Partage d’expérience d’un « jeune » réalisateur

Comment Faire Un Film…partage d’expérience de Christophe réalisateur et lecteur du blog

 

Vous le savez j’essaie de vous apporter le plus d’éléments possible pour que votre aventure de faire des films, de faire carrière ou de vivre votre passion du cinéma soit la meilleure possible. Voilà pourquoi je partage toutes mes années d’expériences avec vous. Mais parfois cela ne suffit pas. Heureusement le blog est plutôt actif avec, en général, un article par semaine mais surtout des centaines de commentaires tous les mois, de personnes comme vous, qui partagent leurs expériences.

Aujourd’hui le blog c’est près de 180 articles et plus de 12 000 commentaires. Autant dire que certains commentaires ne sont pas aussi visibles que cela et pourtant beaucoup d’entre eux sont très intéressants.

Voilà pourquoi j’ai décidé, aujourd’hui, de transformer un de ces commentaires en article.

Ce qui va suivre n’est pas seulement un copier/ coller du commentaire d’un lecteur du blog. Vous allez non seulement lire son partage d’expérience mais aussi avoir les réponses que je lui apporte.

Pour que cela soit le plus juste possible, j’ai décidé d’entrer en contact avec l’auteur de ce commentaire : Christophe. Connaître son parcours etc…résultat : une conversation téléphonique de plus de 2 heures. J’ai donc condensé les réponses et je les ai replacées dans leur commentaire initial pour plus de clarté.

Franchement cet article est très important de par son contenu et de par les informations et l’apprentissage que vous allez avoir.

L’autre avantage c’est que Christophe est vrai. Il sait qu’il a fait des erreurs. Il apprend et s’améliore à chaque fois. Bref, Christophe ne triche pas et ne se raconte pas d’histoire !

Cela me conforte dans l’idée que d’apprendre et connaître le milieu du cinéma c’est primordial. Voilà pourquoi je vous propose une Masterclass qui vous apprendra les rudiments et vous évitera de faire les pires erreurs et de perdre beaucoup d’argent pour rien.

Ce que je peux dire pour avoir échangé avec lui près de 2 heures c’est qu’il est d’accord avec moi pour dire qu’il faut se bouger et d’ajouter (et je suis d’accord) c’est qu’il faut oser !

jeune réalisateur

Christophe : Bonjour Tom

Tom : Bonjour Christophe, raconte-moi un peu d’où tu viens ou plutôt ce que tu as déjà fait comme parcours cinématographique ?

Christophe : Je ne vais pas m’étendre sur mon parcours perso mais j’ai un métier et le cinéma est une passion depuis de longues années et j’ai décidé de me lancer

Tom : Tu peux m’en dire un peu plus ?

Christophe : 2013 Premier court-métrage 6’30. J’en suis content.

Tom : pour un budget de ?

Christophe : 4000 euros de budget prévisionnel mais au final j’ai dépensé 8 000 euros. Le tournage s’est fait avec une Scarlet et une équipe de 15 personnes sur 2 jours. Personne n’a été payé…juste défrayé. Entre le temps de post production et la sortie du film il s’est passé 20 mois… et je n’ai rien pu en faire…

Tom : Genre tu n’avais pas fait signer de contrat ?

Christophe : Exact et au bout de 20 mois les personnes qui ont participé  ne voulaient plus que le film sorte en festival ou ailleurs.

Tom : C’était ta première expérience. Tu as fait une école de cinéma ?

Christophe : Non, Je n’y connaissais rien et encore moins en technique. J’ai trouvé une association pour porter le projet et au niveau technique c’est le chef op qui faisait le choix des focales. Certains membres de l’équipe ne voulaient pas trop me faire confiance et ont voulu changer mon découpage…j’ai tenu bon mais j’ai dû me battre avec une partie de l’équipe pour garder “le pouvoir” sur le plateau et sur mon film.

Tom : Donc tu te retrouves avec un film qui t’a coûté 8000 euros et tu ne peux rien en faire…et tu as baissé les bras ou pas ?

Christophe : non pas du tout. En 2014 j’ai fait un Ultra court de 3 minutes. Mais je ne l’ai Jamais monté.

Tom : Pour un budget de ?

Christophe : 700 euros de budget

Tom : Toujours autoproduit, c’est à dire qu’à chaque fois tu tapes dans tes économies ?

Christophe : Oui, mais je ne mets pas ma famille en danger. Ce sont des sommes importantes comme les 8000 euros du premier film, c’est un sacrifice mais un sacrifice que je peux faire. Là je tournais avec une Black magic, avec une équipe de 8 personnes.

jeune réalisateur

Tom : Mais pourquoi tu ne l’as jamais monté ?

Christophe : Je vais t’expliquer. Pour des problèmes d’autorisation de tournage, j’ai dû changer de lieux de tournage au dernier moment…j’ai dû parlementer avec des flics…mais j’arrive tout de même à tourner mes plans malgré plusieurs péripéties. Pour terminer cette histoire je n’avais pas de combo pour vérifier chaque plan…au dérushage je me suis rendu compte que tout était surexposé…et puis il me manquait des plans par manque de temps…bref inexploitable. 1 jour de tournage avec du super matos mais tout ça pour rien…

Tom : ok, donc si je résume, tu viens de dépenser 8 700 euros et une énergie de dinguepour rien ! Parce que d’après ce que je comprends tu tournes avec des comédiens pros, avec une équipe et une logistique…je veux dire par là que tu ne fais pas cela trop à l’arrache…pour quelqu’un qui s’autoproduit.

Christophe : oui…mais j’ai appris énormément et puis je suis très fier du premier film.

Tom : Et ensuite ?

Christophe : En 2015 je fais un court de 8 minutes 30. Incroyablement raté par rapport à ce que j’avais envisagé. Mais je l’ai terminé . J’avais un Budget de 8000 euros en associatif, toujours autoproduit, sauf que là j’ai créé mon association pour éviter de devoir être tributaire de quelqu’un d’autre que moi. Le tournage a duré 3 jours.

Mais j’ai fait plusieurs erreurs :

  • La fait de répéter avec les comédiens et les a “usés” avant le tournage et au final je n’ai pas réussi à retrouver ce que je souhaitais en terme de jeu une fois sur le plateau.
  • Il a eu des problèmes de lumière et pas mal d’autres dus à une équipe peu formée. Résultat un temps de fou pour, par exemple,  régler un projo….Je n’ai pas obtenu la totalité de mon film, simplement parce qu’à cause de tout ça j’ai perdu une journée de tournage sur 3…tu imagines ! Et j’ai dû tourner tout le reste vite pour réussir à avoir toute l’histoire. L’expérience faisant j’ai fait signer des contrats aux comédiens. Mais comme il manque des plans etc…je n’ai pu rien en faire

Tom : là le commentaire qui suit et que tu as laissé sur le blog parle du dernier tournage et du dernier projet que tu as fait. Avant que les lecteurs en prennent connaissance est-ce que tu peux m’en dire deux mots ?

