Le directeur de la photographie, c’est quoi ? et pour qui ?

Le chef opérateur ou directeur de la photographie

Cette semaine je vais vous parler d’un poste primordial pour vos projets : le chef opérateur. J’en ai rencontré pas mal et je peux vous dire qu’aucun chef opérateur ne ressemble à un autre chef opérateur ! Comme à tous les postes, il y en a des géniaux et des moins (beaucoup moins) géniaux. Là je parle de leur capacité à faire la lumière mais aussi de leurs qualités humaines…

D’ailleurs, une blague connue dans le cinéma et la TV tourne pas mal, cela donne ceci : Quelle est la différence entre un chef opérateur et Dieu ? C’est que Dieu ne se prend pas pour un chef opérateur ! LOL Elle me fait toujours rire celle-là.

Mais avant de vous parler du chef op, je tiens à vous donner quelques nouvelles de Femmes&Cinéma, je n’en ai pas énormément pour le moment la première c’est que l’annonce des résultats se fera courant Avril…cela laisse présager beaucoup de lecture pour nos amis productrices LOL Pour tout vous dire il y a eu un peu plus de…

…200 scénarios envoyés !!!! Et il y a prêt de 30 scénarios envoyés par les lecteurs de Comment Faire Un Film…Dés que j’ai d’autres news je reviens vers vous ;o) Ce qui signifie qu’il y a une chance pour que l’un d’entre vous réussis à être dans les 6 sélectionnés….mais ce ne sont que des maths, des statistiques…rien à voir avec l’artistique et le talent…

chef opérateur promo et calque

Mais au fond un chef opérateur c’est quoi ? Il fait quoi exactement ?

Le chef opérateur ou directeur de la photographie (c’est la même chose ;o)) est engagé sur un projet en amont. C’est le 1er ou plutôt le deuxième technicien engagé, pour être exact, car le premier c’est le 1er assistant réalisateur. En fonction du projet : court-métrage, téléfilm ou long-métrage , le chef opérateur peut s’occuper de la lumière mais aussi du cadre c’est à dire qu’il est derrière la caméra.

Alors il ne bouge pas la lumière lui-même, c’est à dire qu’il ne déplace pas les projos, ce sont les électriciens qui le font. Le chef opérateur sculpte la lumière et lui donne « une âme ». Chaque film a sa « couleur » et son ambiance lumière. Cette tonalité est fabriquée par le chef opérateur selon les envies du réalisateur.

Comme pour beaucoup de chefs de poste sur un tournage, le chef opérateur lit le scénario et discute avec le réalisateur pour comprendre la vision de son film.

Je vous dis très souvent qu’au delà du scénario, le découpage technique appuie, accompagne et raconte, à sa manière, l’histoire. Et bien, pour la lumière c’est la même chose, elle fait partie de la narration. En fonction de la scène, la lumière peut créer une ambiance, des ressentis, des sentiments…bref de l’émotion.

Je viens de terminer un film d’anticipation, je vous en ai parlé la semaine dernière ;o) Et bien, pour ce film le réalisateur, avec l’aide du chef opérateur, a défini quelles seraient les couleurs/ teintes dominantes, allant jusqu’à créer des nuanciers. Ces nuanciers, les ambiances désirées, ont permis aux autres départements artistiques, comme les costumes et la décoration, d’être dans la bonne mouvance

cellule chef opérateur

Mais avant tout cela, ces choix artistiques ont influencé les repérages. Une fois les maisons et décors trouvés, le chef opérateur a immédiatement défini les axes et les horaires à éviter en fonction de la position du soleil par rapport au lieu. Évidemment les repérages ont aussi apporté leurs lots de bonnes surprises, proposant des axes auxquels ni le réalisateur ni le chef opérateur n’avaient pensé. C’est en cela que le cinéma est véritablement un travail d’équipe ;o)

D’ailleurs très souvent le décor n’est jamais idéal et oblige le réalisateur à revoir son découpage technique. L’aide du chef opérateur, à ce moment là, est crucial. Puis les repérages techniques permettent au chef opérateur de savoir quels types de matériel lumière il pourra utiliser en fonction des points d’accroches, hauteurs de plafonds, des fenêtres à borgnioler (occulter les fenêtres avec un drap épais et opaque) ce qui lui permettra par exemple de faire la nuit en plein jour et de contrôler parfaitement la lumière. Ces repérages techniques ne peuvent se faire sans le chef électricien et le chef machiniste.

