Comment écrire un scénario Etude de cas 5 : Les Didascalies

Comment écrire un scénario : Les didascalies

Etude de Cas 5

 

A la demande d’une scénariste en herbe assidue, je vais tenter de vous expliquer à quoi servent les didascalies mais surtout ce que vous devez y mettre.

Mais avant tout, je tiens à attirer votre attention sur l’importance des didascalies. Il faut qu’elles soient faciles à lire, elles doivent couler….c’est à dire être fluides afin qu’elles ne plombent pas le rythme du scénario. Chaque didascalie doit faire partie du scénario et non pas d’un truc à part.

Ça paraît peut être bête à dire, pourtant je lis très souvent des didascalies qui se veulent littéraires, les mots compliqués ça fait toujours bien….sauf que dans un scénario, on ne cherche pas un agrégé de lettres ! On cherche un conteur, quelqu’un qui nous transporte. Pour cela il faut de la technique mais surtout beaucoup d’entraînement et beaucoup beaucoup lire.

 

Oui mais lire quoi ?

Tout. Scénarios, romans, essais. Tout ce qui peut vous apprendre la simplicité des tournures de phrases, de la ponctuation et du vocabulaire. Pour cela, pas besoin de vous taper du Flaubert, Camus ou du Zola si vous n’aimez pas. (Je vous conseille tout de même de lire ces auteurs incontournables). Vous pouvez simplement vous procurer les livres qui sont en tête de ventes en ce moment, de préférence des auteurs connus et reconnus car ils ont une patte, un style éprouvé à partir duquel vous pourrez apprendre et pourquoi pas vous inspirer.

 

Mais alors une didascalie c’est quoi ?

C’est l’élément de votre scénario qui va permettre aux lecteurs, producteur et réalisateur de comprendre votre vision, que cela soit l’action, ou comment les personnages sont habillés ou encore l’atmosphère de la scène.

Attention ! : Les didascalies sont comme les dialogues, il faut en mettre seulement si c’est nécessaire sinon c’est la chute assurée !

 Exemple :

Séquence 1 : Ext – Rue – Jour

Mike, 45 ans, habillé d’un costume sur mesure, remonte la rue de Rivoli. Ses mocassins à gland frappent le pavé à chacun de ses pas. Alors qu’il fouille dans la poche intérieure de son veston, son portefeuille tombe sur le sol au pied d’un sdf.

SDF

Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

Le sdf est habillé d’un vieux pardessus, d’un bonnet en laine vissé sur la tête et d’un pantalon marron raccommodé ça et là par des pièces de tissu disparate.

Mike ramasse son portefeuille, l’ouvre et sort un billet de 50 euros

Mike

C’est ton jour de chance l’ami…tiens.

Le sdf prend le billet, le palpe, le regarde, le sent, pour être certain que c’est un vrai.

SDF

Si à chaque fois qu’vous faites tomber vot’ larfeuille vous filez 50 biftons…j’vais vous suivre à la trace.

Dans cet exemple les didascalies sont longues, lourdes et ne servent ni l’action, ni le rythme de la scène.

Lorsque vous écrivez une didascalie vous devez aller à l’essentiel. Au fond on se fout comment Mike est habillé, en tout cas dans son intégralité ! Le fait qu’il porte des chaussures à glands n’amène rien à l’histoire. Idem pour la manière dont j’exprime l’intention de la marche de Mike : il bat le pavé….

Il faut rester simple. Voilà ce qu’il serait préférable de lire :

Séquence 1 : Ext – Rue de Rivoli – Jour

Mike, 45 ans remonte la rue. Il est pressé et bouscule quelques passants. Alors qu’il fouille dans la poche intérieure de sa veste faite sur mesure, son portefeuille tombe sur le sol au pied d’un sdf.

SDF

Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

 

Vous sentez la différence ? Pourtant presque rien n’a été enlevé…à part le superflu ;o)

 

Pour la suite c’est la même chose !