Christophe : Oui cette année j’ai réalisé un pilote d’une série, la durée d’un épisode est de 5 minutes que j’ai écrite et dont j’ai parlé déjà sur le blog + bible + etc… J’en suis ravi! + Création d’une société + démarchage. 1 jour de tournage pour un budget de 4000 euros.

Tom : Ok, merci Christophe, on va maintenant reprendre le commentaire que tu as laissé sur le blog, que je vais commenter.

 

Commentaire de christophe :

Quelques mois plus tard je reviens donner des news. Bien modestement, il y a peut-être dans ma démarche quelques points positifs qui pourraient aider des lecteurs ou au contraire des points négatifs que tu pourrais soulever, justement pour aider les lecteurs. 🙂

Je fais simplement part de ce que j’ai fait.

  1. Pilote tourné, monté, société de prod montée,
  2. Bible bouclée avec tout ce qu’il faut dedans, dossier de présentation bouclé.
  3. Contacts selon les codes de la profession (et conseils du blog) établis: appel, envoi du dossier + du lien vers le pilote.
  4. J’ai eu mon premier refus, ce qui est complètement normal. Il aurait été incroyablement fantastique d’avoir une première réponse « positive » ou ouverte si vite.

Je ne sais pas si ça peut aider les lecteurs, mais je vais en dire un peu plus sur ma stratégie. Je ne prétends pas qu’elle soit bonne ou mauvaise. C’est la mienne. Enfin… ça a été la mienne pour ce projet.

  1. J’ai écrit la série (une grosse partie).

Tom : Tu m’as dit que c’est une série de comédie courte, 5 minutes par épisode. Tu l’as destinée à une chaîne tv ou tnt. Le problème c’est que ce format est populaire…mais assez fermé. Il faut penser, si jamais cela ne fonctionne pas à la faire migrer vers un autre média ou un autre format. Mais il serait fou de ne pas tenter sa chance.

Suite du commentaire : 

  1. b) Je l’ai proposée à deux comédiens pro qui ont accroché et qui ont accepté de tourner le pilote.

Tom : C’est une bonne chose de trouver de vrais comédiens. Je vous dis d’ailleurs comment en trouver dans la Masterclass : Comment Faire Un Film. Une chose que tu dis et qui est vraie c’est qu’en plus de se bouger, chose que je vous dis depuis le début du blog, il faut aussi oser. Oser aller vers les gens, les pros, même les plus connus…car vous n’avez rien à perdre.

Masterclass comment faire un film

Suite du commentaire : 

  1. c) J’ai créé ma boîte dans une seule optique: le démarchage. L’idée n’est pas d’être co-prod ou producteur mais de m’adresser à des éventuels « partenaires ». Pas question que je m’adresse à un diffuseur tout seul (pas de réseau, pas de production à montrer, etc.) J’établis cela très clairement dès le premier contact: ma démarche est celle de l’auteur/réalisateur, je ne veux pas produire. J’explique cela clairement car c’est très important de clarifier. En substance, je ne me voyais pas proposer un pilote tourné sous une forme associative… ça ne faisait pas très pro.

Tom : Même si cela peut paraître une bonne idée, créer une boîte pour démarcher en tant qu’auteur/ réalisateur ne sert à rien. Surtout si l’idée n’est pas d’être co-producteur ou producteur. Le fait d’avoir une boîte de prod peut aider à mieux dealer une co-production ou un partenariat avec une société. Comment ? Car ta boîte apporte tout le développement du concept de la série, le coût de l’écriture. Avoir une société de production en fonction de la localisation de ta boîte te permet d’avoir des financements.…en plus elle possède les droits. La co-production qui entre en jeu peut amener d’autres financements d’une autre région ou la légitimité aux yeux d’une chaîne ou d’une plateforme que toi tu n’as pas.

Suite du commentaire : Mais si le but c’est juste de vendre ta série…alors une boîte de prod cela ne sert à rien. En revanche les projets de courts-métrages que tu montes doivent être faits avec ta structure. Car elle te permet de trouver de l’argent, louer du matos et de faire éventuellement des fiches de paie…prendre une assurance, faire des co-pro etc…

  1. d) Quand je contacte une prod, je demande à la société si elle accepte de recevoir des projets d’auteurs/réal non identifiés ou si au contraire la société ne prend pas/plus de projet hors son réseau. J’ai eu des réponses positives (mais je cible). Bon il ne faut pas envoyer un mail avec des fautes d’orthographe…ça m’est arrivé, c’était des fautes d’inattention…car je me relis 100 fois…comme quoi parfois le stress…

jeune cinéaste

Tom : C’est le B.A.B.A ! Beaucoup de jeunes réalisateurs ou apprentis cinéastes pensent que ça va fonctionner sans faire cette première approche…grosse erreur !

Suite du commentaire : Le conseil …mais au moins la prod m’a répondu ;o) pour dire non.

  1. e) J’envoie le dossier.

Tom : Super. Juste ajouter de protéger ton scénario avant !

Suite du commentaire : 

  1. f) J’ai volontairement commencé par des sociétés (je parle de 4 sociétés en tout pour le moment) en dehors de mon (tout petit) réseau et du réseau de la comédienne principale. Pourquoi? Pour tester le truc…

Comme le conseillait Tom, c’est intéressant si lors d’un retour négatif vous recevez des indications qui permettent de faire avancer/améliorer le projet. Je ne rentre pas dans les détails, vous voyez ce que je veux dire je pense.

  1. g) Cela peut sembler curieux mais La société visée, celle avec qui j’ai vraiment envie de bosser, vient juste de recevoir le projet. Super contact téléphonique, réseau comédienne, etc…On verra. C’est la quatrième que j’ai contactée. Il fallait que j’aie rodé mon « discours ». Donc oui oui, je ne comptais pas sur une réponse positive des trois premières (une seule a répondu pour le moment mais c’est relativement frais).

Tom : Ok…Il est important de se préparer et de roder le discours. Juste une chose qui me gêne, c’est lorsque tu dis : « avec qui j’ai vraiment envie de travailler »…Il ne faut pas oublier que l’objectif c’est de trouver une production ! Si les trois autres te disent « banco » et que celle avec qui tu veux ‘vraiment » bosser te dit non…j’espère que tu ne seras pas déçu ! Il ne faudra pas ! ;o) Le fait de t’avoir parlé en direct me fait dire que non ;o)

jeune cinéaste

Suite du commentaire : 

  1. h) Partant du principe que le pilote est produit sur mes fonds, quand je parle du pilote, j’explique que l’esprit dans lequel il a été tourné est le suivant: Je n’ai pas la prétention de présenter un produit FINI et DIFFUSABLE là tout de suite. Je reste modeste. Nous, on aime le pilote et tout le reste, mais dans mon argumentaire j’oriente plus vers un pilote/prototype, une sorte de pilote avant le « vrai » pilote. Selon moi, mais peut-être ai-je tort, je suis sur un point d’équilibre entre confiance (on montre notre projet, on en est fier) et modestie (on se la raconte pas car il y a forcément des choses perfectibles).