 

D’ailleurs pour le film que je viens de faire, une fois que les décors ont été validés par le réalisateur, le chef opérateur du film (Stéphane Degnieau NDRL) a pu, avec l’aide du découpage technique du réalisateur, faire des croquis pour chaque séquence afin d’aider les électriciens et les machinos à appréhender les besoins et les emplacements des éléments techniques.

C’est le chef opérateur qui donne sa liste de matériel à la production, au directeur de production pour être exact, afin que celui-ci puisse prendre les dispositions nécessaires pour louer le matériel. Puis le directeur de production revient vers le chef opérateur car il arrive très souvent que le chef opérateur soit « très gourmand » en matériel lumière, ce qui l’oblige à trouver des solutions moins onéreuses pour faire sa lumière tout en rentrant dans le budget alloué par la production.

 

Et le chef op sur un plateau ?

Il y a des chefs opérateurs qui prennent pas mal de place…et c’est au 1er assistant de trouver la juste balance entre le chef opérateur, le réalisateur et lui- même pour que tous aillent dans le même sens, sans empêcher le réalisateur de faire son travail ;o) Ce qui n’est pas toujours simple croyez-moi ! Le 1er assistant doit maîtriser son plateau mais faire en sorte que le réalisateur puisse s’exprimer artistiquement et obtenir ce qu’il souhaite.

Mais dans l’ensemble tout se passe pour le mieux. D’ailleurs le film que je viens de terminer a été encore une fois incroyable de par la cohésion, l’entente et la bonne humeur de tout le monde ! Et je peux vous dire que ce n’était pas gagné LOL tellement le film était compliqué.

Chaque matin, le chef opérateur arrive sur le plateau et fait un rapide débriefe avec le 1er assistant. Ils revoient ensemble le premier plan de la journée afin que les équipes le préparent pour être prêts à l’heure dite, ce que l’on nomme le PAT (prêt à Tourner) puis parlent des autres plans de la journée, histoire de mettre tout le monde d’accord sur la suite des événements.

chef opérateur projo

Pour tout vous expliquer correctement, la lumière se fait en plusieurs étapes. Une première étape où le cadre est déterminé grossièrement, puis la lumière se pose autour. Une fois que la lumière est installée « grossièrement », des doublures prennent la place des comédiens pendant qu’ils terminent leur maquillage ou habillage. A ce moment, la lumière est peaufinée autour des doublures.

Parfois les doublures sont simplement certains techniciens (moi lol) ou celui qui est libre à ce moment là. Une fois que les comédiens sont prêts, le 1er assistant demande à son second de les amener pour que l’on puisse faire une mécanique, c’est à dire que la caméra et les comédiens font leurs mouvements et disent leur texte sans jouer.

Cette mécanique permet de régler une fois pour toute la lumière. Car souvent les doublures (moi lol) n’ont pas la même teinte de peau, ne porte pas la bonne couleur de costume etc…Viennent ensuite les répétitions pour le jeu des comédiens. Après les répétitions les derniers raccords sont lancés (maquillages, coiffures, costumes) et les ultimes, ultimes, ultimes réglages lumière. J’insiste sur le fait que l’on pourrait laisser travailler un chef opérateur indéfiniment, voilà pourquoi j’emploie « ultime » plein de fois lol

Je vous renvoie d’ailleurs à l’article sur le 1er assistant caméra qui est le binôme indispensable du chef opérateur/ cadreur.

 

Le job du directeur de la photographie en post-production

Après le tournage, le chef opérateur suit toutes les étapes de post-production. Il visionne l’ours, c’est à dire le bout à bout du film en montage. C’est le premier jet du montage tout simplement. Évidemment il regarde la version finale ;o) Mais l’étape la plus importante pour lui c’est l’étalonnage, c’est à dire l’homogénéisation de l’image et de sa lumière sur tout le film. Car même si avec le numérique il est plus simple de voir tout de suite si la lumière est bonne, il faut toujours la retravailler un peu. Je vous ferai un article sur l’étalonnage bientôt.

4X4 chef opérateur

Vous allez me demander : « pourquoi il faut étalonner si avec le numérique on voit tout de suite le résultat » je le sens…

Simplement parce qu’entre un champs filmé à 9H du matin et le contre champ filmé à 15h ou un autre jour et bien il faut traiter la luminosité pour qu’entre les deux plans il n’y ai pas de différence !

 

Voilà pour cet article sur le chef opérateur. J’espère que cela va vous permettre de mieux comprendre ce poste et ces métiers.

Je vous propose aussi d’aller voir la démo de Kika Ungaro avec qui j’ai travaillé sur Virage Nord de Virginie Sauveur l’année dernière.

 Exemple de directeur photo / chef op

  • Kika Ungaro

 

 

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A bientôt,

 

Tom Weil

 

 

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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