Précaution à prendre avant d’écrire un Biopic ou sur un fait divers

Écrire un Biopic ou sur des faits réels 

 

Aujourd’hui nous allons aborder un sujet qui est revenu régulièrement sur les commentaires et les mails que nous avons reçus : Comment écrire sur la vie de quelqu’un ou sur un fait divers.

  • Quels sont nos droits ?
  • La protection de la vie privée
  • les droits et les recours de la personnalité sur laquelle vous écrivez ?
  • Peut-on écrire sur tout le monde ?
  • Doit-on payer des droits ou avoir une autorisation de la personne sur laquelle nous voulons écrire etc…

Bref, autant de questions qui restent souvent sans réponse. Nous allons essayer de répondre à toutes ces questions sachant que si le doute persiste il est toujours préférable d’aller voir un avocat. Dites- vous une chose, si un producteur est intéressé par l’histoire que vous avez écrite, il s’assurera en consultant un avocat qu’il ne risque pas d’avoir de problèmes juridiques, ce qui vous laisse la possibilité d’écrire ce que vous souhaitez…

Voici tout de même les précautions de base à prendre en compte :

Nous souhaitons remercier Cinéfan pour sa question et d’avoir su attendre jusqu’à aujourd’hui pour avoir toutes (nous l’espérons) les réponses à ses questions :

« Est-ce que, si l’on écrit un biopic/une biographie ou un film basé sur 
une histoire vraie, des démarches sont à faire ? J’entends par là au 
niveau des personnes qui sont évoquées dans le scénario, leur accord 
etc… »

Tom vous l’a souvent dit, pour trouver l’inspiration rien de mieux que de se servir de ce qui nous entoure : Les histoires, les personnages, les situations qui se déroulent sous notre nez et qui sont une mine inépuisable d’inspiration.

Parfois, nous lisons un fait divers ou une amie nous raconte une histoire qui est arrivée à quelqu’un et des tonnes d’images nous viennent en tête…Et on se dit : « ça ferait un super film ! » ou « un super court-métrage ». Mais peut-on s’inspirer ou raconter cette histoire sans l’autorisation des vrais protagonistes ? 

1) Le respect de la vie privée

Tout le monde a le droit au respect de sa vie privée. Ce qui se passe en famille reste en famille ou dans le cercle privé…

Pour dire les choses comme elles sont : Ce n’est pas si simple ! La vie d’une personne publique (artiste, politique etc) a aussi le droit au respect de sa vie privée…sauf que cette notion de vie privée…avec un statut de vie publique s’entrechoque. De plus, elle se heurte aussi à la liberté d’expression de tout à chacun.

Pour faire simple, une personnalité publique a le droit d’avoir une vie privée mais elle ne peut s’opposer à ce qu’on écrive sur elle ou lui. Tout comme si la personne est décédée, ses ayants droits ne peuvent pas non plus s’opposer au fait que vous souhaitiez écrire sur la vie de machin ou truc.

 

OK…on peut écrire sur quelqu’un ou pas ?

Réellement s’il y a litige, la personnalité ou ses ayants droits peuvent saisir le tribunal…et le juge décidera au cas par cas.

Voici ce que dit le texte de lois et les tribunaux : « que le principe de la liberté d’expression implique que l’auteur d’une autobiographie puisse rappeler ses souvenirs, évoquer celui des personnes qui ont partagé son existence et porter un jugement sur leur comportement dès lors qu’il n’outrepasse pas les limites au-delà desquelles les atteintes sont manifestement intolérables pour ceux qu’elles visent ou concernent » (TGI Paris Ord réf. 12 décembre 1987 Bourillot et Jancou c/ Mercier et Editions Carrière).

Mais vous le savez déjà, pour écrire une histoire il faut des personnages…et les personnages (vrais ou pas) doivent forcément avoir un passé…une vie « privée ». Il est donc difficile d’écrire sur une personne réelle sans aborder sa vie privée. C’est comme si vous faisiez un film sur Madonna sans parler de sa vie privée…! C’est ridicule, ce qui intéresse les spectateurs c’est le destin de Madonna, certes, mais surtout la manière dont elle (et son entourage) a vécu les choses. Vous pouvez être certain que dans son entourage proche Madonna a eu des trahisons, des peines de cœur, des moments délicats dans sa vie…Ne pas les aborder pour rythmer le scénario et le film serait complètement nul surtout si cela nous permet de capter et comprendre qui est réellement Madonna.

2) Utiliser des éléments libres de droits

Cette notion peut paraître nébuleuse pourtant elle est très simple. Vous pouvez écrire sur un personnage, sa vie, mais vous ne pouvez pas utiliser des éléments soumis aux droits d’auteur. Par exemple si vous écrivez sur Madonna, autant vous pouvez raconter sa vie mais vous ne pouvez pas utiliser ses chansons ou les livres qu’elle ou qu’un tiers a écrit. Sauf si vous faites l’acquisition des droits pour le cinéma…

Et là, forcément, la note risque d’être salée !

Idem si vous vous inspirez d’une biographie écrite par un tiers ou la personnalité elle-même. Vous ne pourrez pas utiliser/ citer des éléments de cette biographie sans acquérir les droits.