La justification du pilote est la suivante: Il s’agît d’illustrer en images l’univers souhaité de la série, de présenter un potentiel, de faire gagner du temps aux interlocuteurs (la première chose qu’ils peuvent faire c’est de regarder le pilote et s’ils n’aiment pas, ne pas aller au delà dans la lecture du reste).

J’ai basé ma présentation sur un principe simple: les prod aiment s’investir, les prod ne sont pas que des « chercheurs de fonds », les prod ont besoin de « toucher » à l’artistique pour plein de raisons. D’abord pour améliorer ce qui doit l’être. Ensuite pour ajuster le « produit ». Car je ne perds pas de vue que ça reste un produit. Donc quelque chose qui doit être un minimum vendable.

Partant de ces principes simples, j’explique clairement que présentation d’un pilote ne signifie pas pour moi « projet définitif interdit d’y toucher ». Ce serait suicidaire, immature, incohérent, illusoire 🙂 Bref, je reste ouvert et je le dis clairement.

Tom : …Alors je parle souvent de la règle d’or…que tu transgresses. Après je ne comprends pas bien ta démarche en ce qui le concerne…mais avant de revenir sur ce point il faut que je te dise que tu vas trop vite et tu ne travailles pas dans le bon sens.

Suite du commentaire : Dans un premier temps on fait un dossier de production, ça c’est bon tu l’as fait. Dans ce dossier tu peux faire ce que l’on nomme un moodboard (cf article sur le blog) c’est ce moodboard complet avec ton dossier qui dépeint l’univers que tu souhaites mettre en image.

Tom : N’oublions pas que pour le moment tu cherches une production et pas un diffuseur ! Imagine-toi à la place du producteur…tu arrives avec une série écrite…puis avec un pilote…en gros tu lui laisses peu de place. De plus son métier c’est de savoir lire un dossier de prod, un moodboard, mais tu lui montres un pilote au cas où il n’aurait pas compris.  

jeune cinéaste

Je ne dis pas que tous les producteurs à qui tu l’as envoyé vont avoir cette réaction mais tu tends le bâton pour te faire battre ;o)  

Je reviens sur ta démarche du pilote. Tu considères ce pilote comme un prototype…Montrer à un producteur ce qu’il va devoir refaire « en mieux » n’est pas la bonne solution. De plus si ta réalisation n’est pas bonne, si ta direction d’acteur n’est pas au top non plus, tes images, ce pilote va te desservir plus qu’autre chose. Le producteur se dira que tu ne sais pas réaliser ou diriger…

Si tu décides de faire un pilote..ok…mais tu mets toutes les chances de ton côté pour que cela soit un produit fini…pourquoi dépenser de l’argent (perso en plus) pour faire quelque chose qui va sûrement devoir être refait ? Un producteur n’a pas besoin d’un pilote…une chaîne ou une plateforme oui !

Si je prends les webséries, les plateformes (les diffuseurs donc) sont contents d’avoir un pilote avant de signer (mais ce n’est pas obligatoire) ce pilote est l’image parfaite de ce que va être la série, c’est la production qui a signé avec l’auteur qui le produit…et pas l’auteur lui même. Car la production sait que si le pilote n’est pas à la hauteur ils vont se faire jeter…c’est le même principe entre un réalisateur qui vient démarcher une prod ;o)

Suite du commentaire : Bilan: oui oui j’ai mis mon argent. Oui oui j’ai les moyens de le faire (sans rouler sur l’or). Non non ce n’est pas une super idée. J’ai intégré cela il y a quelques mois.

Mais je me bouge les fesses (je reprends une de tes phrases Tom, « bougez-vous! ») même en faisant des erreurs (comme dépenser une partie de mon argent).

Tom : On ne peut pas te reprocher le contraire…tu te bouges les fesses c’est sûr !. Je tiens à dire que ce que je viens de te dire ne doit pas être pris comme : « je donne des leçons ». J’explique juste comment cela se passe et comment une démarche, qui part d’un bon sentiment, inclue dans une stratégie plutôt intéressante, peut au final te desservir. Après, si ton projet est vraiment bon, certains producteurs peuvent passer au-dessus. Mais ils ne sont pas légions à le faire : par envie ou manque de temps.

 jeune cinéaste

Si une chose est certaine c’est que tu te bouges…j’ai l’impression d’être en face d’un moi il y a pas mal d’années. Ton histoire et ton parcours me touchent. Mais tu as fait pas mal d’erreurs qui auraient pu être évitées en suivant les mises en garde présentes dans mes articles et mes formations. La différence entre toi et moi, c’est que j’ai vite compris, très vite, qu’il y avait d’autres sources de financements que mon compte en banque lol Je n’ai donc pas dépensé 20 700 euros pour faire 3 films.

Suite du commentaire : Je sais que ce post est long mais j’ai choisi de tout faire d’un seul coup plutôt que de venir tous les mois parler de mes avancées.

Tom, merci pour les conseils que tu m’as donnés il y a quelques mois. N’hésite pas à me titiller sur des choses qui te paraissent être des erreurs. En toute sincérité, je ne mets pas d’ego là-dedans. J’apprends chaque jour et je ne m’arrêterai plus de toute façon. Je reste sincèrement à l’écoute de toute remarque, critique, etc…

Tom : Ben là je pense que je viens de te titiller ;o)

Suite du commentaire : Je me suis testé, le tournage a été merveilleux, et quand je fais le bilan de la dernière année je ne suis pas mécontent. J’ai tourné mon second court, je l’ai complètement foiré (et je sais pourquoi, ce qui est un super apprentissage), j’ai fini d’écrire un long que j’aimais à l’époque et que je n’aime plus (trop maintenant), j’ai monté ma boîte, j’ai bouclé le projet de série/pilote pour le présenter à des prods, je suis en cours d’écriture sur tout autre chose (un nouveau long) et je suis ici à raconter tout ça 😉

Tom : Tu me parlais de produit tout à l’heure. Personnellement je n’ai pas de problème avec ce langage. Tout comme mainstream ! Il n’y a rien de mal à faire du mainstream…mainstream ne rime pas forcément avec médiocrité artistique…

jeune cinéaste

Un projet mainstream a une forte valeur universelle ainsi qu’un potentiel de diffusion et d’achat important ! Ce sont les projets mainstream qui permettent aux projets plus confidentiels ou plus « auteur » de voir le jour. Il faut qu’en France on se débarrasse de cette image poussiéreuse de l’auteur/ réalisateur qui met des nœuds dans le cerveau des spectateurs et qui refuse de faire des projets mainstream sous peine que c’est pactiser avec le malin lol !!

