Interview Marine Place Réalisatrice de Souffler plus fort que la mer partie 1

Interview de Marine place

Réalisatrice

 

Partie 1

Petit mot d’introduction

La semaine dernière a été pour moi un grand moment car j’ai rencontré Marine Place, la réalisatrice de « Souffler Plus fort que la mer ». Je vous livre, dans cet article, une partie du contenu de cette interview où Marine nous parle de son premier long-métrage, la naissance de celui-ci et l’aventure incroyable qui l’a menée jusque ici.

Je ne vous cache pas que j’étais dans mes petits souliers face à elle. Pendant qu’elle s’installe je relis mes questions, mes notes. Je sais que son temps est précieux et que Marine commence à être rompue à l’exercice des questions sur son film. Il y a tellement de questions à lui poser, tellement de choses que j’aimerais aborder pour connaître son parcours, ses sensations, ses victoires ou ses déceptions.

Je sais que ce que je vais lui demander et les réponses qu’elle va formuler vont peut-être aider certains d’entre vous…il va falloir être bon…Vous l’aurez compris, j’ai la pression et j’ai deux fois plus la pression car le film entre dans sa 4ème semaine, que cet article aurait dû sortir mercredi dernier mais j’ai pris du retard dans sa rédaction. Pourtant je sais que toutes les actions, tous les articles, toute la communication pour faire en sorte que ce film soit vu est très importante.

Bon, trêve de Blabla, passons aux choses sérieuses, l’interview de Marine Place :

La naissance de Souffler plus fort que la mer

Cédric : Bonjour Marine, merci de m’accorder un peu de ton temps. Je suis à la fois déçu que Tom ne puisse faire cette ITW lui-même mais en même temps je suis heureux de pouvoir te rencontrer et partager ce moment privilégié avec toi.

Marine : merci

Cédric : Peux-tu me parler de la genèse du film ?

Marine : Oui, on m’a rappelé, il n’y a pas longtemps, que j’avais eu la première idée de ce film il y a 12 ans…ça commence à faire. J’avais intégré la FEMIS en formation continue. Il fallait écrire un petit synopsis pour y entrer et c’est cette histoire de musique et de mer qui est arrivée. Je l’ai développée à la FEMIS pendant un an. J’allais là-bas deux à trois fois par mois et j’ai développé un premier scénario à ce moment là. Bon, il n’a plus rien à voir avec ce qu’est le film aujourd’hui mais il est question de musique et de mer. Il est question de submersion et le thème est le même.

Comment Marine Place à réussi à faire du cinéma

Cédric : Quel est ton parcours pour arriver à réaliser ton premier long ?

Marine : Je n’ai pas fait d’école de cinéma. J’ai fait une fac, enfin un bac puis j’ai fait la fac où il y avait une option filmographie, enfin c’est comme ça que ça s’appelait à l’époque. J’ai regardé des films, parce qu’il faut dire aussi que je n’avais pas vraiment de culture cinématographique. En prenant cette option j’ai surtout appris à regarder des films et à les analyser et peut-être avoir le goût de ça. Mais J’étais plus attirée par des trucs techniques, je faisais des éclairages, du son, des choses comme ça. J’ai voulu rejoindre une licence en cinéma à Paris mais il y avait trop de monde…je n’ai pas suivi du tout…et j’ai rejoint Bruxelles pour faire de l’assistanat mise en scène pour le théâtre et de la régie son. De là, il m’ont embarquée deux ans pour faire de la régie son pour ce théâtre. C’est à cette époque que j’ai écrit  « Rebond » mon premier court-métrage.

J’ai proposé ce premier scénario à une production qui me l’a pris, ce qui m’a permis de le réaliser. Ensuite j’ai eu la chance d’être sélectionnée au festival de Cannes et je me suis dis…tiens…C’est un métier qui m’intéresse.

Pour tout dire, j’ai vraiment appris Comment Faire Un Film sur ce court métrage. Plus tard on m’a demandé de faire un premier documentaire, ce que j’ai fait. Et puis je n’ai plus arrêté depuis.

Cédric : Et ça fait combien de temps que tu fais ce métier maintenant ?

Marine : J’avais 22 ans…ça fait 25 ans…une vingtaine d’années réellement.

Cédric : Tu disais qu’à la FEMIS tu avais des images de mer et de musique mais qu’est-ce qui t’a attiré dans l’écriture de ce scénario là et pas un autre ?