Séquence 1 : Ext – Rue de Rivoli – Jour

SDF

Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

Mike ramasse son portefeuille, l’ouvre et sort un billet de 50 euros

Mike

C’est ton jour de chance

Le sdf prend le billet et le palpe pour s’assurer qu’il soit vrai.  

SDF

Si à chaque fois qu’vous faites tomber vot’ larfeuille vous filez 50 biftons…j’vais vous suivre à la trace.

 

J’ai simplifié encore une fois les didascalies en enlevant la description vestimentaire du sdf. Car au fond on se fout de savoir comment le sdf est habillé ! C’est un clodo ! Et tout le monde a sa propre représentation du SDF.

Voilà donc un secret :

La didascalie doit être écrite intelligemment, c’est à dire qu’il ne faut pas à tout prix décrire ce que vous imaginez à l’écran. Un scénario doit être un mixte entre votre univers de votre histoire et la possibilité que le lecteur (producteur) puisse y mettre quelque chose à lui. De cette manière, il s’approprie l’histoire, ce qui lui permet de mieux s’identifier ou se projeter. Liberté illusoire car au fond c’est vous qui menez la danse en l’amenant là où vous le souhaitez. Les didascalies sont là pour ça :o)

Dans un de mes précédents articles, j’ai écrit ceci : « La didascalie permet de donner des indications d’action, de jeu ou de mise en scène. Elle permet de donner des informations, notamment sur le comportement, l’humeur ou encore la tenue vestimentaire d’un personnage ».

Je crois que pour l’action et la tenue vestimentaire, l’exemple du dessus vous a éclairé sur ce point :o)

 

Qu’en est-il du comportement et de l’humeur ?

J’ai envie de vous dire : c’est la même chose. Mais nous allons prendre un exemple :

Séquence 1 : Int – restaurant – nuit

Mike et Aurore dînent aux chandelles.

Aurore

Tu vas m’expliquer pourquoi on est ici ou pas ?

Mike

Je te trouve impatiente mon cœur…

Le regard de Mike plonge dans le profond décolleté d’Aurore

Aurore (amusée)

Dis donc !

Pris sur le fait, il détourne le regard

Mike

Il va falloir que t’attendes le dessert

Mike se passe la langue sur les lèvres. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

Le serveur

Monsieur ?

 

Dans cette séquence, on comprend que Mike a quelque chose d’important à dire à Aurore. Aux vues du vocabulaire que Mike utilise, on comprend que les deux personnages sont proches. Il est amoureux d’elle et a envie d’elle. Il a quelque chose d’important à lui dire.

Si on regarde bien la dernière didascalie :

 

Mike se passe la langue sur les lèvres. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

 

On peut se demander pourquoi Mike se passe la langue sur les lèvres ….est-ce qu’il a soif ? Est-ce un signe lubrique pour appuyer le fait qu’il ait envie d’Aurore ? Où est-ce qu’il est stressé ?

Autant de questions que l’on ne devrait pas se poser car vous êtes sensé raconter l’histoire et nous donner toutes les réponses pour que l’on comprenne la scène.

Nous ne sommes pas dans votre tête !  Un geste ou une habitude qui, pour vous, veut dire quelque chose, ne trouvera pas forcément écho chez votre lecteur. Si votre personnage se passe la langue sur les lèvres, ce qui veut dire pour vous qu’il est amoureux ou stressé, n’est pas forcément interprété par votre lecteur comme tel ! Il ne faut laisser aucun doute dans la tête de celui qui vous lit.

 Voilà comment il faudrait faire :

Séquence 1 : Int – restaurant – nuit

Mike et Aurore dînent aux chandelles.

Aurore

Tu vas m’expliquer pourquoi on est ici ou pas ?

Mike

Je te trouve impatiente mon cœur…

Le regard de Mike plonge dans le profond décolleté d’Aurore

Aurore (amusée)

Dis donc !

Mike détourne le regard

Mike (gêné)

Il va falloir que t’attendes le dessert

Mike déboutonne son col de chemise et desserre sa cravate. Il passe la langue sur les lèvres, saisit son verre d’eau et le boit d’une traite. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

Le serveur

Monsieur ?