Faire des films (et séries) est un art. Il y en a pour tous les goûts.

Suite du commentaire : Bref, très sincèrement, je suis dans le lâcher prise pour la série et j’attends de voir. Je vous tiendrai informé.

Dans ce bilan, je re-note (certes HS ici) le message plein d’espoir de Maria ce matin. C’est la preuve qu’en faisant les choses dans l’ordre (écrire/prendre conseil/retravailler/envoyer le synopsis + note d’intention) on peut, même en étant inconnu(e) établir un contact avec retour.

Tom : Tu prêches un convaincu. La réussite ne tient qu’à vous tous ;o) A vous d’appliquer les bonnes pratiques comme les conseils donnés sur le blog ou des professionnels que vous pouvez rencontrer. Si j’avais fait la masterclass en 2014 tu aurais sûrement perdu moins d’argent et peut être de temps.  

Merci à tous, merci à Tom.

Christophe

Tom : Merci à toi Christophe pour le partage de ton expérience et de m’avoir donné un peu de ton temps Vendredi. Tiens-nous au courant pour la suite de tes aventures.

Tom

À PROPOS DE TOM WEIL

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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  • Babylon Slave

    en mode grosse déprime de ouf, je viens de recevoir mon montage, donc je viens de voir mon film, mon film est naz, c’est un échec, on comprend mais alors QUEDALE a l’histoire, j’étais bien prétentieux de croire que mon scenar tenait la route! encore une fois t’avais raison TOM, PASSEZ PAR UN PRODUCTEUR!! qui aura un oeil professionnel sur votre boulot, et vous le rendra forcément meilleur et surtout regardable et compréhensible pour le spectateur. Entre l’écriture du scénario et la réa, je me suis investi pendant des mois sur ce film (enfin je dirais plutôt cette tentative de film ^^), tant d’énergie et d’argent dépensée pour rien, tout ça pour rien.

    • Bonjour Babylon Slave,

      Alors attention, tu peux être déçu du résultat c’est vrai, mais peut-être faut il prendre un peu de recul. Ton film est forcément moins bien que ce que tu as pu imaginer.

      Ton tournage a normalement dû te donner les premiers signes de dysfonctionnements, mais dans la course, qu’est la réalisation et la production d’un film, ces signes peuvent passer inaperçus…

      Prend un peu de temps…il y a peut-être quelque chose à faire. Si ton scénario tiens la route, c’est peut être le montage qui peut te sauver. Si tu n’as pas toutes tes séquences…là c’est un peu plus problématique.

      Si ton scénario ne tient pas la route….écrire un scénario obéit à des règles…je sais c’est chiant…cela peut paraître parfois tuer « l’art » mais en regardant de plus prêt il n’en est rien.

      Je suis désolé que tu aies perdu de l’argent et que tu sois déçu…je déçu que tu rejoignes mon club, vu que j’ai vécu ça il y a quelques années maintenant…et que je fais parfois office de vieux con…mais sache que ce que tu as appris et cet échec…si tu le veux…peuvent devenir une force et t’aider à t’améliorer.

      Si tu veux, exceptionnellement, je veux bien y jeter un oeil. Je ne fais plus ça sur le blog, je le fais pour les membres du site privé..mais tu es un fidèle lecteur du blog…la balle est dans ton camp.

      A bientôt,

      Tom

      • Babylon Slave

        re,

        je t’ai envoyé un MP sur ton mail commentfaireunfilm, euh par hasard, est ce que je peux t’envoyer mon scénar, comme ça tu pourra me dire vite fait s’il vaut qqch (ou pas) ce sera plus rapide que de regarder mon film, l’analyse sera plus rapide 🙂

  • Babylon Slave

    salut Tom,

    Sa fait un petit moment que j’ai pas reposté dans le coin, mon court de 6min ETAT D’URGENCE est toujours en post prod, d’ailleurs petite question au passage en post prod, au niveau montage y’a le montage vidéo, le montage son, mixage et l’étalonnage si je me trompe pas, est ce que ça suffit ou y’a encore d’autres étapes?

    Autre chose j’ai envoyé des contrats à mes comédiens après le tournage, je les ai relancé 3 fois, et ils m’ont toujours pas renvoyé les contrats signés, est ce que je lâche l’affaire ou j’insiste encore?

    Et petite réflexion au passage, Tom tu dis qu’il faut éviter au maximum les films auto produit, mais le gros avantages c’est qu’on à une liberté totale sur le scénario et la réalisation, et ça c’est quand même pas négligeable, je l’ai ressenti cette liberté sur mon court et bah c’est cool en fait 🙂 (même si sûr mon prochain court j’aimerais quand même passer par un producteur)

    et re petite réflexion (j’espère que je m’éloigne pas trop du sujet), après avoir découvert Vogler et Campbell grâce à toi Tom, je remonte à des sources plus lointaines (enfin aussi lointaine mais du moins plus profonde) puisque je m’intéresse de très près a Carl Jung, et j’espère intégrer ses concepts dans mes scénarios qu’ils prennent une dimension plus profonde et plus mature, mais peut on vulgariser le travail de Jung et le faire comprendre de tous, et comment?

    • Bonjour Babylon Slave,

      Il y a aussi la confo…enfin à l’époque…je ne sais pas si c’est toujours d’actualité…je vais me renseigner.

      Premièrement ERREUR ! On n’envoie pas de contrat aux comédiens après le tournage…mais on les fait signer avant de tourner ! C’est normal qu’ils ne te répondent pas…ce sont des comédiens :o)

      C’est un problème que j’explique dans la Masterclass…

      En ce qui concerne ta réflexion : Oui tu as raison cela donne une certaine liberté…mais tu n’as pas de retour…de retour d’un pro qui connait le marché, qui à l’habitude de tourner et qui pet te guider sur tes choix….Tu n’as pas non plus le « vrai » rythme d’un tournage avec les inconvénient. De plus un film auto-produit à souvent moins d’argent..

      Le réalisateur qui s’auto-produit gère tout, seul, à du mal à bien s’entourer…et a déléguer. Même si tu n’as pas eu ces problèmes tu as été sollicité plus que tu aurais dû car souvent le réalisateur auto-produit est : réalisateur, producteur, auteur, dir prod ! De ce fait il ne peux pas se consacrer pleinement à sa réalisation et sa direction d’acteur.