Marine : J’avais envie de parler de quelqu’un qui soit submergé. Alors je dis souvent que c’est une submersion émotionnelle, une submersion sociale et physique et de comment on sort de la submersion…comment on sort de la dépression. Il y a un peu de ça aussi. Comme je fais beaucoup de documentaires sociaux c’est aussi ça qui venait, trouver en soi la force de dépasser ses émotions…souffler plus fort que la mer, souffler plus fort que beaucoup de choses…trouver sa voie.

Cédric : Tu as mis 12 ans à faire ce film mais combien de temps il y a eu entre ces premières lignes à la FEMIS et ton premier jet ?

Marine : Alors, il y a eu un premier jet à la FEMIS de fait, j’étais là pour ça. Après je l’ai lâché et j’ai écrit un court-métrage « Le sommeil du funambule » (son 3ème court-métrage NDRL). C’est Stéphanie (Stéphanie Doute, la productrice de Souffler et productrice de son 3ème court-métrage NDRL) qui m’a dit l’avoir lu…enfin pour tout dire elle n’a jamais lu le premier jet de la FEMIS mais un développement que j’avais refait. Elle m’a dit que ça l’intéressait vraiment fort. J’ai toujours beaucoup douté avec ce film et Stéphanie est souvent revenue à la charge. C’est un scénario que j’ai repris puis laissé de côté dans un placard puis repris une nouvelle fois etc.…et tout ce temps a pris 10 ans.

Cédric : Ce qui est très long

Marine : Oui, c’est très long mais à partir du moment où j’ai commencé réellement à me mettre à l’écrire, je veux dire où j’ai travaillé à fond dessus et le moment du tournage il s’est passé 3 ans dont deux où je n’ai travaillé que là-dessus en comptant le tournage. Pour être totalement transparente : 1 an dans l’écriture, un an de plus en comptant le tournage, le montage etc.…

Cédric : Mais tu continuais à travailler en parallèle de ça ?

Marine : Oui, forcément, sinon on ne s’en sort pas ! Je suis intermittente, je dois faire mes heures.

Comment a t elle trouvé un producteur 

Cédric : C’est une question que beaucoup de lecteurs de « Comment Faire Un Film » se posent : Comment as-tu trouvé ta productrice : Stéphanie Douet ? C’est une question importante qui revient souvent : Comment trouver un producteur, surtout quand on n’a pas fait d’études de cinéma ou que l’on n’a pas de réseau, qu’on ne connaît personne, comment fait-on ?

Marine : Il faut vraiment envoyer ses scénarios aux producteurs. Pour moi ça c’est passé comme ça : À l’époque, à la FEMIS, le directeur d’écriture a lu un de mes courts-métrages (Le sommeil du funambule) et il a beaucoup aimé cette histoire. Il m’a donné quelques noms de producteurs auxquels j’ai envoyé mon scénario. Une production m’a répondu et on a commencé à accrocher. Ils ont voulu produire le film mais à un moment j’ai eu un désaccord avec le producteur et je suis partie. C’était pourtant une très bonne production !

J’ai donc recommencé à zéro et j’ai envoyé ce même scénario à une dizaine d’autres productions, comme ça. J’ai eu 4 sociétés de production qui m’ont écrit en étant intéressées.

Il faut donc passer par l’envoi même s’ils mettent parfois du temps à répondre ! Mais je peux t’assurer qu’ils lisent. J’ai donc eu un rendez-vous avec ces productions. D’ailleurs une 5ème m’avait dit « c’est super mais en ce moment je ne peux pas te produire mais va voir Stéphanie Doute de Sensitif Films ».

  • Stéphanie m’a rappelée en me disant : « Oui pourquoi pas…mais je n’accroche pas à la fin… »
  • Et là je lui ai dit : « Justement, la fin je suis en train de la réécrire, en plus il y a un dépôt dans la commission de ma région d’ici quelques jours (5 jours), on peut tenter le coup !»

et là idem Stéphanie ne semble pas prête à passer le pas. Mais je n’ai rien lâché, je lui ai renvoyé une fin et là…

  • elle a rappelé en me disant : « Ha ben oui c’est très bien avec cette fin là ! ».

Entre le moment où je lui ai envoyé et son accord, il y a eu 10 jours et c’est devenu la productrice de deux courts-métrages et de « Souffler plus fort que la mer ».

Soyons honnêtes aussi, il y a des producteurs qui ne répondent jamais…mais ils ne sont pas la majorité.

L’important c’est que je l’ai (Stéphanie Douet) trouvée grâce à un court-métrage, puis elle m’a suivie sur un deuxième et sur le long.

Voilà pour la première partie de l’interview de Marine Place. Cliquez ici pour lire la suite.