 

Vous voyez ? Ici on comprend la signification du passage de langue sur les lèvres….certes j’ai un peu appuyé ! Faisons plus simple :

Mike (gêné)

Il va falloir que t’attendes le dessert

Mike passe la langue sur ses lèvres, saisit son verre d’eau et le boit d’une traite. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

Le serveur

Monsieur ?

 

Ici nous comprenons que Mike est stressé, qu’il a la bouche pâteuse ou desséchée. Le fait qu’il fasse ce geste est compréhensible et amène de la tension à la scène.

J’essaie toujours d’être le plus clair possible dans mes explications mais si vous avez des questions, n’hésitez pas à me laisser un petit message.

Si vous avez aimé cet article, la meilleure manière de me le dire c’est de cliquer sur le bouton « Like » en haut de l’article. Pour retourner directement au plan du site c’est par ici :o) vous pouvez aussi lire : Présentation d’un scénario 6 : Quand les personnages parlent dans une langue étrangère.

A bientôt,

Tom W.

À PROPOS DE TOM WEIL

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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  • Yann Deparis

    Bonjour Tom
    J’ai un souci de didascalie ! voilà dans une scène importante, les acteurs se parlent mais le spectateur n’entend pas ce qu’ils se disent, seule une musique de fond se fait entendre, car en fait, le spectateur comprend très bien ce qu’ils se disent, je veux juste placer une émotion par la musique ( ça se voit quelquefois dans les films ) mais je ne sais pas comment l’inscrire dans la didascalie, car je pense que c’est ici qu’il faut l’inscrire, n’est-ce-pas ?
    car c’est une note technique en fait !
    dois-je l’inscrire ainsi ?

    note : une musique de fond remplace l’échange vocal des personnages
    Paul prend la main de Chloé, il lui parle sans oser la regarder dans les yeux, Chloé etc …

    Je suis sur que c’est pas ça ! donc j’ai besoin de toi !! Merci, bonsoir

    • Bonjour Yann,

      Pas besoin de mettre le mot « note ». Mais sinon tu peux l’écrire comme tu l’as fait dans ton exemple. ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • Eliane Dix

    Bonjour Tom
    Je sais que mettre des didascalies à la ligne donne plus de rythme, tu nous en a déjà parlé.
    Cependant cela prend beaucoup plus de place. Et si on veut un court de 15 mn… Donc si on écrit les didascalies sous formes de paragraphes sans les mettre toutes à la ligne, est-ce vraiment rédhibitoire? Et dans ce cas, en les mettant à la ligne, si on dépasse les quinze minutes ( en comptant 45 secondes par page) est -ce gênant?
    Merci d’avance pour ta réponse.
    Bien à toi.
    Eliane.

    • Bonsoir Eliane,

      Il ne faut pas systématiquement aller à la ligne, sinon effectivement ça prend trop de place. Il ne faut pas oublier que vous êtes auteur ! Et non pas réalisateur, c’est à dire que vos didascalies doivent être là pour donner des indications pour que l’on comprenne la scène et non pas pour que dire au réalisateur ce qu’il doit faire ;o)

      Je pense que cela va répondre à ta question !

      ;o)

      Tom

      PS : les didascalie doivent être concises…je préfère le dire car tu as du mal à faire court.

      • Eliane Dix

        Bonjour Tom
        Merci beaucoup pour cette réponse. Il est vrai que j’ai tendance à entrer dans les détails. Mais c’est que j’imagine tellement les images! les gestes, les attitudes, l’expression des visages, le jeu des acteurs, je fais mon film dans ma tête! c’est dur…
        Je vais essayer de faire au mieux…
        A+
        Eliane.

  • Bonjour Tom
    J’ai lut votre cours, mais, j’aimerais savoir si les didascalies utilise la même règle que dans un film ou dans une série d’animations, ou faut préciser les intonations à chaque dialogue.
    Si c’est possible j’aimerais un exemple.
    Cordialement,
    Cirine.