      Pour l’avoir fait je sais que c’est que llautoproductioôn est une des meilleurs écoles….mais ce n’est pas complètement la réalité d’un tournage produit.

      Pour ta deuxième réflexion : Évidement Carl Jung est un des pères fondateurs ;o) Tu as raison de t’y intéresser !

      A bientôt,

      Tom

  • Steven

    Bonjour Tom, Christophe et aux autres lecteurs,

    Tout d’abord un grand merci à Tom pour cet article très intéressant et constructif. Ensuite je te félicite, Christophe pour ton parcours et ta ténacité.
    J’ai plusieurs questions.

    J’aimerais savoir comment tu t’y es pris pour fédérer l’équipe technique dont tu avais besoin, et surtout, comment les as-tu convaincu de ton projet.

    Il y a aussi quelque chose que je ne suis pas sûr d’avoir compris.
    Pourquoi il se passe une période de 20 mois entre la postproduction et la sortie de ton premier court?
    Et pour quelles raisons les personnes qui y ont participé ne sont plus enthousiastes à l’idée de présenter le film dans un festival ou autres?

    On voit à travers ton expérience que certains conseils de Tom sur le blog ne sont pas à prendre à la légère, comme l’autofinancement par exemple…

    Je te souhaite une bonne continuation dans tes projets, et pourquoi ne pas venir nous en faire part à l’avenir 😉

    A bientôt,

    Steven

    • Christophe beagle

      Bonjour Steven, bonjour à tous,

      1. Pour fédérer une équipe j’ai fait le tour de quelques asso avec mon scénario. Assez facile de fédérer quand tu as un peu d’argent pour prendre toutes les dépenses en compte. Ils ont aussi aimé le scénario au début. Plus facile de fédérer aussi quand tu peux louer du beau et bon matos. Ce qui était mon cas.

      2. La post prod a pris du temps a) parce qu’il manquait des plans (enfin presque, disons que j’avais une marge de manoeuvre très réduite) et que pour cette raison il n’était pas question de confier le montage intégral à un tiers. Donc quand tu montes toi-même, il faut prendre du temps, donc du recul entre les sessions de travail de montage. b) ensuite, pour la finition, j’avais un monteur pro gratuit mais hyper occupé. Quand c’est gratuit, tu acceptes d’exploser les dead-line. c) quand il a été dispo je n’ai pas accepté ses idées de montage trop loin de mes intentions. Il a fallu le temps de retrouver une monteuse, elle aussi accaparée par ses projets, d) je m’implique jusqu’au bout sur les diverses versions de montage, ça prend du temps, e) pour l’étalo et le mixage son il fallait également faire avec les dispo pro de l’étalonneur et de l’ingé son. e) il y a eu la création de la musique. Je m’implique aussi bcp. Or, il a fallu qu’on se comprenne avec le compositeur.

      3. Pour une question de confidentialité et pour ne nuire à personne je n’ai pas voulu qu’on donne trop de détails. Tom a respecté mes souhaits. Comme le lien du film n’est pas sur le blog, je peux donc finalement dire qu’il n’y avait qu’une seule personne qui n’était pas « chaude » pour diffuser le court en festival. Une comédienne qui estimait qu’entre le tournage et la mise à dispo du film, son jeu avait « évolué ». Elle avait peur qu’on l’amalgame au jeu qu’elle a développé dans le film. Mais en réalité c’est beaucoup plus complexe que ça. Difficile de tout dire ici. Peut-être que le court est naze va savoir? 😉

      4. je te cite: « On voit à travers ton expérience que certains conseils de Tom sur le blog ne sont pas à prendre à la légère, comme l’autofinancement par exemple… »

      Avec cette phrase on a l’impression que je regrette ce que j’ai fait et que j’ai perdu temps et argent. Faux archi faux. Il m’en reste encore 😉
      Et je me suis formé. Simplement, l’article est tourné dans un certain sens pour éviter que de moins « riches » que moi ne perdent leur argent. Et c’est très bien d’alerter. Je voulais que ce soit comme ça.

      Mais cela dit, j’estime qu’il faut peut-être arrêter de tj tj critiquer l’autofinancement. Comprends bien et comprenez tous que je vous envoie un GRAND smiley en disant ça mais… chacun reste libre, tout de même! Tom fait un super blog. Y a rien à redire, nous sommes tous d’accord.

      Mais l’autofinancement est un mode de production utilisé dans de nombreux pays. La France permet autre chose, il y a un système, de l’argent etc, mais je me permets tout de même de dire que cet argent n’est pas forcément utilisé pour le meilleur… Et j’estime qu’à un moment on peut avoir de très bonnes raison de mettre son propre argent. Voyez le cinéma Iranien, Hongrois, Roumain (courts), anglo-saxon, etc, Je vous promets que bcp nous envie mais bcp rigolent aussi sur le montant des devis des films (longs compris) en France… bref, c’est pas le sujet (quoique…).

      J’ai fait 4 réal en 4 ans et j’ai énormément appris, croyez-moi. Et je ne conseille à personne de mettre autant, c’est certain.
      Je ne renie pas l’article mais ce n’est pas parce que je dis que je pouvais réaliser pour moins cher que j’ai des regrets.

      Le message que je veux faire passer c’est qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire du « cinéma ». On peut aussi décider de réaliser en autoprod pour pouvoir avoir qq chose à montrer lors d’une recherche de financement ultérieure. Certains roulent en Porsche, moi j’ai réalisé des films 🙂
      Je suis très intéressé de savoir combien ont été produits via la voie classique en 4 ans sur le blog.
      Il y a des tas de conseils judicieux et oui, j’aimerais savoir combien les ont suivis, qui a réalisé, qui a été en festival, etc… Egalement, j’aimerais savoir combien ont réalisés en autoprod aussi.

      Je suis long (désolé) mais je crois qu’entre l’article et les commentaires, il y a comme un malentendu. Tout comme il y a malentendu entre la possibilité A (se faire financer) et la possibilité B (tenter des « trucs » et se former, se tester sans rien demander à personne, sans RIEN attendre).

      Je viens de me relire 🙂 Bon, qu’il n’y ait pas de malentendu: je ne suis pas anti prod lol. Simplement ce n’est pas une tare ou une maladie de ne pas faire « comme tout le monde dit »… 😉

      Bonne nuit les petits.

      Christophe

      • Bonjour,

        Juste des petites notes.

        1) On fédère une équipe sur l’énergie et le scénario…forcément avoir de l’argent c’est mieux (et pas forcément le sien)

        2) Le lâcher prise aussi des fois c’est bien ;o)

        4) Effectivement l’autofinancement n’est pas à prendre à la légère. Non la phrase de Steven ne donne pas l’impression que tu regrettes.
        Loin de moi de critiquer l’autofinancement…mais il doit par exemple venir en soutien sur des petites sommes et non pas sur le financement complet du projet, de plus il ne doit mettre en péril la stabilité financière du porteur de projet.

