Comment pitcher ton scénario

Bon j’ai déjà parlé du pitch ici, mais je ne t’ai jamais parlé de l’art de savoir pitcher. Et oui ce sont deux choses complétements différentes ! Écrire un pitch de 2 ou 3 phrases qui parlent de ton histoire c’est une chose, mais parler de ce projet en un temps très court à différents interlocuteurs, c’est une autre paire de manche (Ouais j’utilise de vieilles expressions lol).

Savoir pitcher ça va te permettre de te démarquer des autres projets, des autres scénaristes ou réalisateurs. Tu vas réussir à marquer les esprits que tu sois débutant ou plus expérimenté. je dirais même que si tu es débutant c’est ton pitch qui peut te faire décrocher ta première signature avec un producteur ! 

Alors tu vas me dire « Ben ouais mais j’ai déjà du mal à décrocher un rendez-vous avec un pro ou un producteur, alors je ne suis pas là de pouvoir pitcher ». Oui tu as raison, ce n’est pas simple mais ce n’est pas impossible, alors il faut s’accrocher et y aller au culot. Et puis le milieu du cinéma est plein de surprises, tu pourrais au détour d’un festival ou d’une ballade tomber sur LA bonne personne et ce jour-là il faudra être prêt ! 

savoir pitcher

De plus savoir pitcher tout en aillant une attitude sereine va te permettre de captiver le producteur et de le rassurer sur le fait que tu maîtrises ton histoire et que ton attitude est professionnel. 

Pour cela il faut  être clair sur ton histoire, tes personnages, les situations fortes et les conflits de ton scénario. Tout cela ça se prépare. 

Mais de quoi tu as besoin pour pitcher ? D’abord tu peux envoyer un dossier de production dans lequel tu devras y mettre :

Le concept : C’est-à-dire de quoi ça parle ? Quelle est l’histoire, dans quel univers on se trouve. Tu y écriras le traitement. Dans celui-ci il faut raconter l’histoire jusqu’au bout, en tout cas dans les grandes étapes. Si tu présentes une série il va falloir décrire les épisodes et surtout comment ils fonctionnent, c’est-à-dire leurs mécaniques. 

La note d’intention : c’est extrêmement important. Il faut mettre ce que tu es, ce qui fait que tu es toi ;o)  Mais aussi d’où vient le projet, comment il est né et quelle forme il va prendre. Pourquoi cette histoire t’intéresse. Pour un producteur c’est extrêmement important car c’est ce que tu mets de toi dans ton projet et qui va le rendre unique. 

Présenter tes personnages : Pour cette présentation il faut parler des personnages de façon dynamique et surtout parler de la relation qu’ils ont entre eux. Ainsi que la façon dont ils vont évoluer. 

Potentiel du projet : Ici je ne te parle pas du nombre de spectateur que ton projet va pouvoir réunir ou de combien de millions d’euros il va rapporter ! NON ! Je te parle de la possibilité de déclinaison sur d’autres supports. Alors si ton projet c’est un long-métrage c’est moins pertinent…Quoi que…Mais si c’est une série ça a plus de sens.  

Mais pour pitcher devant un producteur ou une chaine je dois faire quoi ?

Si tu me suis depuis un moment tu sais que j’aime dire qu’un scénario c’est un « être vivant » c’est-à-dire qu’il change, il grandit, en fonction des réflexions que tu fais dessus et des retours que tu as. Et bien Le pitch c’est un organisme vivant aussi, il évolue. 

Dans ton pitch il faut que l’on ait aussi tous les éléments qui se trouvent dans ton dossier de production : Le format, c’est à dire si c’est un court-métrage, un long, une série (avec le nombre d’épisodes), est-ce feuilletonnant ou bouclé ? Et quelle est la durée. Il faut aussi donner le genre, le public (jeune, ado, adulte, surtout si c’est un projet d’animation), la logline, le monde créé c’est-à-dire dans quel univers (école, quotidien, la maison, la famille) et les valeurs que tu véhicules. 