Vous saurez tout sur la semaine 4, mis à jour sur ce lien interactif!  :

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Cédric

 

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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  • maria

    Re, l’ Équipe et Re vous tous,
    J’arrive au dessert…et quel dessert ! J’adore ! Je viens d’apprendre quelque chose que je ne savais pas : cet échange entre la productrice et la réalisatrice. Ah ! Marine ! La fin du film, comme elle m’a enthousiasmée moi aussi. Je ne puis la dévoiler. C’est trop tôt !
    Vous, mes alter ego, allez-le voir ce film !

    En fait, c’est exactement le même échange entre l’écrivaine Delphine de Vigan (également lectrice des scénars chez ARTE ) et son éditrice qui lui a fait remettre son ouvrage x fois, jusqu’à ce qu’elle arrive à  » la substantifique moelle ».

    Tom nous a toujours dit que les producteurs ne sont pas des manitous qui ne pensent qu’ à l’argent, un cigare entre les dents. D’ailleurs, j’avais cette idée préconçue à cause d’un film vu pendant mon adolescence, film qui m’a marquée à vie : » La comtesse aux pieds nus » de Mankiewicz.

    Quelque chose m’intrigue et me rassure à la fois : Marine Place a un passé positif de cinéaste. Pourtant, elle a galéré pour écrire, puis pour réaliser. Alors, nous les néophytes… Je comprends maintenant pourquoi on demande tant de réécritures. Je comprends aussi qu’on ne doit pas s’adresser à une seule production, qu’on doit se faire lire par d’autres, ce que je n’ose pas trop faire.
    Et si jamais, on en intéresse deux , peuvent-elles fusionner ? ( Je rêve debout là ! )
    Le prix pour que mon scénar soit réalisé m’a souvent fait reculer…Si tom ne m’avait pas dit de passer outre, je n’aurais jamais avancé.
    Quand on n’est que scénariste, n’est-ce pas avec le réalisateur lui-même que le scénariste discute ?

    Comme Marine – j’ai honte de me comparer à elle – moi aussi j’ai rêvé les images et les sons de mon film ( de mon scénario plus précisément ) avant que de l’écrire.
    A-t- elle pitché en 30 mots maxi ? J’essaierai de le faire pour son film.

    Merci Marine, merci Cédric.
    Avec vous tous pour le beau cinéma !
    ☼) maria.

    • Bonjour Maria,

      Tous les réalisateurs, enfin presque tous, galère à monter leur film. Oui deux productions peuvent décider de travailler ensemble…mais il faut qu’il y ait un avantage à le faire. Par exemple l’une peut avoir des financements dans une région et l’autre production dans une autre région etc…

      Une fois que le film est en production et que qu »un réalisateur est choisi, c’est le seul maître à bord, de ce fait s’il doit faire des changements il peut très bien le faire sans l’accord du scénariste.

      À bientôt,

      L’équipe de Comment Faire Un Film

      • maria

        ☼) Bonjour l’Équipe,
        Après mûre réflexion, je reviens pour vous demander si le (ou la ) scénariste doit aviser chaque production de ce qu’il ( ou elle ) a postulé « ailleurs ».
        Perso, je pense à une autre production, où celle qui la dirige jouerait à merveille le rôle de la principale protagoniste : elle a un passé d’actrice, elle sait tout faire, elle a la physique de l’emploi. Je ne lui ai encore pas écrit.
        Mais, je rêve debout là encore: je n’ai pas même une réponse positive.
        J’aimerais aussi avancer le nom d’un réalisateur.
        Hélas, je sais que tout scénariste n’a pas à imposer ses désirs…

        Évidemment: le réal fait ce qu’il veut du script puisqu’il appartient à la prod’. Ce qui m’a émerveillée a commencé par m’intriguer : le fait que Stéphanie Douet, productrice, « coache » en quelque sorte Marine Place, qui a fait ses preuves, dans l’écriture elle-même.
        Comme on est loin de la magie, du merveilleux du film réalisé qui prend le spectateur au bout du cœur…
        Mon mari, qui m’accompagnait, lui, si pragmatique, a vraiment apprécié  » Souffler plus fort que la mer » et sa première réflexion a été de reconnaître tout le travail sous-jacent. Il m’a fallu à moi, une bonne année de fréquentation du blog pour comprendre ce travail d’équipe autour du réal.
        Nous n’avions jamais échangé sur ces techniques, nous échangions plus sur l’ appréciation… ou le rejet !

        Bonne semaine à tous.
        Cordialement de
        ☼) maria.

