6 conseils pour devenir un meilleur réalisateur

Conseil 1 : Comment exercer son « Œil de réalisateur »

 

Tu te demandes ce que tu pourrais faire pour apprendre le métier de réalisateur et comment devenir un meilleur réalisateur. Alors on te répond souvent qu’il faut soit faire des études, soit t’entrainer à réaliser. Ok, ce sont de bons conseils mais réellement ça veut dire quoi ?! Ben ouais, si tu n’as pas les « moyens » ou la possibilité de faire des études et si tu n’as pas de caméra, de smartphone ou d’appareil pour filmer tu fais quoi ?!

 

Au-delà de la technique et du matériel pour filmer il y a une chose primordiale ; c’est exercer son sens critique et son œil de réalisateur.

Franchement, même si tu as tout ça à ta portée (les caméras, les écoles…) est-ce que cela sera suffisant pour que tu puisses devenir un réalisateur ? Nous ne sommes pas tous égaux face à nos rêves, certains sont « coincés » au fin fond de l’Italie, à Kinshasa, d’autres dans un appartement du 11ème arrondissement à Paris, d’autres à Lille ou à Lannion…Alors on fait quoi ?!

Je te propose dans cet article quelques conseils pour que tu puisses te former à exercer ton œil de futur réalisateur, à devenir un meilleur réalisateur et cela :  où que tu sois et quelle que soit ta condition.

 

S’inspirer et apprendre grâce au travail des autres.

 

Tous les « grands » réalisateurs ont étudié ce que faisaient ceux avant eux. Ils ont été des fans du travail de ces réalisateurs, ça les a « nourris ». Tu dois faire exactement la même chose ! Alors tu vas me dire que tu regardes déjà pleins de films ou de séries et que tu ne vois pas vraiment ce que tu peux faire de plus.

Sauf que la plupart du temps tu mattes tes séries et tes films et tu te fais emporter par l’histoire, tu ne prends pas de recul.  Tu ne prends pas le temps de regarder séquence par séquence et plan par plan pour comprendre comment ce réalisateur, que tu aimes tant, a fait ou comment cette série que tu aimes tant a été construite !

Je vais te donner un exemple très simple : un combat ou une poursuite de voiture.

 

Se poser les bonnes questions

 

As-tu déjà regardé comment ils étaient construits ? Non je ne crois pas. Je ne crois pas que tu ais passé des heures à regarder plan par plan la construction de telle scène. Et si tu l’as fait, est-ce que tu t’es demandé les plans qui ont été utilisés ? As-tu fait la liste des plans ? Je ne pense pas. Quand je dis la liste des plans, je parle de ceux faits au tournage et pas ceux qui ont été montés.

Tu sais maintenant qu’il y a une différence entre les plans dont tu as besoin pour raconter ta scène et les plans qui seront « montés ». Une scène de combat c’est typiquement le bon exemple. Tu ne vas pas tourner 45 plans, dont des petits morceaux de plan qui durent quelques images pour avoir ton combat, Non ! Tu vas faire une liste de plans, d’axes et de valeurs dont tu as besoin puis tu vas « monter » tout ça pour que cela soit plus impactant et dynamique ! Il faut que tu comprennes comment ça fonctionne et comment tu dois prévoir tes plans sur le terrain pour qu’ils te servent une fois devant ton banc de montage.

Je parle d’une scène d’action car c’est l’exemple typique de ce que tu n’as jamais fait et que beaucoup aimeraient faire. Pourtant, c’est devant tes yeux et tu n’as jamais décortiqué une telle scène ! Tu trouves pas ça dingue ?!

 

C’est la même chose pour une scène d’amour, une scène d’exposition, une scène de restaurant etc. Comment Besson fait, John McTiernan ouvre ses films, Julien Seri chorographie les fights ou fait monter la pression d’un danger imminent ?! Tu le sais ? As-tu regardé les différences ? Les similitudes ? Qu’est-ce qui t’attire le plus, qu’est-ce que tu aimes dans ces ouvertures ou qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Et te demander pourquoi !

La position de la caméra et ses mouvements sont importants, primordiaux. Ce sont ces choix qui font aussi que la scène fonctionne ou pas. Ce sont ces choix qui permettent aux réalisateurs de raconter l’histoire à leur manière. Sers-toi de ce que les réalisateurs font pour apprendre le langage du cinéma. Pour apprendre comment tel réalisateur a visuellement raconté son histoire/ film.

Là, on aborde juste la partie « plan par plan ». Je dirais la partie « technique » d’une scène. Mais tu ne dois pas regarder que ça, car les informations passent forcément par d’autres canaux : les décors, les lumières et les comédiens. Mais prend le temps de bien analyser ce qui a été fait et pourquoi ça marche !

 

Pour devenir un meilleur réalisateur, Regarde des grosses merdes

Je ne vais pas te donner d’exemples car ce que je trouve mauvais d’autres trouvent sûrement ça super top. Mais je pense que tu sais de quels films je veux parler. Les mauvais films sont une mine d’informations incroyables ! Ben oui s’ils sont mauvais, c’est qu’il y a des raisons, à toi de les trouver et de les analyser. Ce n’est pas forcément la faute à un mauvais scénario. Les raisons sont multiples : mauvais comédiens (donc peut-être, sûrement, mauvaise direction d’acteur) ou une réalisation proche du zéro absolu !

 

Mais alors qu’est-ce qui fait qu’une réalisation soit bonne ou pas ?

 

Il n’y a que toi qui va pouvoir répondre à cette question en analysant, regardant et en comparant ce qui a été fait. Et tu verras que souvent c’est soit la manière dont le réalisateur a prévu ses plans, comment il positionne sa caméra, la focale qu’il a prise ou le mouvement qu’il a donné à tout ça.