3) Faire preuve d’objectivité 

Inventer des moments de fiction dans la vie de quelqu’un pour combler les blancs est une chose possible…mais dangereuse. Tout comme le fait de croire sur parole un fait qui nous a été rapporté et ne pas vérifier l’information.

Mais surtout il ne faut pas que la personne dont vous racontez la vie puisse se retourner contre vous pour atteinte à son honneur ou à sa réputation. Les membres de son entourage peuvent aussi se retourner contre vous pour les mêmes raisons.

En 2015 Yona Brant, la nièce de Mike Brant (avec son père) s’est indignée face à un Biopic en préparation sur la vie de son oncle : Mike Brant.

Vous pouvez retrouver l’article ici : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1365745-mike-brant-etait-mon-oncle-son-biopic-est-mensonger-une-honte-pour-notre-famille.html

Idem pour des auteurs ayant écrit un livre sur DSK. Celui-ci n’a pas du tout apprécié et a porté plainte.

4) Écrire sur une affaire judiciaire en cours

Pourquoi ? Simplement parce qu’il y a la présomption d’innocence ! Imaginez si Vincent Garenq pour « Présumé coupable » n’avait pas attendu que le procès soit terminé !! Déjà que la police (la justice) a fait des énormes dégâts

Bref, vous l’aurez compris, il est possible d’écrire sur qui vous le souhaitez en prenant quelques précautions. Cela me rappelle un court-métrage de 1997 (je crois…ou 1995) réalisé par Laurent Bachet : « Tout le monde descend » avec François Berléand.

Je viens de trouver le lien (1997), même si le format de l’image fait un peu vieillot, le sujet est malheureusement toujours d’actualité et vous fera sûrement réfléchir, surtout que c’est inspiré d’une histoire vraie…

Voici un deuxième exemple d’une histoire vraie. Elle a été racontée sur les réseaux sociaux par un internaute et mise en image par un réalisateur. A regarder uniquement si vous êtes amatrice (eur) de film d’horreur. C’est aussi un bon exemple de court avec une fin ouverte ! 

En Conclusion

Ce qu’il faut retenir c’est que la personne dont vous vous inspirez ou dont vous racontez la vie peut se reconnaître même si vous changez l’apparence ou les noms…Elle peut se reconnaître d’autant plus si la situation ou l’histoire que vous racontez est identifiable par sa parenté ou son caractère exceptionnel. Encore plus si la personne est une personnalité publique.

Sachez que les poursuites peuvent aller de l’euro symbolique à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Vous avez 3 solutions :

  • écrire avec le consentement de la personne
  • Prendre le risque tout en faisant attention à ne pas faire de diffamation etc…
  • Vous demander si la personne ou la situation dont vous vous inspirez peut vous faire du tort ou pas…et forcément changer les noms, les lieux, l’époque.

Voilà pour l’article sur : Les précautions à prendre avant d’écrire un biopic ou des faits divers.

N’hésitez pas à nous poser vos questions ou vos commentaires sous cet article.

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L’équipe de Comment Faire Un Film

 

 

À PROPOS DE TOM WEIL

Tom

Je m’appelle Tom Weil, je suis assistant réalisateur pour le cinéma et la télévision et comme vous pouvez vous en douter je suis passionné de cinéma depuis tout jeune. J’ai crée ce site il y a presque 3 ans maintenant pour vous apporter mon aide…

Comments on this entry are closed.

  • Christophe Dugave

    Bonjour Tom,
    Mais dans le cas où l’un des personnages est un assassin réel mais toujours vivant (les preuves sont accablantes, il a été condamné à perpétuité bien qu’il n’ait jamais avoué), je suppose que l’on peut le citer nommément sans avoir à déguiser son nom. Parce que même si dans la majeure partie de l’histoire, on utilise son sobriquet, son patronyme apparaît tout de même et le maquiller friserait le ridicule…
    Merci pour ton avis sur la question !

    • Bonsoir Christophe,

      Nous ne sommes pas avocat, mais si ton scénario colle aux fait…oui nous ne voyons pas de pb. Attention tout de même la compagne de Mesrine a portée plainte pour une adaptation faite sur la vie de son ancien compagnon.

      A bientôt,

      L’équipe de Comment Faire Un Film

      • Christophe Dugave

        Très juste, mais Mesrine avait alors été abattu et non jugé in fine (on en pense ce que l’on veut, mais dans la pratique, il y a une nuance). Dans mon scénario, il s’agit d’un assassin bien réel, multirécidiviste, condamné pour 6 meurtres, mais on sait qu’il a tué beaucoup plus. Je ne fais donc que lui attribuer un meurtre « fictif » dans le scénario où il n’est jamais cité que par son sobriquet (mais évidemment, si cela fait une différence au niveau légal, cela ne trompe personne, on le reconnaît bien!). Qui plus est, ce charmant personnage n’ayant jamais avoué malgré les preuves écrasantes, on ne sait même pas quel est le décompte exact de ses victimes… Alors oui, je colle aux faits d’une certaine manière (circonstances, modus operandi, lieux) mais le meurtre lui-même est inventé (et est le final du voyage de mon héroïne mais pas la conclusion).