    • Bonjour citrine,

      Non il ne faut pas donner les intonations à chaque dialogue…cela serait illisible et trop lourd.

      Tu trouveras des exemples dans l’article en question ou dans l’article sur la présentation d’un scénario.

      A bientôt,

      Tom

  • lilas200

    Bonjour,
    je voudrais savoir comment on présente une didascalie, lorsqu’elle intervient à l’intérieur d’un dialogue, Est-ce qu’il faut laisser une ligne vide avant et après les lignes du dialogues ?
    Lilas200

    • Bonjour lilas200,

      Il n’y a pas de didascalie à l’intérieur des dialogues, c’est soit avant ou après le dialogue.

      A bientôt,

      Tom

  • Ines Kachemar

    Bonjour Tom !
    Peux-tu me dire quand est ce que l’on rentre trop dans les détails du jeu de l’acteur… Parce que comme tu l’a dis, il doit y avoir des choses qui inspirent le réalisateur et les acteurs, mais je visualise beaucoup (trop) les intonations. Par exemple, dans une phrase, le début sera dit avec humour ou sarcasme, et le reste de la réplique sera dite d’un ton normal. Faut-il le préciser ou laisser le réalisateurs et les acteurs le visualiser ? (Ce que je pense serai assez difficile et ils risquent de passer à côté de plusieurs détails importants quant à la personnalité du personnage) Et doit-on dans ce cas couper les répliques :
    Jean (amusé)
    Bien sûr, bien sûr.
    Jean
    Et tu penses vraiment que….
    Ou le préciser dans la didascalie :
    Jean, d’abord amusé, retrouve on sérieux
    Ce que je trouve est peu clair et lourd.
    Qu’en penses-tu ?

    • Bonjour Ines,

      Il ne faut pas oublier qu’un scénariste n’est pas un acteur ou un réalisateur. Le scénariste doit écrire les choses/ l’histoire/ séquence/ scène pour quelles soient comprises afin qu’acteurs et réalisateur puissent travailler. Mais il faut leur laisser la place de s’exprimer.

      Voila pourquoi le scénariste peut donner, parfois, le ton ou l’intonation d’un dialogue afin de faciliter la compréhension du lecteur mais en aucun cas il ne doit diriger le jeu d’acteur et la mise en scène. Donc si tu as une idée exacte d’une phrase dite avec humour au début et normalement à la fin (ton exemple) et bien tu fait tout le contraire de ce que tu doit faire. Il y a même de forte chance que le lecteur (acteur/ réalisateur) se lasse et n’aille pas au bout de la lecture. Il faut dire que trop de détails de se genre alourdissent en plus la lecture.

      pour terminer, les intonations de ton exemple ne sont pas du tout à mettre dans les didascales mais à côté du nom du personnage.

      A bientôt,

      Tom

  • Mohamed Khalif Soumahoro

    salut ! oui, les didascalies doivent décrire l’action et le décor. mais comment exprime-t-on les émotions et les expressions du visage. parce que comme les ponctuations ne peuvent pas tout exprimer je pense

  • Greg

    Bonjour Tom,
    Tout d’abord merci pour ce site génial ! J’ai le sentiment que l’exhaustivité est impossible dans le domaine du cinéma, on a toujours des tas de questions ! Voici la mienne :
    Je suis en train d’écrire une série mettant en scène les destins croisés de personnages. Or pour apporter plus de clarté, je serais tenté d’insérer des sous-titres (qui pourrait apparaître à l’écran avec un lieu et une date par exemple) et qui permettraient de comprendre que l’on a changé de scène et de personnage. Mais en lisant des scénarios j’ai remarqué que cela se faisait peu, c’est peut-être un peu redondant ? Dans certains scénarios de séries américaines ils utilisent Acte I, acte II… cela est-il usuel en France ? Idem pour l’insertion d’un prologue avant le générique, peut-on écrire « prologue » puis « générique » ?
    Je ne sais pas si tu as déjà répondu à ces questions, sinon, merci pour ta disponibilité.

