incruste etc…il faut que tu te serve des annonces et paiement ! C’est à dire que tu aura « attiré » l’attention du spectateur sur ce gros tire dans la séquence A et lorsque ton héros verra ce truc insolite à la séquence B, le spectateur fera automatiquement le lien avec le gros titre de la séquence A : annonce – Paiement

            A bientôt,

            Tom

          • maria

            Re, pour aujourd’hui !
            Merci de ta réponse, que je ne pensais pas être si rapide.
            Je n’ignore pas qu’il reste une semaine de vacances dans la zone scolaire de tes enfants et que tu es tout à fait en droit de passer de bons jours en famille.
            Si ça se trouve, tu tournes en rond dans un cercle ayant pour rayon 50 Km. dont le centre serait Lille.
            Un peu comme dans le sketch de R. Devos…
            Trouver une falaise… pas au bord de la mer, c’est trop coûteux…mais tourner en rond sans en trouver… c’est économique ?
            Je veux dire par là que tu as le temps de me répondre.
            Ce que j’aime bien dans ta réponse, c’est que tu ne condamnes pas.
            Tu dis simplement « ça ne me dit rien qui vaille »
            Pour être plus nette, je vais chercher dans mon traitement, ce qui me fait préférer la seconde proposition.
            Il y a bien lenteur dans le trajet de R. jusqu’à la gare alors que H. pique un sprint.
            Mais je reviens.
            Je recopie d’abord tes observations pour les avoir sous les yeux.
            À tout de suite.

          • maria

            Re, Ter, Tom,
            * Je vais essayer d’être nette, tout en ne dévoilant pas ma fiction.
            Au climax, H. a une révélation qui le délivre d’un mal de son subconscient.
            Il a subi un traumatisme grave causé par une calomnie divulguée par un journal à scandales, retransmis sur internet. Ce traumatisme est essentiellement lié à son couple raté avec son ex.
            Il croit qu’elle s’est suicidée; il n’a pas métabolisé le fait qu’il n’y est pour rien.
            * Donc, des séquences doivent conduire à ce climax.
            Ce traumatisme est visible entre autres, dans un TOC : il a une trouille bleue de rater son train.
            Cette séquence qui me pose problème, je la numérote par 33 dans mon séquencier.
            * Bien avant cette séquence 33, H. n’arrête pas de répéter que M. (une autre femme) , ne s’est pas suicidée, alors que R. son ami, lui a démontré et prouvé par a+b que M. est morte de sa « belle mort « .
            * H. continue dans la séquence 31.
            ( ellipse: R. commence, sans le dire, à se demander si son ami n’est pas zinzin, il cherche un motif pour sa compréhension )
            Du coup, il pense à un titre de journal, plus vague,  » une affaire » qui a concerné H.
            ( Il amorce ce qui suit, ce n’est pas très net, en lui, et en même temps, le spectateur s’intéresse.)
            Dans la séquence 32, R. lui dit qu’ils ont largement le temps de passer à son QG. Il veut lui donner de quoi lire dans le train.
            Il lui demande s’il a repéré qu’il habite en face la gare. (encore avant, H. s’est attardé à la fenêtre de R. d’où on voit la gare )
            * Nous voici arrivés à la « fameuse » séquence.
            SÉQUENCE 33. Dans le bureau de R. /Jour ( R. est le protagoniste principal de cette séquence.)
            R. désordonné, cherche partout.
            H. regarde la pendule digitale soustraire les minutes.
            Sans crier gare, il part en disant « à ce soir ».
            R. se penche à la fenêtre de son bureau ( on sait qu’elle se trouve au Rez-de-Ch., sous son appart’.)
            Il le voit déguerpir.
            R. marche posément en traversant la rue, le hall, et déboucher au bout du quai.
            De loin, il voit H. piquer un sprint et s’engouffrer dans un wagon.
            * C’est là qu’un article d’internet plus précis lui revient.
            Dans mon esprit, ce n’est pas un flash-back, c’est une association d’idées, que j’assimilerais un peu à la voix off., sauf que c’est une image off.
            * Séquence suivante: la N° 34:
            C’est par la vitre abaissée du wagon qu’ils conversent.
            ( Ils avaient largement le temps )
            R. est tellement tracassé qu’il en oublie le truc qu’il voulait faire lire à son ami, dans le train.
            * Plus tard, bien plus tard, dans le développement, R. dira à une autre femme A.( qui elle-même a constaté le TOC), une partie de ce qu’il sait sur H. Il développera ce que les « Unes » ont induit.
            ( Afin de ne pas tout révéler d’un coup; il y a d’autres révélations à faire, qui expliquent le comportement bizarre de H.- des manifestations de son traumatisme qui intriguent)
            Tout converge vers le climax, on y arrive sur le chemin sinueux parsemé de petits cailloux, pour que le spectateur comprenne, s’intéresse, en particulier aux histoires d’amour.
            J’espère ne pas t’avoir compliqué les choses.
            C’est dingue comme tu as vu que le trajet serait lent, que la gare ne pouvait être que très près. Bravo !
            Évidemment, la maison de R. n’existe pas, dans la ville V. de cette gare.
            Ce qui serait idéal, c’est une maison, pour R., perpendiculaire à la gare.
            Ce qui diminuerait le trajet.
            Cordialement.
            Bonne fin de journée.