        Je ne peux qu’être d’accord avec toi sur les montant d’un devis Français comparé à d’autres pays. Perso je serais aussi curieux de savoir combien se sont fait financer par des structures etc…Mais je serais aussi curieux de savoir combien de films autoproduits sont allés en festival de catégorie 1…ou si ces auto productions ont réellement eu une réelle diffusion.

        Un scénario comme un film est fait pour être vu…si c’est pour qu’il reste dans un tiroir…je ne vois pas l’intérêt. J’insiste sur ce point car même si l’autofinancement reste un moyen rapide de faire un film…il est rarement gage de tremplin, de diffusion et encore moins de retour sur investissement tel que beaucoup de jeunes cinéastes le pense.

        ;o)

        A bientôt,

        Tom

        • Steven

          Bonjour à tous,

          Merci Christophe pour ta réponse détaillée et Tom pour tes précisions.

          Christophe, j’espère que tu n’as pas été froissé car ce n’était pas mon attention, en fait quand Tom te dit que tu as dépensé 8700 euros et ton énergie pour rien, je me suis souvenu de toutes les fois où il déconseille de s’autofinancer et plutôt de trouver l’argent ailleurs, et cela sur plusieurs articles, sur plusieurs années.

          Et loin de moi l’idée que tu aies perdu ton temps puisque malgré tout tu étais en apprentissage, d’ailleurs tu le dis toi-même et tu es très fier de ton premier court.Surtout que tu as monté ton projet, si je ne me trompe pas, sans réseau et sans connaissances techniques à la base.Et ça c’est plus que respectable.

          Mais avec le recul, si tu pouvais recommencer, t’y prendrais-tu de la même manière? 😉

          A bientôt,

          Steven

          • Christophe beagle

            Bonjour à tous,

            Non non non je ne me suis pas du tout froissé mais l’absence d’intonation/gestuelle/regard d’un message écrit peut souvent engendrer des petits malentendus 🙂

            J’espère que nous aurons des messages de ceux qui ont réussi à être produit ces quatre dernières années (sans réseau, sans école, sans connaissances, pour un premier court). J’espère aussi que nous aurons des messages de ceux qui ont fait comme moi. Ce serait super qu’on puisse comparer le nombre de films tournés ces quatre dernière années, etc… et leur destinées (ou l’absence de destinée comme les miens ;-)).

            Steven: si c’était à refaire, est-ce que je ferais différemment? Pour mon premier, n’ayant pas les compétences techniques que j’ai aujourd’hui (très modestement hein!), n’ayant pas de réseau, n’ayant pas fait d’école, n’ayant rien réalisé avant, réussir à être produit sur scénar j’ai un très gros doute. N’oublions pas que j’ai tenté en 97. Sans succès.
            N’oublions pas que bcp se sont testés (comme moi) grâce à l’arrivée du numérique. Bien sûr avec bcp moins d’argent 😉

            Donc pour le tout premier je recommencerais en partie.
            Je m’explique. Je m’entourerais d’une asso et je financerais, oui, mais PAS à hauteur de ce que j’ai mis. Pas de Red one, pas de location de villa, etc…
            Avec le recul, je vois très bien le rapport coût/résultat de mes films et de films de réal proches de moi (certains très réussis pour quasi rien!).

            En divisant pas 3 ou 4 (donc en gros pour 2000/3000) je ferais le premier et le résultat serait le même. Je tournerai avec moins de monde même si nous étions moins d’une quinzaine. Ce n’est qu’après que j’agirais différemment. Perso, j’avais besoin de réaliser plus ou moins en mode « guerrilla » (en plus le terme est inadéquat puisque j’avais les autorisations, j’étais assuré, etc…). Disons que « ma » route était de mettre les mains dans le cambouis.

            Pour mes réal suivantes, voici ce que je ferais: Avec un premier film fini, je monterais ma boîte de prod (plus tôt que je ne l’ai fait) et « j’engagerai » un ou une étudiant(e) ou qqun qui sort d’une école. Qqun capable de gérer l’aspect prod. Engager ne veut pas dire salaire. Mais deal pour aller chercher de l’argent et se construire une image ensemble par un film réussi. C’est ce que je ferais uniquement si le premier film est réussi (au fait, je ne suis pas TRES fier de mon premier court, mais fier et content, oui ;-)). Il mérite pas non plus la palme d’or, hein 😉

            Pour rappel, mon court de 2015 (le troisième), lui, aurait été sans doute réussi en autoprod avec 2000 euros alors qu’avec plus de 8000 il est foiré! Trop de moyens techniques tuent parfois la créativité (quand tu as des gens qui viennent à peine d’avoir le permis, c’est pas utile de leur confier une ferrari ;)). L’argent ne fait pas tout. Les erreurs de choix du réal oui! (moi en l’occurence).

            Pour Tom: les longs autofinancés dans le monde qui ont été en vrai festival (pour moi Sundance c’est pas de la daube, je ne sais pas ce que tu en penses), on les connait. Il ne sont pas français et ils sont surmédiatisés bien sûr. Et oui, pour un Christopher Nolan cette année là, il y a la même année 1OO autoprod ratées! C’est certain.

            Et en France, depuis 10 ans, à part Donoma (qu’on peut ultra critiquer pour son manque total de maîtrise technique), aucun film français autoproduit et sans diffuseur n’a pu exister ne serait-ce qu’un minimum (je ne sais plus pour V.Donzelli, mais de tte façon elle avait un réseau si ma mémoire est bonne).

            Pour Nolan, vu le système britannique il n’avait pas d’autre choix. Et c’est vrai que finalement, ce que je critique chez nous c’est le « formatage » à la française par lequel tu « dois » être assisté par l’état ou divers organismes. On n’apprend pas, dans notre pays, à se mettre les mains dans le cambouis, à créer sans argent, sans aide, à être démerde.

            Pour ma part, je pense qu’il faut des aides, mais qu’avant de les fournir, il faudrait peut-être montrer de quoi on est capable.

            Mais j’ai conscience que mon avis semble à contre courant du blog alors que pour moi c’est juste un « avis » que je considère comme « complémentaire ». Il est évident que pour qqun de 20/25 ans, si j’avais la légitimité de lui donner un conseil, et j’estime que je ne l’ai pas, je lui dirais:

            Tourne un premier « truc » sans argent du tout. DSLR ou petite caméra prêtée, durée courte, des comédiens (pas des potes), tout le process d’un film bien construit (histoire, choix des comédiens, son, décor, un peu de lumière, costumes, montage, etc) mais sans argent destiné à de la loc, sans payer personne, etc… une sorte d’exercice de style pour « voir », pour se « tester », pour se « situer »…

            Je parle d’un « premier » projet ou « pré-projet », c’est tout. Je pense qu’il y a de la place, de l’espace pour ça, et que ça permettrais peut-être d’arriver mieux armé sur un premier « vrai » projet produit.