    • Bonjour Greg,

      Merci pour les compliments, n’hésite pas à partager le blog et ses articles autour de toi, c’est le meilleur moyen de me remercier.

      Effectivement cela se fait peu, simplement parce que le spectateur comprends que l’on change de personnage, même si parfois il y a une petite latence. Si les destins sont croisés à la même époque, tu n’as pas besoin de préciser le changement de lieu ou de personnage.

      il faut oublier les acte 1 ou 2 etc…

      Il vaut aussi mieux éviter les inscription : prologue et générique. Le spectateur comprend plus que tu ne crois.

      A bientôt,

      Tom

  • Amy PARADIS

    Bonjour Tom
    Puissiez vous nous aider avec un article de comment présenter un scenario: étude de cas ? Conversation entre deux personnes au téléphone. « SEQ XX: ??? » Je suis un peu bloquée. Comment presente-t-on une séquence entre deux personnes qui personnes qui parlent au téléphone. Et aussi quelqu’un qui cauchemarde. Y a-t-il une technique spécifique pour écrire un cauchemar, dans le cas ou on voudrait narrer le cauchemar, ou soit c’est tout simple? Merci.

    • Bonsoir Amy PARADIS,

      On présente une séquence de téléphone comme les autres séquences, c’est à dire : INT ou EXT – Le lieu et l’effet.

      Idem pour les séquence de cauchemars, mais tu ajoutes cauchemar à la fin :

      Sequence XX : Int – Usine – Nuit/ cauchemar

      A bientôt,

      Tom

      • Amy PARADIS

        Merci!

        Le 8 octobre 2014 22:56, Disqus a écrit :

  • mookyr

    Salam

    Voila Tom ma question est: dans une de mes séquences deux personnages discutent et l’un d’entre eux décrit a l’autre le plan qu’ils vont mettre a exécution pour voler une somme d’argent, moi j’imagine le déroulement du plan en image tandis que le personnage décrit en narrateur la scène et surtout comment faire la transition depuis la scène du dialogue entre les deux personnage vers la description du plan en image et en gardant la voix du personnage en narrateur

    INT. APPARTEMENT DE JEAN – NUIT

    JEAN et DAVID assis l’un en face de l’autre verre a la main

    JEAN
    Voila le plan est simple…

    EXT. RUE – MATIN

    Et c’est que je me perd comment décrire une scène en mettant dessus une voix de narrateur

    • Bonjour mookyr,

      Il faut que tu utilise la voix off.

      Exemple :

      Seq XX : Ext – Rue/ banque – Nuit

      JEAN voix OFF
      …il y a deux rondes toutes les heures, fait par 2 patrouilles différentes, en gros on a moins de 15 minutes pour entrer….

      Deux voitures de police s’arrêtent chacune leur tour devant la banque. Un policier sort de la voiture et va vérifier la porte.

      JEAN voix OFF
      …ça c’est le plus simple…la ou ça se complique c’est qu’une fois entrée il va falloir passer sous le nez du vigile

      SEQ XX : Int – Banque – Nuit
      LE vigile est dans sa guérite…

      Blablablabla

      A bientôt,

      Tom

  • Patrice BOUVRY

    Re-bonjour Tom ! En ce dimanche de révision et grâce à ton autre réponse sur l’écriture de scènes courtes, je me retrouve ici à mieux comprendre ce qu’on appelle didascalie ! Moi, j’ai toujours limité ce terme aux indications entre parenthèses précédant une réplique !!! Dans tes exemples, je n’en ai donc vu qu’une seule et unique de didascalie : AURORE (amusée) ! Donc vraiment merci pour tes précisions en ce jour de piqûre de rappel !
    Belle et magnifique dose !
    Chaleureusement et avec reconnaissance,
    Patrice !