        • Bonjour Christophe,

          Cela signifie que c’est  » librement inspiré »…

          Je ne sais pas ce qu’il est possible ou pas de faire. Cela dépasse nos champs de connaissance. Il faut que tu aille voir un avocat.

          Pourquoi ne relate tu pas son histoire tout simplement ? Et ton héroîne peut être ajouté…surtout si elle s’en sort.

          A bientôt,

          Tom

  • maria

    ☼) Re…
    Qui est la personne âgée sur la photo ? Elle a un petit air d’Einstein, avec les yeux bleus.
    Merci ! ☼)

    • Bonjour Maria,

      C’est Steven Spielberg.

      À bientôt,

      L’équipe de Comment Faire Un Film

      • maria

        ☼) merci: un cinéaste ambivalent et talentueux ! ☼)

        • Babylon Slave

          effectivement je pense qu’il à des chances de percer

          • maria

            ☼) LOL !

          • Bonsoir Babylon Slave,

            Nous avons hâte de voir.

            A bientôt,

            L’équipe de Comment Faire Un Film

  • maria

    ☼) Bonjour à vous, membres de l’ Équipe de CFUF, et à vous qui entrez dans ce blog.

    Merci même si…
    Comme cet article me fait revenir à mes premières frayeurs… Pourtant, je suis allée outre, il fallait que je l’écrive ce premier long métrage. Si je devais taguer mon ouvrage, c’est cette phrase d’ Einstein lui-même – sans qu’il soit en nom dans le corps du futur film – qui m’est venue à l’esprit : « La créativité est contagieuse, faites-la circuler ».
    Cette maxime est venue après ma réflexion personnelle, à savoir : sans l’inspiration, il n’y aurait pas d’ œuvre créatrice puisque la génération spontanée n’existe pas plus dans la créativité que dans la procréation du monde vivant. .
    Or, je rends hommage à des auteurs morts depuis moins de 80 ans. Ils nous ont offert des œuvres dans le domaine public, car largement diffusés. Je prends le soin de dire leur nom par les personnages. (Pour remplacer les guillemets )

    Merci à vous et à Cinéfan, et bon dimanche de
    ☼) maria.

    • Bonjour Maria,

      Citer des noms dans un scénario n’est pas quelque chose de grave…heureusement même que l’on peut faire ça. Nous ne connaissons pas ton scénario, donc il faut faire attention tout de même à ne pas utiliser des oeuvres protégés.

      À bientôt,

      L’équipe de Comment Faire Un Film

      • maria

        ☼) merci de me répondre si vite.
        « Des œuvres protégées », je ne comprends pas trop.
        Tout le monde peut les entendre ou les voir sur les médias : internet, TV, radio etc…
        J’oubliais, je cite des extrais d’auteurs encore vivants. Tout me semble avoir été écrit avant moi, ce qui me sert pour étayer mon ouvrage, la grande idée « morale » , le grand concept, devrais-je dire.
        Bonne fin de dimanche !
        ☼) maria

        • Bonsoir Maria,

          Si tu emploies des tableaux, des chansons, des livres etc…il faudra payer les droits, voila ce que nous voulons dire. Pour passer des chansons à la radio, les radios paient des droits d’auteurs (a la sacem).

          A bientôt,

          L’équipe de Comment Faire Un Film

          • maria

            ☼) Bonsoir !
            N’est-ce pas la production qui paie ? Je ne suis que scénariste.
            Cordialement de
            ☼) maria

            • Bonjour Maria,

              Oui tu as raison, mais lorsqu’un scénario comporte trop de droits, cela fait grimper la note (le budget) et le producteur est un peu plus difficile à convaincre. De plus il est possible, parfois, qu’il ne soit pas possible d’obtenir les droits. Dans ce cas le scénario peut en pâtir surtout si ceux-ci sont intimement liés.

              À bientôt,

              L’équipe de Comment Faire Un Film

              • maria

                ☼) Oui, ça m’a toujours tracassée.
                Néanmoins, je vous remercie de votre franchise. Jusque-là, aucuns producteurs ne m’en ont fait le reproche : voilà pourquoi j’espère encore et toujours !
                Bonne soirée à tous de
                ☼) maria

                • Bonjour Maria,

                  C’est que tu as sûrement réussi à raconter une belle histoire autour de tout ça.

                  A bientôt,

                  L’équipe de Comment Faire Un Film

                  • maria

                    ☼) Vous êtes sympas, ceux de l’ Équipe !
                    Oui, l’histoire est belle. C’est le Beau que je voulais atteindre. Le Beau de l’Art.
                    Merci. .Bonsoir
                    ☼) maria.

                    • maria

                      ☼) Et le Beau de l’Amour aussi…
                      Bon WE.
                      ☼) maria

  • Cinéfan

    Effectivement, cet article répond à mes questions ;).

    • Bonjour Cinéfan,

      Nous en sommes heureux.

      À bientôt,

      L’équipe de Comment Faire Un Film