 

Alors forcément si le pauvre réalisateur a cumulé les points négatifs : mauvais choix de réalisation, mauvais comédiens, décors de merde et lumières à chier…Ben c’est certain que ça n’aide pas. Mais ce sont autant d’apprentissages pour toi ! Ensuite à toi d’en tirer les enseignements pour te forger tes propres envies et ta propre réalisation.

 

Ne te trompe pas de chemin

 

Souvent, tu as envie de « réaliser » car tu as vu un film que tu as trouvé nul et tu te dis que tu peux faire mieux. Ok ! Super, mais es-tu allé au-delà de l’histoire ? Si c’est juste l’histoire que tu n’as pas aimée, alors ce n’est pas réalisateur que tu dois devenir, mais scénariste.

En revanche, si tu n’as pas aimé le film parce que tu trouves qu’il y a des choses (c’est-à-dire dans la narration visuelle) qui ne vont pas, là tu as tout intérêt à te pencher sur le « pourquoi » et tu es sur la bonne voie pour devenir réalisateur. 

 

Pour devenir un meilleur réalisateur, Le moindre détail compte, même le son

 

Combien de fois j’ai lu dans les commentaires ou les mails que l’on m’envoie, les scénarios etc., des apprentis scénaristes qui veulent mettre telle ou telle musique sur leurs scènes d’émotion ou d’action. Comme si une musique triste, rendait la scène triste ! C’est complètement con ! Une scène est triste parce que la narration et la réalisation vous ont amené à rentrer en empathie avec les personnages, c’est ça qui rend triste une scène. La musique n’est là que pour appuyer tout ça.

Ce qui me donne l’occasion de parler du son en général. Une scène est complexe car elle tient sur beaucoup d’éléments, nous venons de le voir. Le son fait partie de ces éléments. Si tu regardes un film d’horreur, une romance ou un drame tu verras que les bruits, les sons et la musique sont traités de manières différentes. Là aussi il faut que tu regardes et analyses ce qui fonctionne ou pas.

 

Une fois que tu as analysé une scène, tu fais quoi ?

 

C’est là que c’est top, car tu n’as plus qu’à essayer de faire pareil. Là pas besoin de comédien pro ou d’une grosse caméra. Il te suffit de prendre les plans que tu as recensés dans cette fameuse scène de combat et de tenter de faire pareil avec les moyens du bord. Faire une poursuite en vélo plutôt qu’en voiture ! Le but c’est de pratiquer et de mettre en action ce que tu as appris.

 

Tes influences

Si tu n’as toujours pas compris, je viens de te parler de tes influences de réalisateur. Car au travers de tous les films que tu as regardés, aimés, détestés, tu te forges tes influences. C’est-à-dire ce qui va forger ce que tu vas être comme réalisateur.

Alors ici on ne parle que de films. Mais les influences peuvent venir de partout. De tous les arts. William Friedkin, le réalisateur de « l’exorciste » par exemple, a beaucoup d’influences de peintures : Magritte, Rembrandt, Vermeer. Certains réalisateurs sont aussi au cœur de ce qu’est le travail de Friedkin, comme Orson Welles, Costa Gavras, mais aussi l’opéra.

Idem pour les plus jeunes réalisateurs, comme Rian Johson, qui est à la tête de Star-Wars 8. Pour réaliser ce film, il s’est inspiré des 3 films qui l’ont particulièrement marqué et qui sont à un milliard d’années lumières de l’univers de Star-Wars. Il s’est inspiré de « l’homme de fer » d’Henry King. Ce film est un film de guerre, où il y a beaucoup de combats aériens mais surtout où la souffrance psychologique des pilotes est particulièrement bien traitée. On comprend avec l’univers de star wars et ses multiples combats de vaisseaux pourquoi Rian Johson a aimé ce film.  Il s’est aussi inspiré de « trois samouraïs hors la loi » de d’Hideo Gosha et de « la main au collet » d’Alfred Hitchcock.

 

Je te mets ici un article qui parle justement de ces influences pour Star-wars 8, clique ici pour le lire.

 

Tu l’auras compris : voir, regarder, analyser ce que les autres ont fait va forger ce que tu seras comme réalisateur. A travers cela, tu vas apprendre les techniques, ce qui fonctionne et surtout ce qui ne fonctionne pas. T’ouvrir à d’autres arts te permettra de comprendre la composition, la lumière, le point de vue et tant d’autres choses.

C’est un travail qui se fait tout au long de ta vie, qui ne s’arrête jamais. N’oublie pas que tu es un artiste et qu’un artiste évolue en permanence. Pour cela il faut rester à l’affût de ce qui se fait de nouveau et ce qui a été fait auparavant. Si tu ne fais pas ça, tu seras vite dépassé. Un artiste qui n’évolue pas c’est un artiste amené à disparaître.

 

Voilà pour ce premier article sur : devenir un meilleur réalisateur, conseil 1 : travailler ton œil de réalisateur.

 

N’hésite pas à me poser toutes les questions que tu veux sous cet article, c’est la meilleure façon pour que toi et moi rentrions en contact. Mais surtout, c’est le meilleur moyen pour que tu lèves toutes les barrières et que tu progresses.

En posant toutes les questions ici, tu permets aussi aux autres apprentis réalisateurs, comme toi, de profiter de ma réponse.

Bref, à osant poser tes questions, tu t’aides et tu aides les autres utilisateurs du site. Alors fais toi confiance, fonce !

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Merci à toi, à très vite,

Tom.

À PROPOS DE TOM WEIL

Melodie

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