    • commentfaireunfilm

      Bonsoir Patrice,

      ça me fait plaisir que les articles servent autant ;o)

      A bientôt,

      Tom

  • Panthere47

    Bonjour Tom,

    Je me pose une question, pour les didascalie ( eh oui encore ) Je me demande combien de ligne peut-on écrire pour une action ? Cela doit être fluide à lire, comment faire pour ne pas trop en retirer et laisser assez d’explication …
    Merci pour votre réponse

    • commentfaireunfilm

      Bonjour Panthere47,

      Il n’y a pas de règles. Je travaille justement sur des petits courts qui permettent de comprendre comment alléger les didascalies…mais je ne peux pas te répondre comme ça…

      Il faut effectivement que cela soit fluide à lire et visuel.

      A bientôt,

      Tom

  • Eliane Dix

    Bonjour Tom.
    J’ai une question: Lorsque dans une didascalie décrivant le mouvement d’un personnage, celui-ci regarde quelques secondes vers l’écran ( ce détail ayant son importance) comment libeller le texte?
    Faut-il écrire: X regarde vers L’écran? ou X regarde vers les spectateurs?
    Ou autre chose? comment faire?
    Je te remercie pour ta réponse.
    Bien à toi.
    Eliane.

    • commentfaireunfilm

      Bonjour Eliane,

      Il dit une réplique puis se tourne vers la caméra ?
      ou lorsqu’il dit sa réplique il regarde la caméra ?

      Dans le premier cas :

      Machin tue truc, puis à un regard caméra.

      et dans le deuxième cas :

      MACHIN
      (regard caméra)

      blablablablabbla

      a bientôt,

      Tom

      ps : si c’est un autre cas n’hésite pas ;o)

      • Eliane Dix

        Bonsoir Tom et merci pour ta réponse.Non le personnage ne dit rien, on ne voit pas ce qu’il regarde.
        Que faire dans ce cas?
        Je te remercie.
        Eliane.

        • commentfaireunfilm

          Bonjour Eliane,

          cela dépends de la situation. Mais si ce n’est pas très claire pour le spectateur que le personnage le regarde, ça peut mener à une incompréhension…

          Si tu as vu la série House of cards qui utilize ce procédé tu à remarqué que c’est une technique très forte mais terriblement difficile à mettre en place. Car elle créer un contacte directe avec le spectateur. Cette technique plonge le spectateur au coeur du conflit ou de la scène.
          Je me rappelé d’une scène qui m’a explosé en pleine figure. Dans JFK à la fin du film Costner fait son plaidoyer, à la fin de celui-ci il dit : It’s up to you, puis il regarde la caméra.
          Par ce simple regard il nous inclus dans l’histoire tel un membre du jury.

          Pour répondre à ta question. Si on ne voit pas ce que fait le personnage ou si on ne comprend pas ce qu’il fait, ce regard caméra est dangereux. Dans le cas contraire, il te suffit juste de décrire ce qu’il est en train de faire et de finir ta didascalie par : Il regarde la caméra.

          A bientôt,

          Tom

          • Eliane Dix

            Bonjour Tom et merci pour ta réponse!
            Effectivement j’ai voulu susciter l’interrogation du spectateur par cette scène étrange. Oui, on voit ce que fait le personnage mais on ne comprend pas pourquoi, il regarde un court moment la caméra avant de continuer son action.
            On saura ce qu’il regarde ultérieurement.
            De plus cette scène qui est la première a son « pendant » ou sa « suite » lors de la scène finale.
            J’avoue que cet effet me plaît…
            Pour « house of cards » je pense que ce n’est pas traité du tout de la même façon, d’ailleurs je n’ai pas pensé à cette série lors de mon écriture.
            Alors du coup je ne sais pas quoi faire…J’essaie?…ou pas?
            Bien à toi.
            Eliane.

          • commentfaireunfilm

            Bonjour Eliane,

            Tu ne risques rien à le faire ;o)
            Oui je suis d’accord avec le fait que dans House of Cards c’est un peu différent. Mais je voulait appuyer sur le fait que cette technique était très immersive pour le spectateur et loin d’être anodine.

            A bientôt,

            Tom

          • Eliane Dix

            Merci Tom, j’ai bien compris ce que tu veux dire, dans cette série le personnage s’adresse de façon récurrente aux spectateurs, c’est un peu comme si on le suivait et qu’il s’arrêtait de temps en temps pour faire le point avec nous.
            C’est très différent dans mon cas, il s’agit juste d’un regard , il n’y a pas de paroles.
            Bien à toi .
            Eliane.