          • commentfaireunfilm

            Bonsoir Maria,

            Je ne condamne jamais ! Tu devrais le savoir maintenant ;o)

            A bientôt,

            Tom

            PS : il faut voir cette séquence avec la totalité du scénario…

          • maria

            Bonjour Tom,
            Bien sûr, Tom, je sais que tu ne condamnes jamais.
            Je l’ai assez dit, de mon côté, quand j’ai employé des mots forts et maladroits comme « verdict, jugement ».
            Je me suis reprise après? Non ?
            C’est que j’aime bien ce respect de l’autre.
            Tu parles de totalité de scénario.( OK, il n’y a pas que le climax qui est important; il y a l’ouverture après le dénouement : je fais le // entre deux médias.)
            Il me faut faire le découpage des séquences avant. ! C’est là, à cette « fameuse séquence » que j’ai douté.
            À propos de séquencier, je m’en vais te poser une question, ( ou des ) question(s) à la « bonne page », dans un moment, peut-être PM.
            C’est quand même indispensable au scénariste de savoir comment les artisans-artistes du ciné travaillent.
            Après tout, c’est un boss qui décide du plan séquence, ou de plusieurs caméras dont les rushs se collent au montage. Enfin, c’est ce que je comprends…
            À bientôt, donc…Merci en attendant .
            PS. Quand je suis dans le temps de l’écriture, moi qui ai la notion de la durée, ( je n’ai jamais de montre)je la perds complètement. La preuve en est:
            Hier, lundi, a commencé une nouvelle semaine. Alors, ce que je t’ai dit à propos de la zone scolaire, est complètement à côté de la plaque !!!
            Profite quand même, au cas où le soleil serait de la partie !

          • maria

            SUITE, à notre conversation au sujet de la séquence nommée b) ci-dessus et nommée plus précisément 33 ci-dessous.
            Tu as raison, comme toujours, LOL. Mais… je n’ai pas tout à fait tort non plus LOL.
            Voilà: pour que R. arrive au bout du quai, et qu’il remarque un truc pas « catholique » de son ami H..
            Non seulement il y a ellipse de sa pensée qui lui fait faire une association d’idées avec la « Une » sur internet , mais le N° du quai,( 4 ) implique une autre ellipse: il est obligé de passer sous le passage souterrain.
            Donc, pas de plan séquence si long.
            Je dois m’arrêter à rue.
            Du coup, la séquence 34 est en flash-back mais aussi en association d’idées.
            Celle que j’ai numérotée 34 ci-dessous, devient 35.
            De toute façon, j’irai te poser des questions précises, relatives à mon travail, à « séquencier »,( sans « piétiner tes plates-bandes » au cas où tu aurais le projet d’un article.)
            À bientôt, alors !

          • maria

            FIN… à propos de cette séquence 33 :
            Bonsoir Tom,
            J’ai laissé macérer.
            Puis, j’ai relu mon traitement, écrit entre ( )
            ( R. fouille partout.
            H. s’impatiente.
            Il dit à R. que de toute façon, il le retrouvera P.M¨.
            R. par la fenêtre le voit déguerpir.
            Un cahier sous le bras, R. marche posément et sort du souterrain en même temps que le train accoste.
            H. pique un sprint pour être à hauteur d’un wagon dans lequel il s’engouffre.)
            Mon intitulé doit être, en définitive:
            Séquence 33. Int./ Ext./Jour / Jour / Bureau/ Rue/ Sortie souterrain.
            Séquence 34: flash-back: / sur écran d’ordinateur.( association d’idées)
            La « Une » retransmise par internet.( un titre de journal, pas mal, mais il faut ensuite qu’il soit repris par internet.)
            Voilà, j’espère avoir compris.
            En fait, le « boss » devra prévoir une autre caméra, et au montage, « recoller les morceaux »..
            Je sais, ce n’est pas mon job. Ça m’aide dans l’écriture de l’intitulé.
            Cordialement.
            PS. Si ça se trouve, H. peut être montré en accéléré.
            Ouille ! ça me torture !
            Bonne soirée.