            Voilà donc un post complémentaire à ma première réponse.

            Vu que désormais j’ai la chance de disposer de tous les moyens techniques pour réaliser/post produire sans louer quoique ce soit, je devrais peut-être réaliser un très court film pour « zéro » (c’est de la triche vu que le matos a bien un coût de toute façon) et de le poster ici (raté ou réussi) plutôt que de poster de si longs messages 😉

            A bientôt!

            Christophe

          • Bonjour Christophe,

            Je reprends ce que tu écris :

            Mais j’ai conscience que mon avis semble à contre courant du blog alors que pour moi c’est juste un « avis » que je considère comme « complémentaire ». Il est évident que pour qqun de 20/25 ans, si j’avais la légitimité de lui donner un conseil, et j’estime que je ne l’ai pas, je lui dirais:

            Tourne un premier « truc » sans argent du tout. DSLR ou petite caméra prêtée, durée courte, des comédiens (pas des potes), tout le process d’un film bien construit (histoire, choix des comédiens, son, décor, un peu de lumière, costumes, montage, etc) mais sans argent destiné à de la loc, sans payer personne, etc… une sorte d’exercice de style pour « voir », pour se « tester », pour se « situer »…

            Tu n’es pas du tout à contre courant du blog. J’aurai pu dire la même chose.

            Tom

          • maria

            Bonjour Tom, Christophe, Steven, et tous.
            J’avais tout à fait remarqué l’adéquation quasi parfaite des derniers propos de Christophe b. , avec ce que Tom n’arrête pas de préconiser.
            Je ne suis pas « entrée » plus tôt ici, parce que, Steven, j’ai enfin (! ) visionné « Enemy ». Je t’en parle – longuement … Trop peut-être, TOM, ? – après l’article « L’élément déclencheur de votre scénario ».
            Bonne fin de journée à tous.
            Avec vous, pour le ciné !
            ☼) maria

          • Steven

            Bonjour Christophe,

            Merci pour cette réponse très intéressante.
            Ce n’est pas la première fois que j’entends le conseil de tourner un premier court sans moyens avec une équipe réduite histoire de se « situer » comme tu dis.Et histoire de ne pas gâcher un projet qui nous tient à coeur.

            Et oui, je pense que ce serait une bonne chose de venir partager une prochaine réalisation sur le blog 😉

            A bientôt,

            Steven

  • Christophe beagle

    Bonjour à toutes et à tous,

    Oui Maria, il s’agît bien de mon cas 🙂
    Tom m’a demandé si faire un article sur mon expérience de « jeune » (40 ans largement passé) auteur/réalisateur qui démarre me faisait envie. Or, de mon côté, j’en avais très envie. Pourquoi? Pour permettre aux autres de ne pas commettre les mêmes erreurs que moi. En prime, lors de notre échange téléphonique, Tom m’a donné trois conseils très judicieux. Ça c’est le début. 🙂

    La suite, c’est que fondamentalement, je suis d’accord avec Tom quant au financement de nos films courts ou longs. On a un tel système d’aide en France qu’il est dommage de ne pas en profiter.

    Pourquoi ai-je financer moi-même? Suite à un malentendu, une fausse croyance de ma part: J’étais persuadé qu’il fallait attendre deux ans pour obtenir un éventuel financement. Tom m’a éclairé sur ce point. Il n’en n’est rien. Finalement, accepté ou refusé, il semble que les réponses soient bien plus rapide. Première good News.

    Cependant, dans cette expérience, tout n’est jamais noir. Il faut savoir que mes réalisations m’ont beaucoup appris. C’est même énorme! Il faut savoir aussi que j’avais épargné beaucoup beaucoup et que les chiffres fournis sont raisonnables par rapport à ma capacité de financement à l’époque.

    Évidement, comme dit dans l’article, je me suis heurté à des personnes pas tj bienveillantes (en matière artistique) ou compétentes. Surtout quand vous arrivez avec de l’argent, cela peut susciter des petites jalousies.
    Mais j’ai aussi rencontré des personnes formidables, constitué un petit réseau, pris de l’expérience. Bref, Tom a raison sur le financement, mais croyez moi, je ne regrette pas.

    Une chose très importante que je tiens à préciser en complément de Tom. L’un de mes films qui a coûté 8OOO euros aurait pu être fait pour 2000. Heu….. Attention, il AURAIT dû être fait pour xxxx euros qui ne m’appartenaient pas bien sûr. Il aurait pu coûter 8000, 15000, etc, sans que j’y mette un euro de ma poche. Mais ce que je veux dire, c’est que j’aurais pu faire le film pour 4 fois moins que la somme dépensée à l’arrivée. Si ça vous intéresse de savoir comment/pourquoi, si ça peut faire vivre ce partage d’expérience, cette discussion, n’hésitez pas à poser des questions ici, je me ferai un plaisir de vous répondre.

    Si Tom est ok et si vous avez des questions ciblées, welcome. Je répondrai. Pas dans la demi heure bien sûr, mais si je peux faire avancer le propos, ce sera avec plaisir 🙂

    Merci à tous.

    Christophe

    • maria

      Bonjour TOM, Bonjour Christophe b.
      Ici , entre souvent un autre Christophe, voilà pourquoi je spécifie !
      1) 40 ans même passés est un âge charnière pour les projets , un renouvellement.
      On en fait plusieurs dans sa vie, on s’adapte aux désirs du moment.
      2) En parlant finances, Tom a mis en garde combien de fois les futurs réal’.
      Je ne vais pas faire de la pub ici, sauf si, toi, Tom, tu me le demandes. Juste évoquer l’idée d’un producteur devenu célèbre, qui expose l’idée de mutualiser les projets. On met une somme, une sorte d’avance. Le contrat stipule ensuite que quand le film sort, bon ou mauvais, la dite somme est remboursée intégralement ( bénéfice de 0 % si mauvais) .
      3)Christophe, tu parles de fautes d’orthographe. Aille ! j’en ai fait une belle à Cinémacam ! ( J’aurais dû écrire: Ta réponse EST fairplay).
      4) Faire lire aux autres mon projet, ça m’a causé plus de déboires qu’autre chose, et ça m’a fortement ralentie. J »ai mis moi-même un temps fou à écrire ma fiction en termes de ciné, à comprendre le cinéma tout court, grâce à ce blog, je pense avoir pigé, un peu…
      j’en avais oublié le sens même de  » personnage » .
      5)Pour les fautes, OK ! Ça, je peux le faire moi-même….les relectures sont fastidieuses!
      6) Tous mes souhaits vont vers toi, Christophe et vous tous.
      Cordialement de
      ☼) maria.