          • commentfaireunfilm

            Bonjour Eliane,

            j’avais bien compris ;o)

            A bientôt,

            Tom

  • Eliane Dix

    Bonsoir Thomas, et merci pour cette article attendu avec impatience!

    J’ai tout de même des questions s’il te plait:

    – Dans l’exemple que tu donnes j’ai remarqué un détail concernant la tenue vestimentaire de Mike, tu parles d’un « costume sur mesure » puis de « sa veste faite sur mesure » . Comment le « fait sur mesure » pourrait-il être visible à l’écran?

    Pour le le lecteur (réalisateur ou producteur), ne pourrait-on pas dire seulement « une veste élégante » ou encore plus simplement « un costume »? Si l’un est plus approprié que l’autre, où se trouve la nuance entre ces différents termes au moment où tu écris la didascalie? car parfois on hésite entre différents adjectifs qui peuvent avoir un sens ou une signification assez proche…

    En ce qui concerne les dialogues de cette séquence, Mike dit:

    –  » C’est ton jour de chance l’ami…tiens. »

    Puis:  » C’est ton jour de chance »

    Dans la « vraie vie » le premier dialogue est tout aussi plausible que le second, tout un chacun pourrait le prononcer dans une telle situation, alors pourquoi lui préférer  » c’est ton jour de chance »? Voilà Thomas deux premiers exemples des difficultés rencontrées: Pourquoi cette description de la veste et pas l’autre? pourquoi le second dialogue et non pas le premier?

    Il en va de même pour le SDF, « il prend le billet, le palpe, le regarde, le sent, pour être certain que c’est un vrai ».

    Puis dans la seconde version:

    – » le SDF prend le billet et le palpe pour s’assurer qu’il soit vrai. »

    Ne serait-il pas possible d’écrire:  » Le SDF palpe le billet et le sent pour s’assurer qu’il est vrai. »? Car on peut supposer que si le SDF « palpe » le billet, c’est qu’il « l’a pris » (donc on peut supprimer le verbe « prendre » ça c’est OK) s’il le « palpe » c’est aussi qu’il l’a vu. Bien entendu « voir » et « regarder » n’ont pas la même signification, mais l’action de « regarder » peut être incluse dans celle de « palper » car on s’imagine mal le SDF « palper » le billet sans le « regarder ».

    Par contre pourquoi supprimer le verbe « sentir » qui lui, induit une action dont le sens est éloigné des actions précédentes et qui apporte à mon sens un « plus » visuel?

    Tu vois Thomas où se situent mes interrogations…

    J’ai bien lu aussi ce qui concerne le comportement et le fait de « passer la langue sur ses lèvres »

    Cependant concernant plus particulièrement mon scénario, j’ai plus de mal à saisir: tu dis:

     » Ici nous comprenons que Mike est stressé, qu’il a la bouche pâteuse ou desséchée.Le fait qu’il fasse ce geste est compréhensible et amène de la tension à la scène.

    J’ai écris:  » Laurent totalement décontenancé, regarde autour de lui en passant sa langue sur ses lèvres »

    Le fait que Laurent soit  » totalement décontenancé » en regardant autour de lui n’induit-il pas qu’il est stressé et que le fait qu’il passe sa langue sur ses lèvres montre son anxiété?

    Dans la scène avec Mike, la présence du verre d’eau qu’il boit « d’une traite », montre que tu t’en sers pour appuyer le fait qu’il soit stressé.

    Si j’écris:  » Laurent totalement décontenancé essuie la sueur de son visage, il regarde autour de lui en passant sa langue sur ses lèvres ».

    Cet ajout suffit-il à pouvoir plausiblement faire passer sa langue sur ses lèvres à Laurent?