        • Bonjour Maria,

          Non, pas besoin de tenir « un journal » à chaque fois que tu rencontre ou que tu envoies ton scénario à une production. Si un producteur te demande si tu l’as envoyé tu peux lui répondre : « Oui, à 3 autres…ou 4… » il te demandera sûrement si tu as des retours, tu peux lui répondre qu’il est le premier pour le moment.

          Il faut que tu suives tes envies, alors envoie ton scénario à la productrice de ton choix.

          Nous sommes content de lire que ton mari (et toi) et toi aviez aimé « Souffler » . Heureux aussi que vous ayez pu parler « technique » comme quoi le cinéma et notre passion contaminent les proches.

          à bientôt,

          L’équipe de Comment Faire Un Film

          • maria

            ☼) Bonjour l’Équipe !
            Merci beaucoup de votre réponse. Je vais suivre vos conseils. Mes scrupules ont été trop longtemps des entraves…

            C’est vrai, mon mari m’a vu écrire, stagner dans les nuages, même si je savais retomber sur terre pour les obligations matérielles. On aurait dit qu’il « n’accrochait  » pas. Et là, devant « Souffler… », il a compris ces techniciens du cinéma, sans pourtant être des leurs, et sans que moi je lui ai soufflé ce que tout ce blog m’a appris. J’en suis fort heureuse.

            Merci encore. Ce long, c’est ma grande motivation. Pour les retours, je dois rester patiente ! Mon défaut, c’est courir après le temps qui passe…

            Je parlais vaguement hier à une relation que je ne fréquente que chaque été. Elle m’a démoralisée, en me disant qu’ à ma place, elle aurait peur de la schizophrénie. C’est vrai qu’elle m’a guettée, mais j’ai tout à fait retrouvé mon équilibre. Ce serait bien que quelqu’un ou quelqu’une vienne dire que il – ou elle – s’est trouvé(e) dans la même situation…

            Ce jour, vous me remontez à bloc, comme Tom a fait si souvent. Alors, encore merci.
            Avec vous pour le cinéma ! Sincèrement de
            ☼) maria

            • Bonjour Maria,

              Nous ne voyons pas pourquoi cette relation t’a démoralisée en te disant « qu’elle' » aurait peur de la schizophrénie…Elle ce n’est pas toi !

              De plus écrire, créer, l’art en général fait appel à une partie de nous qui tente de s’exprimer…parfois qui cache des choses refoulées ou inconscientes. Par le biais de l’art cette partie de nous sort…et permet de trouver un équilibre ou de se rééquilibré. Là, nous touchons à quelque chose de personnel, c’est ce que nous pensons et ça n’engage que nous.

              Certain tombe dans la folie créatrice mais je pense que tous ceux qui viennent ici en sont loin.

              A bientôt,

              L’équipe de Comment Faire Un Film

              • maria

                ☼) Bonjour l’ Équipe,
                Non, la personne en question me visait perso, et s’est moquée de toute évidence. Je crois que devant ma vie qui se remplit et mon enthousiasme par le biais de l’écriture, cette attitude venait de ses refoulements. De la jalousie, sans doute ? Un sentiment que je ne connais pas pour moi.

                 »La folie créatrice « , elle a envahi des auteurs qui buvaient absinthe, alcool, ou je ne sais quelle substance nocive…Très peu pour moi !

                Tout à fait OK avec vous pour ces « refoulements qui ressortent par le biais de l’art » , de l’écriture en général. J’ai été plus qu’étonnée en constatant que 3 sur 4 de mes personnages me servaient de miroirs, à des âges différents, sauf à l’âge réel de mon présent !. LOL ! Quoique…je crois bien être retombée dans l’enfance, avec le prolongement de l’adolescence…

                Je vous souhaite une bonne journée.
                Bien cordialement, ainsi qu’à Tom.
                maria ☼ )
                PS Je viens d’envoyer mon dossier à une 2 ème productrice, pour ses qualités d’actrice: on dirait que j’ai écrit en pensant à elle. C’est étrange…

                • Bonjour Maria,

                  Oui si c’est de la jalousie je comprends mieux ta réaction. Bonne chance pour ton dossier de prod.

                  A bientôt,

                  L’équipe de Comment Faire Un Film.

                  • maria

                    ☼) Merci l’Équipe !
                    Cette fois, on m’a confirmé : c’est une réaction de jalouse, d’envie – des histoires de « bonnes » femmes ( LOL !). On s’en fout, après tout !

                    Le dossier envoyé débute par une note personnalisée à l’intention de l’actrice puis de la directrice de production, elle est tout en une. Elle a tout pour elle. Ce n’est pas trop protocolaire, mais je tente le tout pour le tout.
                    À bientôt. Bonne fin de journée à vous et à tous.
                    ☼) maria