Tu dois aussi présenter les personnages et les relations entre eux, leur évolution, n’oublie pas il faut que cela soit vivant !

Forcément un producteur cherche des personnages attachants, une histoire originale, c’est-à-dire en quoi ta façon de raconter l’histoire est nouvelle. Il faut que tu trouves le bon angle pour en parler.

Le pitch est vivant et doit s’adapter

Comment et pourquoi ? Car il faut que tu t’adaptes à l’interlocuteur que tu as en face de toi : réalisateur, producteur, comédien.

Le temps que l’on t’accorde pour pitcher est aussi important.  Si tu as 2 ou 3 minutes pour pitcher tu vas devoir t’adapter même si tu as prévu que ton pitch devait durer 6 minutes ! Il faudra aller à l’essentiel. Tu dois prévoir ce que tu vas mettre en avant et ce que tu veux atteindre avec ce pitch, tu vas devoir prioriser les informations que tu vas donner. 

Il est important de savoir où se situe ton projet par rapport à ce qui existe sur le marché ou chez les diffuseurs.

Pitcher c’est douter ?

Il est normal d’avoir des doutes quand on pitch : et si je n’arrive pas à me faire comprendre ? et si je ne sais pas répondre à toutes les questions etc. 

Se poser ces questions c’est tout à fait normal. Et si tu ne sais pas répondre à toutes les questions et bien ce n’est pas grave. Il ne faut pas non plus avoir peur de dire ce que tu sais faire ou pas et où tu en es dans ton projet. 

En revanche il faut prendre au sérieux les questions qu’on te pose car ça peut soulever des faiblesses dans l’histoire ou le pitch. 

Il faut aussi que tu sois ouvert et à l’écoute. Le pire c’est de ne pas entendre les commentaires ou remarques qu’on te fait. Car ça dénote un manque de recul sur ton projet et démontre que tu ne seras pas forcément souple dans la future collaboration que tu auras avec ton producteur. Même si tu trouves que la question est stupide réponds y de manière simple et clair. Si la question de ton interlocuteur n’est pas claire, alors n’hésite à le faire reformuler pour être certain d’apporter la bonne réponse qu’attend ton interlocuteur. 

Comment savoir si je capte l’attention ? 

C’est assez simple. Si ton interlocuteur semble passif ou fait autre chose, alors change de stratégie. Mais ça veut dire quoi ? Chaque situation est différente suivant l’endroit et le contexte. Pour tenter de reprendre la main sur une personne qui ne semble pas « intéressé » ou « ailleurs » tu peux changer le ton de ta voix, le débit, faire des gestes plus amples, ça peut même aller jusqu’à te lever ! Franchement si le producteur en face de toi ne te pose pas de questions pendant ton pitch ou juste après, c’est que c’est mort. 

Voilà pourquoi il faut que tu puisses t’adapter et raccourcir ton pitch si tu vois que ça ne mord pas, afin d’arrêter assez vite. Si tu as plusieurs projets en tête ça va aussi te permettre de pitcher un autre projet qui lui, piquera la curiosité de ton interlocuteur. 

On fait quoi après le pitch ?

Après le pitch il faut gérer le retour des pros ou des interlocuteurs qui tu as eu en face de toi. Si tu pitches devant 5 personnes différentes il y a des chances pour que chacune pointe du doigt un point différent : ça peut être les personnage, l’univers, l’histoire, la structure etc. 

 Il ne faut pas tout remettre en question, il faut réussir à faire le tri. Ce n’est pas simple et il ne faut pas hésiter à en parler. Ensuite en fonction de ce qu’on a pu te dire et de ce que tu as trouvé pertinent il faudra changer et adapter ton pitch pour la prochaine fois. 

Voilà pour cet article sur : Pitcher son projet de scénario, n’hésite pas à partager cet article autour de toi et de me laisser un commentaire juste en dessous. 

A très vite, 

Tom 

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom Weil

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

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