      • maria

        Cette fois, c’est à toi, TOM, que je pose une question.
        Tu dis à Christophe de ne pas être déçu si la prod’ escomptée répond négativement.
        Mon cas n’est pas le même: je ne réalise pas, j’écris c’est tout. (C’est déjà pas mal) !
        Parmi les prod’ que j’ai démarchées, évidemment j’ai mes préférences. L’une d’elles, d’après son secrétariat, répond de toute façon, positif ou négatif.
        Imaginons la réponse positive, que j’aie une suite avec elle. Par politesse et respect, me faudra-t-il en avertir la première et annuler mon RV, ou attendre qu’elle me fasse signe ?
        Ça m’étonnerait mais pourquoi pas après tout ? Il me faut l’envisager.
        Bien cordialement de
        ☼) maria

        • Bonsoir Maria,

          Si la première te dit banco…ne cherche pas signe ! Tant que tu n’as rien signer tu vas aux deux rendez-vous…Mais tu peux la jouer fairplay en disant à chaque prod que le projet intérêsse l’une et l’autre…ça peut les aider à se décider. Si tu signe tout de suite avec l’une ou l’autre tu préviens celle avec qui tu n’a spas signer pour éviter que tout le monde perde son temps.

          En revanche si tu n’as pas d’intérêt franc de productions, tu ne dis rien.

          A bientôt,

          Tom

    • Bonsoir Christophe,

      Merci pour ce complément ;o)

      Je ne vois pas d’inconvénient en ce qui concerne les questions que les internautes souhaitent te poser ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • soumia

    bien reçu, bien compris, bien aimé. Merci

  • Très intéressant, merci!

    Je commence également à me lancer sur un projet personnel. J’ai écrit un scénario de court, je l’ai transmis à plusieurs personnes pour relecture, je l’ai retravaillé plusieurs fois, j’attend encore le retour de quelques relecteurs. En parallèle j’ai écrit un dossier de production en suivant tes conseils sur les articles de ton blog. Et je commence à fouiller les producteurs sur le site Unifrance pour identifier ceux qui ont déjà produit des films un peu dans le genre de mon projet. Mais je ne les contacte pas encore: je veux vraiment finaliser le scénario suite aux prochains retours de relecture et consolider le dossier de production avant de commencer à prendre contact! Et aussi, une fois finalisé et avant de prendre contact, j’enregistrerais le scenario à la SACD.

    • maria

      Si tu veux, TOM, tu peux effacer le commentaire qui va suivre.
      Bonjour CINÉMACAM,
      Tu doubles Tom, j’ai reconnu le listing de sa master class, à laquelle je me suis empressée de m’inscrire.
      Comme le souligne Henri-Pierre (coucou ☼, je lis entre tes lignes), il échange son savoir, se coupe en 4, et trouve le moyen de remercier ses « ouailles ». Un comble !
      Bien sûr, tu ne pouvais pas savoir !
      À ta place, je lui demanderais d’effacer le lien, ou alors que lui, ose le faire !
      Pardon d’ajouter mon grain de sel.
      Sincèrement.
      ☼) maria.

      • Heu… J’imagine que la master class de Tom va bien au delà que de transmettre un lien public, accessible à tous par une bête recherche google sur la phrase « Exemple de scénarios » 🙂 Mais bon si ça devait être un souci Tom pourra supprimer bien sûr.

        • maria

          Ta réponse et fairplay, Ne sois pas fâché, Cinémacam, surtout…
          Eh! bien ! j’assume ma bêtise, LOL ! Parce que perso, même en mettant ta phrase clé sur Google, elle ne s’est pas ouverte.
          ☼)

    • Bonsoir cinémacam,

      merci pour les compliment ;o)

      Tu as le bon process, il n’y a que comme ça qu’on l’on peut y arriver. Tiens moi au courant.

      A bientôt,

      Tom

  • Henri-Pierre Juguet

    Salut Tom, Christophe, Maria, et les autres.
    Voilà pourquoi j’aime bien Tom : il passe du temps à faire le blog, à donner des conseils, il prend deux heures de son temps pour donner des conseils à Christophe, et à la fin c’est lui qui remercie Christophe ! Vous en connaissez beaucoup des gens comme ça ? Chapeau.
    ça ne fait pas avancer la discussion, mais je trouvais important de le remarquer.
    Tom, tu es remis des suites de l’inondation ? ça a dû être chaud tout même…
    Bonne journée.

    • Bonsoir Henri-Pierre,

      Je suis un garçon poli et je trouve normal de remercier les personnes qui te donnent de leur temps ;o)

      Merci pour ce commentaire et surtout de me demander des nouvelles de mon inondation….tout est rentré dans l’ordre. J’ai perdu pas mal d’outils et des matériaux…bref rien de grave, que du matériel. J’ai mis 3 jours à vider la cave…1 mètre d’eau…la valse des assurances…

      Mais toujours debout ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • maria

    Bonjour Tom, et coucou Christophe beagle !
    En lisant le seul titre, j’ai compris de qui il s’agissait…
    Certes, j’ai trouvé ton parcours, Christophe, super de dynamisme et d’enthousiasme, mais comme toi, Tom, tu nous mets sans cesse en garde, je savais bien que pour ta générosité de participant à la prod’ de ton œuvre personnelle, il émettrait son « titillement » , ferait les réserves nécessaires, indispensables.
    Mon émotion est au zénith, quand tu me cites, Christophe, et que toi, Tom, prends le relais, ☼) même si je suis certaine que rien n’est fait.
    Tout simplement, je me suis montrée moi-même, à travers mes personnages, ou plutôt en me cachant derrière eux. Et davantage, puisque dans le mail de présentation, c’ était moi, sans paravent cette fois.
    Ma vraie motivation, que j’avais zappée, trop prise dans cette fiction.
    Tous mes souhaits vont vers vous.
    Avec vous deux, avec vous tous, pour le cinéma.
    Cordialement de
    ☼) maria

    • Bonsoir Maria,

      J’ai repris le commentaire de Christophe, tu étais dedans…par respect pour Christophe je n’ai pas changé une ligne. Je pense en, que de part ton parcours, il est indispensable que les lecteurs sachent que c’est possible. Même si ton rendez vous ne débouche sur rien !

      A bientôt,

      Tom

      • maria

        Re, TOM,
        Bien sûr, je n’ai pas trop à m’ enorgueillir de mon « exploit ». C’est à tes conseils que je les dois plus qu’autre chose. Je suis quand même un peu fière d’ avoir su les appliquer. LOL !
        Sincèrement de
        ☼) maria.