    Mes questions sont nombreuses Thomas,mais elles sont importantes car tes réponses me permettront de mieux comprendre les notions que tu veux faire passer.
    Je te remercie infiniment de m’avoir lu et de ta patience,ainsi que pour la qualité des articles de ce site,Tom et toi êtes de véritables guides! je te souhaite une bonne nuit car il est plus de deux heures du matin.
    Bien à toi.
    Eliane.

    • commentfaireunfilm

      Bonjour Eliane,

      En ce qui concerne le costume de Mike, le « sur mesure » indique au lecteur sa classe sociale et induit pour la suite le fait que pour lui ,donner 50 euros ne doit pas être un souci. Si tu mets : un costume ou une veste élégante l’impact n’est pas le même. ça peut être un vrp ou un gars qui se rend à un mariage :o).
      Pour ce qui est de la représentation à l’écran imagine James bond avec un costume élégant au lieu d’un costume sur mesure et tu auras ta réponse :o)

      pour le dialogue « c’est ton jour de chance l’ami » ou « c’est ton jour de chance l’ami..tiens »
      pour moi le : tiens, est de trop. Mike lui donne le billet je préfère donc mettre l’accent sur l’action plutôt que sur le dialogue. Cela évite de verbaliser ce que l’on voit.

      Pour le SDF je pourrais presque être d’accord avec toi lol sauf que, comme tu le dis si justement : voir et regarder n’ont pas la même signification. tout comme regarder et Palper. certes pour palper il faut prendre, mais le jeu du comédien sera de vérifier si le billet est vrai ou pas. Le fait d’utiliser : regarde et palpe, insiste sur le doute qu’a le SDF (il regarde avec ses yeux mais aussi avec ses doigts, si tu vois ce que je veux dire..lol)
      En ce qui concerne « sentir » il est vrai que cela ajoute un « plus » visuel, mais n’a t’on pas déjà compris que cet homme vérifie la vraisemblance du billet ? On pourrait garder : sentir, si on avait voulu appuyer un peu plus sur le doute.
      Garder : Sentir, n’est pas une faute, mais une possibilité.

      Pour la langue sur les lèvres…..
      Mike passe sa langue sur ses lèvres et boit son verre d’eau. Ces deux actions ne vont pas l’une sans l’autre. Il est stressé et a la bouche desséché donc il boit.
      Dans ton scénario, le fait d’être décontenancé ne justifie pas qu’il se passe la langue sur les lèvres.
      En revanche, le fait d’être décontenancé peut le faire transpirer !
      c’est l’action de se passer la langue sur les lèvres qui est bizarre si tu n’explique pas que
      par exemple :
      C’est un tic chez lui. Lorsqu’il est stressé ou qu’il perd ses moyens il passe la langue sur ses lèvres.
      Il faut que tu utilises des tics compréhensible par tous. Par exemple, si j’écris que Mike cligne des yeux alors qu’il parle à une jeune femme. ça veut dire quoi ? qu’il est stressé ? qu’il veut être cool ? qu’il a des démangeaisons ?
      Ajoutons décontenancé. Mike décontenancé regarde autour de lui et cligne des yeux.

      Parce que pour moi lorsqu’on est stressé on cligne des yeux….
      Tu ne trouves pas qu’au fond, c’est : décontenancé qui importe ? et qu’au final le fait de se passer la langue sur les lèvres ou cligner des yeux n’a que peu d’importance et n’amène peut être rien sur l’état du personnage ?

      Alors que si Mike est décontenancé et commence à bégayer, à transpirer, à avoir les mains moites, à renverser son verre ou renverser ses papiers etc…ça appuie son état et tout le monde comprend.

      j’espère avoir réussi à t’éclairer un peu plus. Mais les didascalies sont aussi difficiles à écrire que les dialogues…après c’est une question de choix, de mise en scène et de fluidité.

      Bon Courage,

      Thomas J.

      • Eliane Dix

        Bonjour Thomas et merci pour cette réponse, je vais essayer de mettre en application ces conseils pour la correction de mes didascalies et de mes dialogues!
        Je t’enverrai mon scénario corrigé dès qu’il sera prêt;
        Merci infiniment.
        Eliane.